‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 75 sur 298 · CHAPITRE VIIL — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL — INCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES

ibes et les soumettre à un lavage à l'acide chlorhydrique, comme l'a proposé ; mais ce moyen présente des inconvénients eh ce que l'acide chlorhydrique attaque très-vivement le fer et qu'il attaque aussi le cuivre ; on peut nettoyer ces tubes en les faisant frotter les uns sur les autres et en interposant entre les surfaces frottantes de l'eau et du sable. Mais ces procédés sont peu suivis. Dans les chemins de fer, le procédé de nettoyage des chaudières incrustées parait être le démontage de la chaudière et le coupage des tubes, sans qu'on ait cru devoir songer à rechercher ou à adopter un type de chaudière qui ne force pas à recourir à cette extrémité,

1268. Ce procédé d'épuration des eaux ne pourrait s'appliquer à l'eau de mer, parce qu'il coûterait trop cher. Les sels qui seraient précipités par le sel de soude exigeraient au moins.6 kilogrammes de ce sel par mètre cube, et en admettant 30 kilogrammes de vapeur par cheval pour ce genre de machine et une extraction d'un tiers de l'alimentation, la quantité d'eau à épurer serait par cheval et par

heure de 40 kilogrammes, ce qui correspond à -^ = 0'',24 de

sel de soude, dont le prix, à raison de 55 francs les 100 kilogrammes, serait de 0^13, à peu près la moitié de celui du combustible. En outre, les mouvements du navire ne permettraient pas au dépôt de s'effectuer complètement ; les appareils seraient trop coûteux et gênants à cause de leur poids et de la place qu'ils occuperaient.

1269. Quant aux eaux de certaines mines, qui agissent si énergiquement sur les chaudières, il n'y a pas à hésiter; il faut les purifier par du carbonate de soude, et si la quantité d'eau nécessaire est considérable, il pourra être plus économique d'amener à la mine, à l'aide d'une pompe à feu, l'eau d'une rivière ou d'un ruisseau qui ne serait pas trop éloigné.

1270. D'après une observation de M. Max Triepcke [Société cV encouragement, 1870), les eaux troubles font souvent perdre aux chaudières la faculté de rester étanches ; l'addition d'un dix-milhème de soude ferait disparaître cet inconvénient, qui reparaîtrait à un trèshaut point quand la soude serait en excès. 11 y a donc une proportion de soude convenable à employer ; elle dépend de la proportion des substances insolubles que contient l'eau d'alimentation.

1271. Les différents procédés chimiques qu'on peut employer pour purifier les eaux avant leur entrée dans la chaudière ne peuvent être absolument efficaces qu'à la condition qu'on connaisse la composition de l'eau qu'il s'agit de purifier. L'analyse chimique

d'une eau donnée est toujours une opération longue et délicate. On doit à MM. Boutron et Boudet une méthode de dosage volumètrique des substances dissoutes dans l'eau qui est devenue d'un emploi régulier.

Cette méthode est fondée sur ce fait, qu'une dissolution alcoolique de savon précipite les sels de chaux et de magnésie, et ne commence à donner de la mousse par l'agitation de l'eau dans laquelle on l'a versée que quand ces sels ont été complètement précipités.

La liqueur d'essai est obtenue en faisant dissoudre 100 grammes de savon blanc de Marseille dans 1 ,600 grammes d'alcool à 90" centésimaux ; on fait bouillir, on filtre et on ajoute 1 ,000 grammes d'eau distillée ; la dissolution ainsi préparée est introduite dans une burette qui est graduée de telle façon qu'une capacité de deux centimètres cubes et quatre dixièmes, prise à partir d'un trait circulaire, tracé au sommet de la burette, se trouve divisée en 23 parties égales ; la division se prolonge au-dessous.

Chaque division représente un degré hydrotimétrique, mais le zéro n'est marqué qu'à la première division au-dessous du trait circulaire ; cela tient à ce que 40 centimètres cubes d'eau distillée ne fournissent de mousse persistante que par l'addition d'une quantité de liqueur d'épreuve égale au volume d'une division, et qu'on fait les essais sur 40 centimètres cubes de hquide.

La liqueur d'épreuve doit être telle, que 23 divisions de la burette en soient nécessaires pour amener la mousse persistante dans 40 centimètres cubes d'une dissolution de chlorure de calcium renfermant par litre 0e'',2S de ce sel fondu ; c'est-à-dire que la dissolution titrée de chlorure de calcium doit marquer 22° elTectifs. Si la dissolution préparée comme nous l'avons dit plus haut marquait un titre plus bas, on y ajouterait un peu de savon ; si le titre était plus élevé, on retendrait d'eau de façon à l'amener au titre indiqué.

L'expérience a fait voir que les indications de l'hydrotimètre ne sont exactes qu'autant que l'eau sur laquelle on opère ne marque pas plus de 25 à 30° ; dans ces conditions 20 ou 25 centimètres cubes de cette eau à laquelle on avait ajouté une division de la liqueur d'épreuve prendront une teinte opaline et ne donneront pas de grumeaux; si le dernier cas se produit, on double, triple, quadruple le volume de l'eau à essayer à l'aide d'eau distillée, jusqu'à ce qu'elle soit ramenée à un degré inférieur à 30 ; on opère sur cette nouvelle dissolution, et on double, triple ou quadruple le résultat

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