‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 115 sur 283 · CHAPITRE XIÎ. — EXPLOSIONS DES CHAUDIÈRES A VAPEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIÎ. — EXPLOSIONS DES CHAUDIÈRES A VAPEUR

cilement accessible au nettoyage. On ne saurait donc se dispenser de surveiller, dans des cas semblables, Télat extérieur des diverses parties du générateur, et surtout de celles qui sont exposées à être peu chauffées.

4446. 3* Surcharge des soupapes de sûreté y adhérence des soupapes sur leur siège, absence de manomètre. — Ces causes d'explosion se sont reproduites un gi^nd nombre de fois. L'accroissement de pression est une cause d'autant plus efficace d'explosion, que l'excès de , résistance des chaudières est peu considérable, malgré leur grande épaisseur, à cause du mode de clouure des feuiUes de tôle et de la température élevée à laquelle le métal est soumis.

1447. 4** Détonation d^un mélange explosif dans les cameaux, — C'est à cette cause qu'il faut attribuer les explosions de certaines chaudières à foyer intérieur. La détonation d'un mélange explosif a eu lieu, d'après Gay-Lussac, dans le fourneau d'une chaudière de concentration, complètement ouverte, à la raffinerie de salpêtre établie à l'arsenal de Paris; le fourneau a été entièrement démoli, mais la chaudière n'a éprouvé aucune altération. Les mélanges explosifs se forment principalement quand, après avoir abaissé le registre, on le lève ensuite subitement ou qu'on ouvre la porte du foyer; par l'abaissement du registre, le combustible, qui éprouve, quand il en est susceptible, une véritable distillation, remplit les carneaux de gaz combustibles, et par l'ouverture de la porte il arrive un excès d'air qui se mêle au gaz, et qui, dans certaines circonstances, peut produire une violente détonation : on comprend même difficilement que ces accidents ne soient pas plus fréquents.

1448. 5"" Abaissement du niveau de Peau dans la chaudière. — Le niveau de l'eau dans la chaudière peut s'abaisser^ soit par une alimentation insuffisante, soit par l'ouverture des soupapes de sûreté ou d'un orifice de dégagement de la vapeur, et, dans certains cas, par la position de l'orifice de sortie de la vapeur, qui laisserait échapper de l'eau à l'état d'émulsion. Cet abaissement de niveau est ordinairement accompagné d'un affaiblissement de la puissance des machines, provenant de la diminution de la surface de chauffe, et il est suivi d'un grand échauffement des parties de la chaudière qui sont chauffées extérieurement par les gaz sortis du foyer et qui ne sont pas mouillées intérieurement.

1449. Indépendamment des explosions, qui heureusement sont assez rares, il arrive aux chaudières à vapeur des accidents qui, dans certains cas, peuvent avoir beaucoup de gravité ; la vapeur et

l'eau s'échappent quelquefois par des fissures qui se produisent dans les joints. Quand les jets n*ont qu'une petite section, il n'en résulte jamais de graves inconvénients ; mais quand la section est considérable, il se dégage instantanément une grande quantité de vapeur qui peut occasionner de graves accidents, surtout dans les bateaux, parce que la chambre des chaudières est petite et fermée.

1450. Plusieurs physiciens avaient prétendu qu'un accroissement graduel de pression ne pouvait pas donner lieu aux explosions fulminantes, qu'il ne pouvait occasionner que des déchirures partielles de la chaudière et des jets de vapeur ou d'eau, et que, pour expliquer ces grandes explosions, il fallait avoir recours à la formation instantanée d'une grande quantité de vapeur. Mais il existe des exemples d'explosions qui, sans aucun doute, ont été provoquées par la surcharge des soupapes de sûreté; d'ailleurs, des expériences faites en Amérique par l'institut FrankKn, dans lesquelles on a fait éclater, avec toutes les circonstances des explosions fulminantes, des chaudières de fer ou de cuivre hermétiquement fermées, ne peuvent laisser aucune incertitude à cet égard. Les explosions fulminantes peuvent même se produire dans des vases renfermant de l'air ou un gaz comprimé; je citerai l'explosion d'un réservoir dans lequel du gaz propre à l'éclairage était comprimé par une pompe, explosion dont M. Arago a été témoin, et enfin l'explosion moins ancienne d'un appareil de M. Thilorier, pour la congélation de l'acide carbonique, et qui a occasionné un si funeste accident.

1451. On conçoit facilement qu'une déchirure peu étendue dans une chaudière puisse ne donner lieu qu'à des jets de vapeur et d'eau et n'occasionner aucun ébranlement dans la masse ; mais si l'eau est à une température élevée, de manière à pouvoir produire un grand volume de vapeur, la diminution de résistance provenant d'une déchirure partielle peut occasionner la séparation complète d'une partie de la chaudière, qui, étant pressée par la vapeur pendant une partie de son mouvement, peut recevoir une impulsion qui la projette à une grande distance ; la réaction provenant de ce mouvement et celle qui résulte de l'écoulement de l'eau peuvent alors occasion ner de grands dérangements dans le reste de l'appareil.

De toutes les causes d'explosion que nous avons énumérées, la dernière seule paraît difficile à comprendre, et elle a été expliquée de différentes manières.

1452. Voici d'abord l'explication donnée par M. Perkins, et qui est assez généralement admise. Imaginons que, par une cause quel-

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