‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 215 sur 298 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Régulateurs de température.

1730. Les matières à sécher ne pouvant, en général, supporter ^sans s'altérer qu'une température déterminée, et les appareils de

shauffage, par suite de l'abaissement du registre de la cheminée d'écoulement, pouvant fournir de l'air à une température très-élevée, il est important de placer dans les séchoirs des appareils qui en limitent la température ; ces appareils mettent en mouvement le registre de la cheminée à fumée ou du cendrier, et ferment plus ou moins l'un ou l'autre de ces canaux, quand la température du séîhoir dépasse la limite assignée. On peut produire cet effet d'un 'and nombre de manières différentes, soit parla dilatation d'un létal, d'un liquide ou d'un gaz, soit par l'électricité.

1731. Lorsqu'on veut employer la dilatation d'un métal, l'appajil peut être formé d'une simple barre fixée par l'une de ses exrémités, et dont l'autre agit directement ou par l'intermédiaire l'un levier sur un bras du fléau d'une balance en équilibre, dont fautre bras supporte le registre du cendrier.

On pourrait aussi, pour obtenir directement une plus grande )urse, employer deux plaques métalliques de fer et de cuivre soûlées ou réunies par des rivets et pliées sous un petit angle ; un acroissement de température augmenterait l'angle primitif, et, si une des branches était fixe, l'autre pourrait agir sur la balance dont nous venons de parler. La disposition du manomètre métallique de M. Bourdon, qui consiste, comme nous l'avons dit, en un tube recourbé fermé par ses deux extrémités, pourrait aussi être employée avec avantage ; l'effet résulterait à la fois de l'inégale dilntation des

parties extérieure et inférieure de la courbure du tube et de l'accroissement de pression intérieure, qu'on pourrait augmenter dans une très-grande proportion, en introduisant une très-petite quantité d'eau dans le tube.

1732. Les liquides pourraient être employés sous la forme d'un thermomètre ; le réservoir serait formé d'un tube métallique d'un petit diamètre, communiquant avec un siphon renversé renfermant du mercure ou de l'huile, et dont la branche hbre supporterait un flotteur agissant sur le fléau de la balance dont nous venons de parler. La colonne de mercure ou d'huile qui termine l'appareil est indispensable, si l'on emploie de l'eau ou de l'alcool, pour éviter la diminution du liquide par l'évaporation.

1733. Pour se servir de la dilatation des gaz, il faudrait employer un tube métallique d'un petit diamètre, très-long et communiquant avec un siphon renversé plein de mercure; l'accroissement de température de l'air produirait un accroissement de pression qui amènerait dans les deux colonnes de mercure une variation de hauteur, qu'on utiliserait pour agir sur le flotteur. On pourrait aussi introduire dans le réservoir d'air une certaine quantité d'eau qui augmenterait beaucoup les variations de pression.

1734. Enfm, pour l'emploi de l'électricité, on placerait dans l'espace où Ton doit maintenir une température constante un thermomètre à mercure, dont le réservoir renfermerait un fil de platine, el la tige un autre fil de platine dont l'extrémité partirait du point de l'échelle thermométrique qui ne doit pas être dépassé; en dehors de cet espace, on aurait un électro-aimant et une pile qui ferait partie d'un circuit terminé par les deux fils de platine du thermomètre. Par cette disposition, il est évident que, lorsque le mercure du thermomètre aura atteint le fil de platine de la tige , le circuit sera fermé, et l'électro-aimant, agissant sur une plaque de fer placée à une certaine distance de ses pôles, l'attirera, et ce mouvement pourra facilement être comniuniqué au registre d'accès de l'air froid.

Toutes ces dispositions présentent des difficultés de construction ou d'autres inconvénients ; nous décrirons d'abord les appareils qui ont été essayés.

1735. M. Sorel a employé, pour produire une température sensiblement constante, inférieure à 100°, une disposition très-simple. L'appareil se compose de deux vases A et B {fig. 392), de même hauteur, communiquant par leur partie inférieure et renfermant de l'eau jusqu'à une certaine hauteur. L'un d'eux est fermé, l'autre ou-

Page 1