‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 100 sur 283 · CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR

plate, a environ 25 millimètres d'épaisseur; ces plaques sont sujettes à se gondoler, malgré leur épaisseur et les mesures prises pour les renforcer. On a essayé de faire la boîte à feu en tôle d'acier : soit que Tacier ne fût pas assez doux, soit qu'il ne pût pas être employé pour des formes aussi tourmentées, il s'est présenté des loiptures et des déchirures qui l'ont fait rejeter. Avec une boîte à fumée en acier, il faudrait que le chauffeur eût le soin de ne pas l'exposer à des refroidissements subits, surtout lorsqu'il jette bas son feu. On a pu avoir en service des calandres de chaudière en tôle d'acier ; on leur donnait un épaisseur moindre de 1/3 de celles qu'elles ont lorsqu'elles sont en fer et qui est alors de 12 millimètres.

1366. On a observé qu'à l'intérieur des calandres en fer, il se produisait par places assez nombreuses, mais à la longue, des érosions qui font mettre ces tôles hors de service quand, aux points attaqués, répaisseur est réduite à 6 ou 7 millimètres; le même fait s'est présenté pour les calandres en acier et l'érosion parait n'y marcher ni plus vite ni plus lentement. Si donc on abandonnait 4 millimètres à l'érosion pour les tôles d'acier, celles-ci, réduites à 4 milUmètres, résisteraient autant que les tôles de fer de 6 millimètres, et leur durée en service serait aussi longue. Il parait cependant qu'on a été amené à la faire plus courte, ce qui a constitué un désavantage pour l'acier.

La cause de ces érosions est difficile à déterminer, on l'avait attribuée dans les locomotives à une action voltaïque résultant de la présence simultanée du cuivre et du fer dans la construction de la chaudière, mais cette altération s'est retrouvée dans des chaudières où il n'entre ni cuivre ni laiton. On s'est rejeté alors sur l'hétérogénéité du métal dont les parties de composition différente en contact auraient constitué des couples voltaîques aux divers points de la chaudière ; mais ces altérations se sont présentées avec les chau-' dières d'acier; d'ailleurs, la nature, la dimension et la forme des érosions parait varier même pour des chaudières construites avec les mêmes tôles et alimentées avec la même eau. L'explication nette du phénomène est encore à trouver.

La durée des calandres en fer des chaudières de locomotives est de 15 à 20 années.

1367. Chaudières d'usine, — Dans les locomotives, on a cherché à avoir le moindre poids d'eau pour la plus grande surface de chauffe possible. Cette condition n'a point d'intérêt quand il s'agit des chau-

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dières d'usine ; elle y présenterait au contraire des inconvénients qui ne se rencontrent qu'à un faible degré sur les locomotives, toujours dirigées par un mécanicien et un chauffeur habiles, et dont les variations de travail sont en général connues à Tavance.

Cependant les avantages de la chaudière tubulaire à foyer intétérieur peuvent être utilisés par Tindustrie usinière. Aussi rencontret-on maintenant un assez grand nombre de chaudières de ce genre dans les usines ; on peut les ramener à deux types principaux ; la chaudière à parcours direct de la flamme, comme on le voit dans les chaudières de locomotives, et la chaudière à retour de flamme.

Parlons d'abord de la chaudière à parcours direct qui se rattache de plus près au sujet que nous venons de traiter.

On a établi dans quelques sucreries de véritables chaudières de locomotives, en les chauffant à la houille. Un modèle de ces chaudières présentait un faisceau de 103 tubes en fer de 70 millimètres de diamètre extérieur et de S mètres de longueur. Le constructeur qui avait fait ces installations, ne les a pas généralisées dans ses entreprises ultérieures.

1368. Pour éviter que la plaque tubulaire ne fût exposée tout entière à la vue du feu et aussi pour favoriser la combustion des gaz, Fairbairn a proposé un modèle disposé de la façon suivante: c'est une chaudière de Cornwall à deux tubes, mais ceux-ci n'ont que la longueur des grilles qu'ils contiennent, ils aboutissent dans une chambre en tôle à section transversale elliptique et qu'on appelle chambre de combustion ; la plaque de fond de cette chambre est la plaque tubulaire ordinaire de laquelle part le faisceau tubulaire pour déboucher dans une boite à fumée semblable à celles des locomotives. Voici les dimensions d'une chaudière de ce genre pour une surface de chauffe intérieure de 100 mètres carrés.

Le corps de chaudière a 1^,92 de diamètre et T^,iO de longueur, les deux tubes foyers ont0"*,74 de diamètre et 2'',66 de longueur. Les grilles ont 1",70 de longueur; la chambre de combustion a l'",66 de diamètre horizontal, 0",98 de diamètre vertical et 1",20 de longueur. Les tubes en fer ont 76 millimètres de diamètre, leur longueur entre les plaques est de 3"", 55, leur nombre est do 105, la longueur de la boite à fumée est de 0"',68.

Ces chaudières, souvent timbrées à 5 ou 6 atmosphères, exigent des tôles épaisses et des armatures spéciales pour la chambre elliptique; il en résulte qu'elles sont fort lourdes, on en rencon-

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