CHAPITRE VI. — ÉVAPORATION PAR LA VAPEUR
Tair. Si le tuyau ne transmettait pas de chaleur, la vapeur s'écoulerait en se détendant, de manière qu'à Textrémité du tuyau elle se trouverait è la pression extérieure : du moins c'est ce qui arrive pour les gaz comprimés ; il y aurait alors un accroissement progressif de vitesse et un refroidissement résultant de la détente qui amènerait la vapeur de 135* à 100'.
Supposons maintenant que le tuyau soit placé dans un vase renfermant de Teau en ébullition ; la transmission de la chaleur condensera la vapeur d'eau ; la tension et la température iront en décroissant uniformément, et l'eau provenant de la condensation s'accumulera progressivement et sera refoulée vers l'extrémité libre du tuyau dont elle occupera une longueur d'autant plus petite que la vitesse d'accès de la vapeur sera plus grande ; cette eau s'écoulera à 100''. Si le liquide entrait en ébullition à une température supérieure à 100*, l'eau de condensation ne pourrait pas prendre une température inférieure ; par conséquent elle aurait, à la sortie, une tension plus grande que celle de l'atmosphère, et elle perdrait rapidement cet excès de tension, par la production presque subite d'une certaine quantité de vapeur. Il résulte de là qu'il y aurait avantage, sous le rapport de l'effet utile des surfaces de chauffe, à établir une certaine pression dans le réservoir où se rendent les eaux de condensation. Si la pression y était égale à celle de la chaudière, la température et la tension de la vapeur resteraient les mêmes dans toute l'étendue du tuyau ; mais les eaux de condensation ne s'écouleraient pas ; il faut toujours évidemment que la tension de la chaudière ait un certain excès sur celle du réservoir, pour que Teau de condensation soit entraînée ; une différence assez petite serait suffisante. Dans une expérience que nous rapporterons plus loin, on a condensé dans un serpentin 250 kilogrammes d'eau en