‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 200 sur 298 · CHAPITRE PREMIER Extraction de Peau par une action mécanique · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Extraction de Peau par une action mécanique

1671. Lorsque les fils et les tissus de dilTérentes natures ont été blanchis et égouttés, on enlève une grande partie de l'eau qu'ils renferment par une action mécanique. Les moyens employés sont le tordage à la main, différentes presses et un appareil appelé essoreuse^ dont le jeu est fondé sur la force centrifuge. Le tordage à la main est long, pénible et altère les fds et les tissus ; l'action des presses est plus efficace, mais les machines à force centrifuge sont préférables encore, et sont maintenant préférées.

1672. Considérons un vase cylindrique, percé d'un grand nombre de petits orifices ou formé d'une toile métallique à mailles serrées, renfermant un tissu humide ; soumettons-le à un mouvement de rotation très-rapide autour de son axe ; les particules d'eau qui mouillent le corps, sollicitées par la force centrifuge, sortiront par les ouvertures du cylindre. Cet appareil, fondé sur le môme principe que le panier à salade, est maintenant employé, non-seulement pour le séchage des fils et des tissus, mais encore dans les raffineries de sucre pour séparer les cristaux de sucre du sirop interposé.

1673. Les essoreuses varient de formes et de dimensions, suivant l'usage auquel on les destine et suivant qu'elles doivent être mises en mouvement par des hommes ou par une machine ; mais elles sont toujours composées de la caisse rotative à jour, d'un système d'engrenage destiné à augmenter la vitesse, et d'une enveloppe en tôle ou en fonte pour recevoir le liquide projeté par l'action de la force centrifuge.

1674. Les essoreuses ne peuvent pas expulser la totaUté de l'eau renfermée dans les tissus, qu'on en retire toujours un peu humides, quelque grande qu'ait été la vitesse de rotation ; le séchage s'achève à l'air libre, ou par l'action de la chaleur dans les séchoirs fermés.

1675. Les essoreuses sont très-employées dans les buanderies, pour extraire la plus grande partie de l'eau renfermée dans le linge lavé ; dans les fabriques de sucre pour séparer le sucre du sirop, etc.

1676. Dans des expériences faites par M. Schlumberger, deux hommes, en une heure de travail, ont enlevé 151 kilogrammes d'eau en poussant la dessiccation aussi loin que le permettait l'essoreuse.

En supposant la journée de 10 heures, le prix de la journée de 2', 50, le prix de revient de l'extraction de 1 kilogramme d'eau serait de 0^,00083. En admettant que 1 kilogramme de houille puisse évaporer 8 kilogrammes d'eau, et en supposant le prix de la houille à S francs les 100 kilogrammes, le prix de l'évaporation de 1 kilogramme d'eau par la chaleur serait de O,0S : 8 = 0,00062. Ainsi l'action mécanique coûte moins que la chaleur. La différence serait encore plus grande, si l'on avait égard aux frais accessoires qui sont plus considérables dans l'emploi de la chaleur. Cette différence augmenterait encore de beaucoup, si la puissance était produite par la vapeur, car le travail équivalent à celui de deux hommes est un tiers de cheval- vapeur, qui correspond au plus en 10 heures à

-^ 13", 3 de houille, c'est-à-dire à 0^,66 au lieu de 5 francs.

1677. Les quantités d'eau qui restent dans les étoffes après les différentes actions mécaniques dépendent de leur nature et de la puissance de l'action exercée. Il résulte, d'un tableau qui se trouve dans un mémoire de M. llouget de Lisle [Bulletin de la Société d'encouragement, t. L, p. 294), qu'un poids représenté par 1

de flanelle, de calicot, de soie, de toile de lin,

retient après le tordage un poids d'eau égal à

2 1 O,flo 0,75;

qu'après l'action d'une presse puissante, ces quantités sont réduites à

et qu'après l'essorage elles sont seulement de

Pour obtenir ces derniers résultats, la caisse en mouvement ayant 0'",80 de diamètre, doit tourner avec une vitesse de 5 à 600 tours par minute.

1678. L'essoreuse généralement employée (fig. 386), dans les établissements de bains et lavoirs publics, consiste en un récipient g en fd de fer galvanisé, de forme circulaire, de 0",60 de diamètre sur O^jlS de hauteur, dont le bord supérieur est un peu rentré en dedans. Ce récipient est solidement fixé sur un axe vertical /, reposant sur une crapaudine p qui est reliée à une enveloppe en

CllAF. I, — EXTRACTION DE L'EAU PAR UNE ACTION MÉCANIQUE.

Fig. 3SG.

fonte hh. L'extré.mité supérieure de l'arbre porte un pignon conique / commandé par une roue k d'un diamètre beaucoup plus grand, montée sur un petit arbre horizontal qui se termine par un pignon droit , commandé par une ,

grande roue. Celle-ci est collée sur un arbre qui peut recevoir le mouvement soit par une manivelle soit par des poulies. La femme qui veut employer la machine place son linge dans le récipient et tourne la manivelle ; l'eau est projetée contre l'enveloppe en fonte, d'où elle s'écoule par un conduit. Ce travail est rapide et peu pénible. L'essorage peut être employé pour le linge le plus fin et les dentelles sans aucun inconvénient. Il peut amener le linge fin, avec une vitesse de rotation suffisante, au point de dessiccation convenable pour le repassage.

1679. Dans les grandes blanchisseries, ou la masse de linge qu'on essore en une seule opération est considérable, on se sert de turbines mises en mouvement par un moteur mécanique. Il en est de même dans les fabriques, de sucre ou les turbines sont employées pour séparer les cristaux obtenus après la cuite en grains du sirop dans lequel ils sont engagés,

1680. Dans certains cas, et en particulier quand la turbine devra être placée assez loin des transmissions de l'usine, elle pourra être actionnée directement par un petit cylindre à vapeur fixé sur l'appareil lui-même, La figure 387 représente une de ces turbines construite par MM. Bufîaud frères, de Lyon. Dans ces machines à vitesse considérable les engrenages sont remplacés par des rouleaux de friction L, N dont l'adhérence est déterminée par la pression d'un i(;ssort M ; cette machine présente surtout deux dispositions remar- ([uables ; la première est celle qui concerne la poêlette qui supporte le pivot de l'arbre vertical ; ce pivot tourne sur trois galets en acier superposés et noyés dans l'huile; cette disposition atténue les chances de grippement et de vibration. La seconde consiste dans la possibilité de régler la verticalité de l'axe au moyen du coussinet compensateur S, réglé par un boulon à double écrou T qui entraîne

le coussinet S, et qu'on peut faire remonter lorsqu'il y a eu usure du coussinet. Ces turbines tournent avec une vitesse de 1000 à 1200 tours par seconde. Quand on veut les mettre en marche, il suffit d'in-

Fig. 387.

troduire la vapeur dans l'appareil de distribution K ; quand on veut les arrêter , on arrête d'abord la vapeur, puis à l'aide du levier U' on serre le frein U" qui agit sur l'axe et permet d'arrêter le mouvement.

1681. Quand les turbines sont mues au moyen d'une transmission,

la poulie à friction placée sur l'arbre vertical se prolonge comme on le voit [fig. 388) de façon à recevoir là courroie qui donne le mouvement ; l'embrayage ou le désembrayage se fait au moyen de la vis à volant A qui permet d'appuyer le ressort sur l'extrémité de

l'arbre ou de le desserrer à volonté.

1682. Dans un travail de comparaison du séchage à l'étendage

Page 1