CHAP. XII. — SÉCHAGE PAR APPLIC. SUR DES SURF. MÉTALLIQUES
c'est l'adhérence de la toile avec la surface du tambour qui détermine sa rotation.
1809. Des machines analogues à celles que nous avons décrites d'abord, sont employées pour sécher les papiers continus. Ces appareils sont placés immédiatement au-dessus de la machine à papier, et se lient avec elle au moyen d'une pièce de drap sans fin, qui vient prendre le papier humide à la sortie de la machine, pour le monter à l'appareil à sécher. Un autre drap sans fin conduit le papier sur des cylindres chaufiés à la vapeur.
1810. Quanta l'effet utile de ces appareils, on conçoit d'abord facilement que la quantité d'eau évaporée doit être beaucoup plus petite que la quantité de vapeur condensée, à cause de la chaleur rayonnée par les corps humides, de réchauffement de l'air, et parce que la totalité de la surface des cyhndres n'étant pas couverte d'étoffe humide, une partie se refroidit librement dans l'air ; l'effet utile doit aussi diminuer pour le même corps à mesure que la dessiccation fait des progrès, parce que la perte par le rayonnement est sensiblement constante, tandis que la quantité d'eau vaporisée va constamment en diminuant. Il doit varier aussi avec la nature des tissus et surtout avec leur épaisseur.
1811. En 1850, M. Chameroy a fait plusieurs expériences sur le séchage de différents tissus par leur application sur un cylindre de zinc de 2 mètres de développement, chauffé intérieurement par la vapeur à 100°. On observait la durée de la dessiccation et la quantité d'eau vaporisée. Les quantités d'eau vaporisée par heure ont été de 17\70; 8^90; 2^94 ; 1\28 ; 0\79 ; ^^66, en couvrant le cylindre successivement avec un drap simple, un drap double, des serviettes ouvrées, des chemises neuves de grosse toile, des langes de laine, des chemises de coton. La comparaison de la première et de la seconde expérience fait voir l'influence de l'épaisseur de l'étoffe ; il n'est pas douteux que les autres différences ne proviennent de la même cause. M. Darcy, ingénieur en chef des ponts et chaussées, dans le mémoire qui renferme les détails des expériences dont nous venons de parler, pense que des cylindres en cuivre ou en fer, chauffés intérieurement par la vapeur, transmettraient plus de chaleur que le zinc, parce que la conductibilité des premiers métaux est plus grande que celle du dernier; mais c'est une erreur, la conductibilité des métaux ainsi que leur épaisseur sont sans influence dans les circonstances dont il s'agit, comme cela résulte des expériences rapportées.
Voici les résultats de plusieurs expériences faites par M. Royer {Bulletin de la Société de Mulhouse, 1839). 20 pièces de calicot sortant de la presse pesaient 150 kilogrammes ; après 3 heures Va de dessiccation, elles pesaient 76 kilogrammes ; la quantité d'eau évaporée a été par conséquent de 74 kilogrammes, et comme la quantité de vapeur condensée a été de 102 kilogrammes, 1 kilogramme de houille a évaporé 5 x -j^ = 3^63. Des expériences faites sur 325 pièces ont donné, pour l'effet utile de 1 kilogramme de houille, 3'', 65. La machine était à un seul cylindre et l'eau de condensation était bouillante ; la pression de la vapeur dans la chaudière était de 1°',37. D'autres expériences faites avec une machine à six cylindres ont donné seulement 2'',45, pour l'effet utile ; mais ces dernières expériences ont eu lieu en hiver, dans une salle mal fermée où la température était voisine de zéro.
1812. Les conclusions d'un mémoire de M. Pénot, appuyées par les expériences de M. Royer et par celles de M. Léon Schwartz, sont : 1° que le mode de séchage des toiles le plus économique est celui qui consiste à les appliquer sur des cylindres chauffés à la vapeur; 2° que quand les séchoirs, disposés comme ils le sont en Alsace, ferment bien et qu'on peut élever la température de 45 à 50°, il y a de l'économie à n'ouvrir les soupiraux que quand les toiles sont sèches ; 3° qu'il est toujours avantageux d'élever la température autant que possible.
1813. Je partage complètement l'opinion de M. Penot, et d'autant plus que les appareils de séchage, par l'application des toiles sur des cylindres chauffés par la vapeur, peuvent facilement être améliorés de manière à produire un grand accroissement d'effet utile. La chaleur latente de la vapeur condensée dans le cylindre se dissipe de deux manières : par la vaporisation de l'eau renfermée dans la toile, par le rayonnement de la surface et réchauffement de l'air. Ces pertes réunies forment une partie très-notable de la chaleur dépensée, parce que le rayonnement de l'eau étant très-considérable (911), la chaleur perdue excède celle que perdrait une surface de fonte à la même température, exposée à l'air. On peut éviter en très-grande partie la perte de chaleur due au rayonnement en recouvrant à distance l'appareil d'une enveloppe de bois épaisse, garnie à l'intérieur d'une plaque métallique qui s'échaufferait d'abord par le rayonnement des cylindres, transmettrait peu de chaleur à l'extérieur à cause de son épaisseur et de sa faible conductibihté, et qui, ayant atteint la tempe-