‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 133 sur 298 · CHAP. XIV. — TRANSM. DE LA CHALEUR A L'EAU DE LA CRAUD · texte numérisé non relu

CHAP. XIV. — TRANSM. DE LA CHALEUR A L'EAU DE LA CRAUD

plus OU moins rapprochés, parce que l'eau en contact avec le métal devra prendre constamment un certain excès de température sur l'eau environnante.

1486. Dans tous les cas, il est très-probable que les bulles de vapeur, avant de se détacher, prennent d'abord la forme d'une demisphère dont la base s'appuie sur la chaudière, et qui se complète progressivement et ne se détache que quand elle ne touche plus la chaudière que par un cercle très-petit relativement à son diamètre ; du moins c'est ce qui arrive pour l'air qui se dégage de l'eau par une diminution de pression. S'il en était réellement ainsi, tous les points de la surface intérieure ne seraient pas constamment mouillés par l'eau, et par conséquent la température de cette surface serait plus élevée que celle de l'eau d'une quantité très-notable, et bien supérieure à la différence très-petite qu'exigerait la transmission régulière de la chaleur. Mais alors n'y aurait- il pas à craindre que, si la production de vapeur était très-active, la différence de température du métal et de l'eau n'atteignît celle qui empêcherait l'eau de mouiller le métal, circonstance qui arrêterait l'ébuUition, pour la produire avec explosion lorsque, par une circonstance quelconque, la tempéture du métal s'abaisserait ?

i487. L'expérience ayant à peu près démontré que les chaudières acquièrent une plus grande puissance de vaporisation, quand les surfaces intérieures sont couvertes d'une légère couche de dépôt, il n'est pas douteux que ces matières ne transmettent leur chaleur à l'eau plus facilement que les métaux, parce que les bulles de vapeur se dégagent plus rapidement sur elles que sur les surfaces métalliques ; il faudrait bien se garder toutefois de laisser prendre à ce dépôt une épaisseur assez notable, qui, indépendamment des dangers possibles pouvant en résulter, amènerait une transmission plus lente de la chaleur. Le mieux sera, en général, de se préoccuper plutôt d'empêcher le dépôt que d'en favoriser la formation.

1488. Indépendamment de ces incrustations, qu'on peut produire avec le temps, en employant des eaux renfermant des sels calcaires, il serait du plus grand intérêt d'augmenter la surface de la transmission de la chaleur à l'eau. Cet accroissement ne pourrait s'obtenir que par des appendices intérieurs, qui présenteraient les plus graves inconvénients si les eaux formaient des dépôts et surtout des incrustations; aussi, ne pourraient-ils être employés que lorsque les eaux d'alimentation auraient été purgées des sels calcaires qu'elles contenaient. Des appendices extérieurs faciliteraient évidem-

ment la transmission de la chaleur de l'air brûlé à la chaudière.

Dans l'ouvrage de sir W. Willams, sur la combustion de la houille, se trouvent des expériences qui confirment ce que je viens de dire sur l'influence des appendices. Trois vases métalliques pleins d'eau, de même forme et de mêmes dimensions, étaient traversés chacun par un tuyau horizontal rectangulaire, de même surface pour les trois vases ; ces tuyaux communiquaient par un bout avec un bec de gaz, et par l'autre avec une cheminée ; le premier tuyau était libre dans toute son étendue ; le second portait à l'intérieur un certain nombre de pointes métalliques perpendiculaires à la surface ; le troisième renfermait le même nombre de pointes, mais disposées à l'extérieur et à l'intérieur. En brûlant dans le bec le même volume de gaz dans le même temps, la quantité d'eau évaporée dans le premier vase a été de 4 livres 14 onces ; dans le second, de 7 livres 14 onces ; et dans le dernier, de 8 hvres 5 onces.

Il n'est pas douteux qu'on ne parvînt encore à augmenter la transmission de la chaleur, en renouvelant rapidement l'eau qui touche la chaudière, de manière à enlever les bulles de vapeur qui restent un certain temps adhérentes au métal (1486); mais cette agitation de l'eau amènerait une grande complication.

On parviendrait aussi très-probablement à accroître la vaporisation, si l'on pouvait placer dans^ l'intérieur du générateur une surface intérieure disposée de manière à séparer, du moins en grande partie, les courants de vapeur qui s'élèvent et les courants d'eau qui descendent.

Page 1