‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 99 sur 298 · CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR

avait dix-sept tubes faisant les mômes circuits ; la chaudière était rectangulaire ; au-dessous se trouvait le foyer qui n'occupait qu'une partie du fond ; la grille était formée de dix-sept tubes parallèles, qui descendaient au delà dans un canal, en formant trois étages horizontaux que la fumée traversait avant de se rendre dans la cheminée ; les tuyaux se relevaient ensuite et pénétraient dans la chaudière, d'où ils sortaient pour rejoindre les autres extrémités des tubes formant la grille ; les circuits communiquaient avec un tuyau d'un plus grand diamètre, placé au-dessus, et dans lequel s'effectuait la dilatation de l'eau.

1343. On avait prétendu que, par celle disposition, on obtenait plus de vapeur, pour la même consommation de combustible, qu'avec les chaudières ordinaires ; mais il ne peut pas en être ainsi ; car, pour les appareils où la combustion s'effectue dans les mêmes circonstances, l'effet utile dépend uniquement (\e la température à laquelle l'air brûlé est abandonné, et celte température doit être plus élevée dans l'appareil de M. Perkins que dans les autres. On serait tenté de ne voir dans cet appareil qu'une plus grande complication, et deux systèmes de surface de chauffe au lieu d'un seul. A la vérité, on a dit que parla grande vitesse de circulation del'eau, la transmission de la chaleur était beaucoup plus grande que dans le chauffage ordinaire ; mais des expériences directes n'ont pas encore confirmé cette assertion. Les dépôts ne peuvent pas se produire dans les tubes, parce que c'est toujours la même eau qui circule ; et, comme ils se font toujours dans la chaudière au-dessous de la surface de chauffe, ils ne sauraient être nuisibles. Beaucoup de chaudières, établies d'après le même principe, ont été proposées, mais elles n'ont pas réussi.

Ce mode de chauffage aurait cependant l'avantage de prévenir les explosions qui résultent de l'altération des chaudières par l'action directe du feu, et celles qui proviennent de l'excès de température que prendrait la chaudière par suite de l'abaissement du niveau de l'eau. Il ne resterait alors que les chances d'explosion résultant d'un excès de pression dans la chaudière; car les tubes, qui ont toujours une grande épaisseur, offrent une très-grande résistance, et d'ailleurs la rupture d'un ou de plusieurs tubes ne produirait pas de graves accidents, à cause de la petite quantité d'eau qu'ils renferment.

Chaudières tubulaires.

1344. Les chaudières que nous avons décrites jusqu'ici sont toutes à foyer extérieur, sauf celles de Cornwall; les chaudières tubulaires sont au contraire presque toujours à foyer intérieur.

L'emploi du foyer intérieur a précédé les chaudières tubulaires ; différentes considérations résultant de la destination spéciale des générateurs, y avaient conduit, comme, par exemple^ dans" le cas des chaudières de bateaux à vapeur, de plus comme ces appareils se rapprochent comme type des calorimètres qui permettent l'éva luation complète de la chaleur fournie par la combustion, on eut l'idée, qui fut loin d'être généralement admise, que le combustible était ainsi mieux utilisé.

1345. Si l'on considère le mode de construction des chaudières à foyer extérieur, on voit qu'elles présentent un développement considérable de surface de briques exposé au refroidissement, d'autre part une grande partie de la chaleur rayonnante du foyer, n'agissant pas directement sur la chaudière se trouvera perdue, enfin les parois en briques du fourneau sont;, comme nous l'avons vu (484), perméables, et, sans même tenir compte des fissures qui peuvent se produire dans la maçonnerie, une certaine quantité d'air froid, appelé à travers les murs, viendra se mêler à l'air chaud et en réduire l'effet utile par suite de l'abaissement de température qui en résultera.

1346. On doit à M. Scheurer-Kestner [Bulletin de la Société de Mulhouse^ 1869) des expériences très-complètes sur l'utilisation de la chaleur dans les chaudières à vapeur à foyer extérieur : il résulte de la moyenne de tous les essais qui ont été faits sur une chaudière à six bouilleurs, munie de six réchauffeurs latéraux, que la chaleur produite dans le foyer se répartit de la manière suivante :

Calories dans la vapeur 60,5 °/o

— dans les gaz 5,5

— dans les cendres i ,5

— enlevées par les gaz non brûlés 5,0

— enlevées par le noir de fumée 0,5

— enlevées par la vapeur d'eau de la fumée. 2,5

— perdues par la maçonnerie 24,5

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