CHAPITRE X. — TORRÉFACTION DU TABAC A FUMER
comprend dix tuyaux de cuivre c, c..., de 6", 22 de longueur et O^JlS de diamètre, fixés par un bout dans une caisse de fonte aa, qui termine le châssis, fermés par l'autre extrémité, et soutenus par des rouleaux de fonte cannelés />. Les extrémités libres des deux systèmes de tuyaux laissent entre elles un intervalle suffisant pour qu'ils puissent facilement se dilater. Chacune des caisses en fonte renferme une caisse intérieure d en cuivre, de même longueur, sur laquelle sont fixés 10 tuyaux A de 6 mètres de longueur et de O^jOS de diamètre, qui sont placés dans les gros tuyaux dont nous venons de parler; ils sont destinés à conduire la vapeur jusqu'à l'extrémité des tuyaux de chauffage. Les caisses intérieures communiquent avec le générateur parle tuyau /et le robinet g. Les eaux de condensation se rassemblent dans les deux boîtes de fonte, d'où elles s'écoulent par un tuyau placé au fond ; un petit robinet, établi au-dessus des boîtes, sert à l'écoulement de l'air, au commencement du chauffage. Le tabac à torréfier est placé sur les tuyaux ; pour qu'il ne passe pas entre eux (car ils ne sont pas exactement en contact), on a mis dans l'intervalle des bandes de plomb d'une forme triangulaire. L'appareil condense par heure 45 kilogrammes de vapeur, et torréfie 160 à 180 kilogrammes de tabac.
1802. Torréfacteur mécanique de M. Rolland. — Dans la disposition de cet appareil, M. Rolland s'est proposé de produire un effet continu, toujours le même, et de soustraire les ouvriers aux vapeurs qui se dégagent des appareils de torréfaction ordinaires.
Ce torréfacteur se compose d'un cylindre horizontal en tôle, de 0"',90 de diamètre, et de 5",.^0 de longueur, armé à l'intérieur de nervures héhçoïdales de O^jlS de hauteur, garnies de fourches ; ce cylindre est chauffé en dessous par un foyer, et tourne uniformémen tsur lui-même. Les matières à torréfier entrent d'une manière continue par une extrémité, et s'écoulent par l'autre. Le mouvement de translation est produit par les nervures hélicoïdales ; l'uniformité des effets produits par la chaleur résulte : 1° du mouvement que les matières éprouvent par la rotation, qui les retourne continuellement, de manière à renouveler celles qui sont en contact avec le métal ; 2° des fourches, qui s'opposent à ce qu'elles se pelotonnent; 3° de l'uniformité de température maintenue dans le cylindre, au moyen du régulateur dont j'ai parlé. Les plus grandes difficultés se trouvaient dans le distributeur mécanique à l'entrée du cylindre, et dans la conservation de la même température ; elles ont été habilement vaincues. A l'époque de l'Exposition universelle, 4 torréfac-
teurs mécaniques fonctionnaient à la manufacture des tabacs de Strasbourg, et torréfiaient à peu près 0,2 de la fabrication totale de la France. L'administration générale a décidé que ces appareils seraient établis dans les manufactures de Paris, de Lyon et de Toulouse. D'après M. Rolland, les nouveaux appareils ont de grands avantages économiques sur les anciens, sous le rapport de la maind'œuvre et du combustible consommé pour produire le même travail ; ils produisent moins de menu ; enfin, et c'est certainement l'amélioration la plus importante, ils soustraient les ouvriers aux vapeurs qui se dégagent de la torréfaction. La régularité du service dans cet appareil exige nécessairement une grande régularité dans la température, dans la répartition des matières, et enfin dans la vitesse de rotation. Les deux premières conditions sont satisfaites par la disposition du distributeur, et par le régulateur ; quant à la dernière, eHe paraît plus difficile à obtenir ; et ne pourrait-on pas craindre que, si le moteur venait à s'arrêter, les matières renfermées dans le cylindre ne fussent grillées? L'appareil de M. Rolland est très-compliqué, surtout à cause de la matière sur laquelle on opère ; et comme il est destiné à une industrie dont le gouvernement s'est réservé le monopole, j'ai pensé qu'il était inutile d'en donner un dessin et une description plus détaillée.
1803. La machine deviendrait beaucoup plus simple, si elle était appliquée aune matière en grains égaux, comme le café et le cacao. Une simple trémie, placée à une extrémité, verserait constamment dans le cylindre a matière, qui s'écoulerait à l'autre extrémité, uniformément torréfiée, si la vitesse de rotation était convenable, et la température constante. MM. Rellanger et Arson, ingénieurs distingués, ont employé depuis plusieurs années cette méthode à la fabrication du plâtre avec le menu des mines. J'en parlerai dans le livre consacré au chauffage des corps solides.