‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 288 sur 298 · CHAPITRE VI. — CALORIFÈRES A EAU CHAUDE A BASSE PRESSION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — CALORIFÈRES A EAU CHAUDE A BASSE PRESSION

fond, est destiné à l'éconlement de l'eau refroidie. Ces caisses sont ordinairement traversées par un ou plusieurs tuyaux verticaux ouverts par les deux bouts et parcourus par l'air de ventilation.

2009. M. Duvoir-Leblanc emploie des poêles en fonte formés de deux cylindres concentriques ; le plus petit est ouvert par les deux bouts et donne passage à l'air extérieur; l'intervalle des deux cylindres renferme de l'eau. Le fond du vase annulaire et les parties cylindriques ne forment qu'une seule pièce, et la paitie supérieure est fixée par un joint au mastic de fonte. On augmenterait à peu de frais l'effet du tube extérieur, en y plaçant des feuilles de tôle disposées comme dans les figures 445 à 448,

2010. Les poêles à eau chaude en tôle sont préférables. On leur donne la forme qui convient le mieux au local ; en y adaptant un grand nombre de tubes verticaux traversés par l'air, il est toujours facile d'obtenir une surface de chauffe suffisante.

Quelle que soit la forme des poêles, ils doivent toujours être percés à la partie supérieure d'un petit orifice, ordinairement fermé par une vis, qui sert au dégagement de l'air.

Quelquefois les surfaces extérieures des poêles en fonte sont polies, mais c'est un enjolivement qui coûte très-cher, car la quantité de chaleur émise est diminuée de moitié,

201 1 . Les poêles ne doivent jamais être employés avant d'avoir été essayés à une pression beaucoup plus forte que celle qu'ils doivent supporter. Ceux en fonte risquent de donner lieu à de graves accidents (1). L'essai préalable ne me semble pas suffisant pour en motiver l'usage, à cause de leur grand diamètre et des grandes pressions qu'ils éprouvent dans les rez-de-chaussée des bâtiments élevés, même quand le vase d'expansion est ouvert ; car les essais des poêles sous des pressions bien supérieures à celles qu'ils doivent supporter, mais qui ne durent jamais qu'un temps très-court, ne peuvent pas donner l'assurance qu'ils résisteront toujours sous des pressions permanentes beaucoup plus petites ; et les appareils construits jusqu'ici ne datent que de quelques années. D'ailleurs, dans les conduites d'eau, il y a très-souvent des tuyaux qui cassent, malgré la faible variation de température qu'ils éprouvent, et cependant ils ont toujours été essayés sous des pressions quatre ou cinq fois plus élevées que celles qu'ils supportent habituellement ; les chemises des cylindres

(1) Lorsque ces lignes ont été écrites, on n'avait pas à déplorer la mort de plusieurs personnes, causée à l'église de Sainl-Sulpice, par la rupture d'un poêle en fonte à eau chaude.

des machines à vapeur, qui sont disposées de la même manière que les poêles de plusieurs établissements publics, cassent quelquefois, malgré les épreuves qu'elles ont subies. D'ailleurs c'est un principe bien reconnu que la fonte ne convient, pour soutenir de fortes pressions, que lorsqu'elle est en tuyaux d'un petit diamètre, et qu'on ne doit l'employer, pour des vases d'un grand diamètre, que s'il y a impossibilité complète de la remplacer par de la tôle. Enfin les poêles en tôle ne sont pas d'un prix plus élevé que ceux de fonte, à cause de la différence des épaisseurs qui compense à peu près la différence des prix de ces métaux. Si l'on ajoute à toutes ces considérations la gravité des conséquences de la rupture d'un poêle à eau chaude, on sera nécessairement conduit à préférer dans tous les cas la tôle à la fonte, à moins qu'il ne s'agisse de vases d'un petit diamètre.

20J2. Les poêles peuvent être remplacés par des serpentins en fer ou en cuivre, environnés d'une enveloppe dans laquelle circule l'air extérieur ou l'air de la pièce ; il serait plus avantageux de donner au serpentin la forme d'une hélice conique que d'une hélice cyUndrique. Pour obtenir une plus grande surface de chauffe sous le même volume, on pourrait employer plusieurs hélices concentriques que l'eau parcourrait simultanément. L'eau s'élèverait d'abord, par un tuyau central, à la partie supérieure des spires, et descendrait ensuite en les parcourant ; mais la partie culminante de l'appareil devrait être percée d'un orifice fermé par un bouchon à vis, qui servirait à faire dégager l'air pendant le rempUssage, et qu'il faudrait ouvrir de temps en temps, pour évacuer l'air qui se serait accumulé dans le haut des spires et qui pourrait interrompre la circulation ; en plaçant un petit réservoir à la partie supérieure de l'appareil, on éviterait l'inconvénient d'avoir à ouvrir souvent l'orifice de dégagement de l'air.

2013. Quand les calorifères à eau chaude sont placés dans les pièces mêmes qui doivent être chauffées, et que les surfaces de chauffe sont libres, on peut admettre comme une approximation suffisante, pourdes excès de température inférieure à 30°, limite qui est rarement dépassée, que les quantités de chaleur émises par mètre carré et par heure sont sensiblement représentées par 8^, t étant l'excès de température ; dans ces conditions la quantité de chaleur rayonnée est sensiblement égale à celle qui provient du contact de l'air. Si les surfaces étaient en métal poU, la quantité de chaleur émise serait à peu près diminuée de moitié.

2014. Quand l'air est chauffé en passant dans des tuyaux, l'effet du rayonnement disparaît, et il ne s'échauffe plus que par le contact. Il

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