CHAPITRE PREMIER
Distillation simple.
1490. La distillation est simple lorsque d'un mélange de matières fixes et volatiles on veut séparer toutes les matières volatiles.
Le cas dont il s'agit est, par exemple, celui de la distillation de l'eau ; car les substances étrangères qu'elle renferme ordinairement sont des sels fixes ; oe serait aussi le cas d'un mélange d'alcool et de sucre, d'alcool et de sels^ etc. La distillation des liqueurs vineuses, au contraire, n'est pas une distillation simple, parce qu'elles renferment deux substances vaporisables, d^ l'eau et de l'alcool. Cependant, si Ton ne voulait pas séparer ces deux substances l'ime de l'autre, la distillation des matières fermentées rentrerait encore dans le cas que nous considérons.
Lorsque les matières à distiller ne renferment qu'une seule substance volatile, l'opération consiste : l*" à soumettre le mélange à l'action de la chaleur pour réduire en vapeur le corps vaporisable ; 2'' à condenser les vapeurs de manière à recueillir le corps qui en résulte, et qui peut être solide ou liquide.
La formation des vapeurs peut avoir lieu, soit par l'action directe d'un foyer, soit par la vapeur, ou par tout autre véhicule de la chaleur.
1491 . Distillation simple à feu nu. — Dans ce mode de chauffage, la formalion des vapeurs s'effectue dans des appareils semblables à ceux que nous avons décrits en parlant de la vaporisation.
Le métal dontondoitfaire usage pour la construction des chaudières dépend de la nature de la substance à distiller. Par exemple, pour la distillation du soufre, du mercure, du zinc, le fer est le seul métal que Ton puisse employer ; la fonte est préférable à la tôle, qui s'oxyderait trop facilement, et dont les joints seraient difficiles à fermer exactement, surtout si la matière à distiller était du soufre.
Les soupapes de sûreté sont en général inutiles, parce que, comme nous le verrons plus loin, l'espace où la condensation des vapeurs a lieu communique librement avec la chaudière par un tuyau d'un diamètre suffisant, et que son extrémité est toujours ouverte à l'air. Cependant, il est des cas où, la distillation ayant lieu avec pression, les soupapes de sûreté sont indispensables.
Quant au tuyau de dégagement, ses dimensions peuvent se calculer comme pour la vapeur d'eau. Mais, en général, on lui donne un diamètre beaucoup plus grand que celui qui est indiqué par la théorie, parce qu'il n'en résulte jamais d'inconvénient, et qu'au contraire, il y a souvent un très-grand avantage à avoir un grand tuyau de conduite. C'est ce qui a lieu, par exemple, dans la distillation des vins, où il est nécessaire que les vapeurs séjournent le moins de temps possible dans la chaudière, et n'y soient soumises qu'à une faible pression. Dans la distiUation du soufre, le canal de dégagement doit être beaucoup plus considérable encore, parce que ce canal est sujet à s'obstruer par la solidification des vapeurs.
Les dimensions de toutes les parties de l'appareil dépendent, comme nous l'avons déjà dit, de la quantité de vapeur que l'on veut obtenir dans un temps donné ; car, de cet élément, on peut déduire la quantité de combustible à consommer, l'étendue de la surface de chauffe de la chaudière, et toutes les autres parties de l'appareil.
1492. Tous ces calculs ont déjà été faits pour l'eau; nous allons les appliquer à d'autres substances.
Occupons-nous d'abord de l'alcool, et supposons qu'il s'agisse de de distiller par heure 1 00 kilogrammes d'alcool qui ne soit mêlé qu'avec des substances fixes. Commençons par chercher la quantité de chaleur nécessaire à la vaporisation de l'alcool. L'alcool, dont l'ébullition a lieu à IS"" 41 , absorbe dans son changement d'état 207 calories ; et comme la chaleur spécifique de l'alcool est 0,622, il en résulte