CHAPITRE VI. — ÉVAPORATION FAR LA VAPEUR
les collets sont maintenus par des boulons ; on met de l'eau dans rintervalle qui les sépare, et le liquide à évaporer dans la chaudière intérieure. Une soupape de sûreté s'oppose à ce que la tension de la vapeur dépasse la limite fixée : un tube latéral indique le niveau de l'eau dans le double fond; un autre tube garni d'un robinet et d'un entonnoir permet d'introduire de l'eau dans le double fond pour la première fois, et de remplacer celle qui peut s'échapper à l'état de vapeur par la soupape de siireté ; le liquide concentré s'écoule par un tube garni d'un robinet. L'appareil est placé sur un foyer qui chauffe directement la chaudière extérieure.
1622. On donne souvent aux chaudières d'évaporation les formes représentées par les figures 359, 360 et 361 dans lesquelles A représente le tuyau qui amène la vapeur de la chaudière; B, celui de retour d'eau ; C, le tube à air; et D, le tuyau d'écoulement du liquide
tig. 3C0.
Fig. 301.
concentré. La première disposition {/ig. 359) a l'avantage de permettre de placer latéralement ce dernier tuyau. Dans la dernière, il est mieux placé que dans la disposition de la figure 360, pour laquelle il est difficile de le rendre étanche.
1623. On pourrait placer la chaudière d'évaporation au-dessus du générateur et faire écouler la vapeur et l'eau par le même canal. Quoique cette disposition soit très-simple, elle est rarement employée, parce qu'elle exige que le canal commun ait un grand diamètre et s'élève d'une manière continue, et parce que les mouvements en sens contraires de l'eau et de la vapeur se gênent toujours.
1624. Assez souvent on fait revenir directement l'eau de condensation à la chaudière par un tuyau distinct et qui descend jusqu'au fond du générateur. Mais, pour éviter que l'eau de la chaudière ne soit élevée dans l'espace où la vapeur se condense, on place sur le tuyau une boîte M {/ig. 359) garnie d'une soupape qui s'ouvre par
une pression dirigée de bas en haut. La pression de la vapeur la maintient fermée, et elle ne s'ouvre que lorsque le poids de la colonne d'eau condensée, augmenté de la pression qui reste dans la chambre de condensation, peut vaincre la pression dans la chaudière ; ce qui arrive toujours après un temps plus ou moins long ; car l'eau, après avoir rempli la portion du tuyau qui précède la soupape, s'accumule dans la chambre, diminue la condensation en diminuant l'étendue de la surface où elle s'opère, et par suite augmente la force élastique de la vapeur dans la chambre. Dans le cas le plus défavorable, le retour d'eau fonctionnerait nécessairement après chaque opération, quand on aurait vidé la chaudière. D'autres fois, l'eau de condensation est reçue dans un vase fermé dont nous parlerons plus loin.
1625. Pour augmenter les surfaces de condensation et pour expulser plus facilement l'air des chambres, on a imaginé un grand nombre de dispositions différentes que nous décrirons successivement. On a d'abord employé un faisceau de tubes égaux et parallèles, de quelques centimètres de diamètre, fixés par les deux bouts à deux tuyaux d'un diamètre plus grand ; l'un d'eux était divisé par une cloison transversale en deux parties égales ; par l'une arrivait la vapeur qui parcourait la moitié des tubes et revenait par l'autre moitié. Cette disposition a plusieurs inconvénients : 1° la vapeur circule rarement dans tous les tubes, par conséquent l'air n'est pas complètement expulsé, et une partie de la surface de chauffe est perdue ; 2° l'inégale dilatation des tubes qui restent pleins d'air et de ceux dans lesquels circule la vapeur fait souvent casser les soudures ; 3° on ne peut nettoyer la chaudière qu'en dévissant les brides
qui y fixent la grille.
On a aussi complètement abandonné les dispositions Pecqueur et Moulfarine imaginées pour permettre la dilatation indépendante de chacun des tubes de la grille.
De tous ces appareils^ le plus simple estuntubecontournéen spirale(/?^.362) ; c'est aussi le plus généralement employé ; l'air peut en être complètement expulsé, et les variations de température de ses dilîérentes parties sont sans influence. Dans les bassines à concentrer ou à cuire les jus sucrés, dans lesquelles on emploie ces