CHAPITRE VI. — ÉVAPORATION PAR LA VAPEUR
serpentins , on mettait fort souvent deux serpentins semblables enroulés l'un dans Tautre ; on uniformisait ainsi la température dans les grandes bassines ^ car dans ces deux serpentins la vapeur marchait eu sens inverse.
1626. Dans tous les appareils dont nous venons de parler, quand le retour d'eau n'est pas direct, il est important de recevoir les eaux de condensation dans des vases fermés, qui maintiennent la vapeur à une certaine pression et n'en laissent pas échapper. Ces réservoirs sont représentés dans les figures 363 et 364. Dans la première, le
Fig. 363.
Fig 364.
vase A, qui reçoit l'eau de condensation par le tuyau B, porte à la partie inférieure une tubulure C, fermée par un bouchon conique ; ce bouchon peut être soulevé au moyen d'une tige qui passe à tra* vers une botte à étoupe fixée à la partie supérieure du vase. Celui-ci est garni d'un tube de niveau, d'une soupape de sûreté et d'un manomètre métallique.; on peut ainsi savoir ce qui s'y passe, et le vider quand il est rempli ; l'eau s'écoule dans la bâche d'alimentation delà chaudière.
La figure 364 représente une disposition semblable, mais dans laquelle le soulèvement du bouchon qui ferme l'orifice d'écoulement se fait de lui-même au moyen d'un flotteur F ; le tube de niveau devient alors inutile.
1627. Plusieurs autres dispositions ont été imaginées pour l'évaporation des dissolutions de sucre, principalement en vue de diminuer la durée de la concentration. Avant de les indiquer, je rappellerai quelques principes qui devraient toujours servir de guides dans la disposition des appareils.
1628. Quand l'évaporation a lieu par rébullition, la quantité de vapeur produite représente la quantité de chaleur transmise à la masse de liquide, à moins pourtant que la surface libre du liquide n'ait une grande étendue ; car, dans ce cas, il y a sûrement une certaine quantité de chaleur perdue par le rayonnement et par le contact de Tair. Il doit arriver pour J'évaporaf ion ce qui a été bien constaté pour le séchage des étoffes mises en contact avec des surfaces métalliques chauffées par la vapeur : la quantité de vapeur condensée excède toujours de beaucoup la quantité d'eau sortie des toiles. A la vérité, la surface extérieure n'est pas toujours mouillée, comme elle Test dans le cas de Tévaporation, mais une partie au moins de l'effet constaté doit se produire. Ainsi, quand Tévaporation a lieu par rébullition, la quantité de vapeur produite sur les surfaces de chauffe dépend de leur étendue et de l'excès de température ; cette vapeur se dégagerait entièrement si la surface du liquidé ne perdait point de chaleur par le rayonnement, ou par le contact de l'air, et il en résulte une certaine perte. Cette perte dans les appareils ordinaires est faible ; mais elle pourrait devenir très-grande, si, par exemple, dans les différentes chaudières à évaporation par la vapeur que nous avons décrites, les tuyaux, au lieu d'être serrés les uns contre les autres, étaient répartis sur une grande surface.
1629. Quand l'évaporation doit avoir lieu à une température inférieure à celle de l'ébullition, elle est produite par le mouvement de l'air et elle augmente avec l'étendue des surfaces exposées à Tair, avec la température du liquide et la vitesse du courant. Pour une certaine étendue des surfaces de transmission de chaleur dans le liquide, et des surfaces mouillées exposées à l'air, on pourra toujours, en faisant varier la vitesse du courant, produire l'évaporation à une température déterminée. Dans ce cas, la quantité de chaleur absorbée pour l'évaporation de 1 kilogramme d'eau serait plus grande que lorsque l'évaporation a lieu à la température de l'ébullition, à cause de la chaleur perdue par le rayonnement des surfaces expo* sées à l'air et de la chaleur employée à chauffer l'air, mais d'autant moins que la température serait plus élevée. Sil y avait nécessité ou seulement avantage, sous le rapport de la qualité des produits, à évaporer un liquide par l'air, les dispositions indiquées {fig. 349, 350, 351 et 352j seraient certainement très-avantageuses, parce que, l'enveloppe étant à la température du liquide, la perte de chaleur par rayonnement serait nulle, et que celle provenant du refroidissement du dôme pourrait être détruite au moyen d'une enveloppe