‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 95 sur 298 · CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR

dans la chaudière et se termine près de l'extrémité inférieure ; ces tubes ont pour objet d'amener l'eau froide à la partie inférieure des bouilleurs. Enfin, à la partie supérieure, les bouilleurs se terminent par un prolongement qui s'élève dans la chaudière jusqu'à une petite distance du niveau de l'eau. On reconnaîtra facilement dans ce dispositif le principe de la chaudière Field dont nous parlons plus loin. La chaudière est munie d'une soupape à sifflet, qui est mise en mouvement par un flotteur. Le tirage de ce fourneau était très-bon; 1 kilogramme de coke produisait 7 kilogrammes de vapeur ; et quand, par l'interruption de l'alimentation, la chaudière et les bouilleurs se vidaient, la soudure de l'anneau de cuivre et de la calotte fondait, et la projection de la calotte sur le foyer avait lieu sans produire d'autre phénomène qu'un faible bruit. Cette disposition, qui pouvait présenter certains avantages sous quelques rapports, a été totalement abandonnée.

1330. Chaudière Field. — Dans cette chaudière, on fixe au fond du corps supérieur des tubes d'un faible diamètre, et renfermant des tubes plus petits ouverts par les deux bouts, dont l'extrémité supérieure arrive un peu au-dessous du niveau de l'eau de la chaudière et dont la partie inférieure descend très-près du tube enveloppant; par cette disposition la vapeur s'élève dans l'intervalle des deux tubes et l'eau descend par le petit tube central; il s'établit ainsi une circulation rapide de l'eau dans le tube intérieur et autour de ce tube, circonstance favorable à la fonction de la vapeur; cette disposition a l'avantage que présente toute chaudière à faible volume d'eau pour une grande surface de chaulfe, c'est-à-dire fcelui d'une prompte mise en vapeur. Aussi la trouve-t-on employée pour les pompes à incendie. Mais comme utiUsation de combustible, elles ne présentent aucun avantage sur les bonnes chaudières, et notamment sur les chaudières tubulaires. La violence de la circulation donne de la vapeur chargée d'eau, ce qui a fait croire dans certains essais à une puissance de rendement extraordinaire. Ce mouvement rapide de l'eau empêche les dépôts et les incrustations dans les tubes ; mais ces produits solides sont emportés par la vapeur et Teau entraînée et peuvent être portés dans les tiroirs des machines à vapeur qui seraient desservies par ces chaudières. Il ne faut donc l)as les considérer comme de bonnes chaudières d'usine, quoiqu'elles puissent rendre des services dans certaines appHcations. Dans aucun cas, il n'y a heu de modifier les dispositions connues ou adoptéesdes chaudières pour y annexer des tubes Field.

133J. Le baron Séguier a proposé vers 1834 une disposition particulière de chaudière à vapeur qui avait particulièrement pour objet d'éviter les explosions. Pour une machine de 20 chevaux, elle se composait de 16 tubes de 0",16 de diamètre sur 4 mètres de longueur. Sept tubes accolés formaient un plancher, situé au-dessus du foyer ; d'autres tubes accolés trois à trois dans des plans verticaux formaient trois cloisons, placées une de chaque côté du plancher, et l'autre au miheu. Les tubes du plancher, tous parallèles entre eux, avaient une inclinaison totale de O^jGô. Deux foyers se trouvaient sous leurs parties les plus élevées. Tous les tubes communiquaient entre eux et avec une chaudière placée au-dessus, qui ne servait que de réservoir d'eau et de vapeur. L'ensemble de l'appareil était renfermé dans une enveloppe de tôle. Enfin, le tirage était produit par un ventilateur à force centrifuge. Cet appareil avait l'avantage d'accumuler les dépôts dans la partie des tubes qui est la moins échauffée. M. Séguier a fait éclater un des bouilleurs ; l'explosion a été faible, et tout s'est borné à un jet d'eau chaude ; mais les jets d'eau chaude et la vapeur qui se forme instantanément sont malheureusement ce qui est le plus à redouter dans les explosions, car il y a plus de morts occasionnées par leurs effets que par la projection des parties des chaudières et des corps environnants. L'expérience a démontré, comme on pouvait s'y attendre, que dans cet appareil le grand nombre de joints donnait heu à des fuites fréquentes ; que cette chaudière exigeait plus de soin pour l'entretien et plus de temps pour le nettoyage; que la partie supérieure des tubes, celle qui est au-dessus des foyers, restait presque constamment pleine de vapeur, et que, par suite, ces tubes étaient sujets à être brûlés. Ce système n'a point été adopté par l'industrie.

1332. M. Henschel, conseiller supérieur des mines à Cassel, a pubhé, en 1845, deux mémoires sur une disposition de chaudières à vapeur, ayant principalement pour but, comme la précédente, d'éviter les explosions. Cette disposition a beaucoup d'analogie avec celle de M. Séguier. Le générateur est formé de plusieurs tubes de 0'°,12 à0'",l5 de diamètre, de 3 à 4 mètres de longueur, inchnés vers l'arrière à partir du foyer, communiquant ensemble et avec le tuyau d'alimentation à la partie inférieure, et vers le haut avec le réservoir de vapeur. Le niveau de l'eau, qui est toujours le même dans tous les tubes, s'observe par un flotteur placé dans un cylindre vertical, en dehors du fourneau. Cette disposition est trop compliquée et n'est nullement économique ; il y a trop de joints, trop de chances

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