CHAPITRE PREMIER. — DISTILLATION SIMPLE
temps donné, la chaleur que cette vapeur émet par sa condensation, et enfin la quantité de chaleur qui peut pa ser dans un temps déterminé à travers un mètre carré de la matière du condensateur. Ces derniers éléments peuvent facilement se déduire des résultats suivants, qui ont été obtenus pour la vapeur d'eau.
1496. Lorsque la condensation a lieu par l'air, on pourrait facilement, connaissant la forme, la position et les diamètres des tuyaux, calculer l'effet moyen qu'ils peuvent produire, d'après ce que nous avons dit (923,924); mais on peut compter moyennement sur une condensation de l'',5 de vapeur d'eau par mètre carré et par heure et pour une différence de température de 73°, Quand la condensation a lieu par l'eau, la quantité de vapeur d'eau condensée par mètre carré et par heure, pour une différence de température de 1°, est de 9 kilogrammes ou l'',39, suivantque le condensateur est un petit tuyau ou un vase d'une grande capacité d'où l'air ne peut pas être facilement expulsé ; on déduirait facilement de ces derniers nombres, la quantité de vapeur d'une nature quelconque, qui serait condensée dans les mêmes circonstances, lorsqu'on connaîtra la capacité calorifique de cette vapeur ainsi que sa chaleur latente.
1 497 . Supposons, par exemple, qu'il s'agisse de condenser par heure 100 kilogrammes de vapeur d'alcool à 22° Baume, dans un condensateur formé d'un tuyau métaUique d'un petit diamètre, renfermé dans un vase plein d'eau maintenu à la température moyenne de 20°. 11 faut commencer par chercher la quantité de chaleur émise par la condensation de 1 kilogramme de vapeur de cette substance, et la comparer à celle que dégage 1 kilogramme de vapeur d'eau pure. Or, l'alcool à 22° Baume est composé de 64 parties d'eau et de 36 d'alcool pur; par conséquent, 1 kilogramme de vapeur d'alcool à 22° renferme 0'',64 de vapeur d'eau et 0'',36 de vapeur d'alcool pur ; et comme 1 kilogramme de vapeur d'eau émet en se condensant o50 (1) unités de chaleur, et 1 kilogramme de vapeur d'alcool seulement 207, il en résulte que la quantité de chaleur émise par la condensation de 1 kilogramme d'alcool à 22° sera 550 X 0,64 + 207 X 0,36 = 426; ainsi, la quantité de chaleur émise par la condensation de
1 kilogramme d'alcool à 22° est égale à ^ = 0,77 de celle qui est
développée par la condensation de 1 kilogramme de vapeur d'eau.
(1) Nous prenons le nombre 550 pour chaleur latente moyenne de la vapeur d'eau; nous avons vu cependant que ce nombre varie avec la pression, mais Terreur commise est insensible et ne modifie pas les résultats du calcul.
4498. Examinons maintenant la manière dont les condensateurs sont disposés. Dans les petits appareils de laboratoire, le condensateur est ordinairement un ballon que l'on place à l'extrémité du col ' de la cornue ou du vase distillateur, et qu'on environne d'un linge mouillé. On emploie aussi quelquefois des alambics en cuivre, dont le chapeau^ de forme hémisphérique, est environné d'eau que l'on renouvelle de temps en temps. La chaudière porte ordinairement le nom de cucurhite.
Dans les appareils d'une grande dimension, on peut employer des réfrigérants à eau ou à air, ou du moins à liquide et à air; nous nous occuperons d'abord des premiers.
1499. Réfrigérants à eau. — On a employé d'abord un tube droit en métal, traversant une cuve pleine d'eau ; mais, pour condenser une quantité considérable de vapeur, il aurait fallu des caisses d'une longueur démesurée. Glauber, en 16S0, eut le premier l'idée heureuse de plier le tuyau en hélice, de manière à en loger une grande
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Fig. 305.
longueur dans une cuve d'une petite dimension. Cet appareil, maintenant généralement usité, est représenté figure 305. On le désigne sous le nom de serpentin ; l'extrémité supérieure est en communication avec la chaudière où se forment les vapeurs, et la partie inférieure, munie d'un robinet C, avec le vase qui doit recevoir le liquide provenant des vapeurs condensées. L'eau qui sert à refroidir arrive par le tuyau Bx\. et s'écoule par le tuyau EF. On règle le volume qui s'écoule au moyen du robinet D. La surface d'un serpentin est évidemment égale au contour de la section transversale multiplié par la