CHAPITRE XII. — EXPLOSIONS DES CHAUDIÈRES A VAPEUR
peu près 0^,5; la vapeur renfermera — - = 265 unités de chaleur latente et 0,5. 0,475 (500 — 12!) =89,77 unités de chaleur sensible, qui ne pourraient vaporiser qu'une quantité d'eau égale à 1 /3 de celle qui se trouve dans la chaudière : ainsi la tension ne serait augmentée que de 1/3 environ.
1459. Il est donc peu probable que les explosions dont il est question proviennent uniquement d'un accroissement lent de tension de la vapeur; on pourrait, supposer qu'elles résultent de la formation presque instantanée de vapeur qui produirait l'effet d'un choc violent; cette vapeur serait formée par la chaleur enlevée à la vapeur surchauffée et aux parois de la chaudière ; mais cette supposition est encore peu probable.
1460. M. Boutigny attribue les explosions qui sont précédées d'un abaissement du niveau à ce que les surfaces de la chaudière abandonnées par l'eau prennent une température élevée; le niveau remontant par suite d'une alimentation augmentée ou d'une diminution de consommation de vapeur, et un refroidissement des parois de la chaudière permettant à l'eau de mouiller le métal, il y a formation instantanée de vapeur, et par suite explosion. L'expUcation de M. Boutigny est fondée sur un grand nombre d'expériences, mais elles ont été faites sur une petite échelle ; les vases avaient une grande épaisseur, et l'eau un petit volume ; or, comme le contraire a lieu dans les chaudières à vapeur, les phénomènes ne sont pas comparables.
1461. Ainsi, toutes les explications des explosions précédées d'un abaissement de niveau, et qui reposent uniquement sur une formation très-rapide de vapeur par le contact de l'eau avec le métal trèséchaufïé, ou parla vaporisation, aussi très-rapide, de l'eau entraînée mécaniquement en pénétrant dans la vapeur surchauffée, sont insuffisantes.
1 462. Mais il faut remarquer que la résistance d'une chaudière, par le seul mode de clouure, est réduite à 0,55 (1050) ; qu'ensuite, si l'on suppose que la température du métal atteigne 700°, sa résistance est réduite à 0,3 (1051), et que, par ces deux circonstances réunies, la résistance de la chaudière est réduite à 0,55 . 0,3 = 0,165 de celle qui résulte de la formule (1053); or, comme cette résistance est à peu près douze fois plus grande que celle qui correspond à la rupture, il s'ensuit que, quand une partie de la chaudière, où se trouve un joint à rivets, est chauffée à 700°, la résistance de la chaudière
n'est pas égalant double de la force qui produit la rupture. On comprend alors facilement qu'une légère altération dans le métal, ou une tôle de mauvaise qualité, ou une température plus élevée du métal, et très-probablement aussi un accroissement rapide de pression résultant du chauffage de la vapeur par le métal incandescent, ou la formation presque instantanée de vapeur par l'eau entraînée mécaniquement et pénétrant dans la vapeur surchauffée, puissent donner à la pression une valeur plus grande que la résistance, et qu'une explosion s'ensuive. D'ailleurs un métal, soumis à une pression si voisine de celle qui produit la rupture, doit nécessairement s'altérer, et c'est pour cette raison qu'on ne peut pas, avec sécurité, faire supporter à la tôle une charge permanente supérieure à 1/12* de celle qui produirait la rupture. Il est très-probable que c'est à ces causes qu'il faut attribuer ces explosions qui se sont manifestées à la reprise du travail.
Il serait possible aussi que la continuité de la pression, sous une température élevée, eût une certaine influence sur la résistance de la tôle.
1463. On a pensé qu'une couche de dépôts au fond de la chaudière pouvait lui permettre de rougir, et que, par une cause quelconque, la croûte venant à se rompre, l'eau se trouvait en contact avec le métal incandescent, et qu'il se formait instantanément un grand volume de vapeur dont la tension produisait la rupture de la chaudière. Mais cette explication est peu probable, à cause de la faible épaisseur des chaudières, de la faible capacité calorifique du fer et de la grande surface qu'il faudrait supposer au métal rouge découvert.
1464, M. Galy-Cazalat, tout en admettant pour causes de certaines explosions l'introduction de l'eau au-dessous des couches de dépôts soulevées où le métal est incandescent, et l'élévation du liquide en mousse contre les parois de la chaudière qui ont été chauffées au rouge par un abaissement de niveau, admet encore une autre cause fondée sur les expériences suivantes. Lorsqu'on place, dans un vase renfermant un bain à une température constante, un vase de verre ouvert contenant de l'eau, l'ébullition se fait régulièrement, et la température de l'eau est de 100°. Mais, si l'eau est recouverte d'une couche d'huile, l'ébullition n'est point régulière, et la température de l'eau peut s'élever jusqu'à 123°, dans ce cas une légère élévation de température détermine une formation instantanée de vapeur qui brise le vase. L'ébullition par intermittence a également lieu