CHAPITRE VU. — ËVAPORATION DANS LE VIDE
mélange de vapeur et d'air après son action ; il a été complètement abandonné. Toutefois ce moyen de faire le vide peut être employé dans quelques circonstances, de préférence à celui de M. Roth, pour de petits appareils dans lesquels il ne vaudrait pas la peine de construire des pompes.
Le principe de l'appareil de M. Pelletan est le même que celui de l'injecteur et il a été repris, comme nous l'avons dit (1184), par M. Kôrting de Hanovre et utilisé à faire le vide dans les condenseurs de machine à vapeur.
1643. Appareil de M. Degrand. — L'inconvénient des appareils précédents est de consommer pour la condensation une grande
Fig. 1S9.
quantité d'eau, et cette eau emporte de la chaleur qui se trouve ainsi perdue. M. Degrand avait voulu remédier à ces deux inconvénients en opérant la condensation par un commencement d'évaporation du sirop qui doit entrer plus tard dans la chaudière. Dans son appareil
le vide est d abord produit par la vapeur (/îy. 369). Il se compose de trois parties distinctes : d'une chaudière évaporatoire, disposée comme dans tous les appareils de cuite dans le vide ; d'un réservoir fermé, placé au-dessous de la chaudière et destiné à recevoir le sirop cuit ; et enfin de l'appareil de condensation des vapeurs par le sirop.
A est une chaudière en cuivre formée de deux calottes sphéroïdales, exactement close et assez solide pour résister à la pression atmosphérique. Elle est surmontée d'une capacité B, dans laquelle se rassemblent les vapeurs qui se dégagent du sirop contenu dans la chaudière. Le sirop est chauffe, comme dans les autres appareils du même genre, par de là vapeur qui circule dans le double fond de la chaudière et dans son serpentin, et dont les robinets /et g règlent l'admission ; G et e sont les tuyaux de retour d'eau. Le robinet H sert à vider la chaudière quand l'opération est terminée. Pour enlever l'air de l'appareil, on introduit la vapeur dans la chaudière en tournant le robinet /", qui sert en même temps à introduire la vapeur dans le serpentin, et on ouvre le robinet m. Lorsque l'air a été expulsé, on ferme les robinets /"et w, et on ouvre le robinet q; alors le liquide renfermé dans le réservoir supérieur Y commence à s'écouler sur le condenseur V, et le vide se produit. Cette opération terminée, on ouvre le robinet ?, et la charge de sirop à cuire est aspirée dans la chaudière par les tuyaux M, M' ; on ouvre ensuite les tuyaux / et y qui permettent Taccès de la vapeur dans le double fond et dans le serpentin ; l'ébullition se manifeste bientôt. Les vapeurs produites dans la chaudière, s'élèvent dans la capacité B, et passent dans le tuyau U, qui les conduit au condenseur V. Ce dernier est formé d'un serpentin renfermé dans un cylindre en tôle EE, ouvert parle haut et par le bas ; la vapeur circule dans le serpentin, et elle est condensée par le sirop ou jus du réservoir Y qui tombe sur sa surface ; en ouvrant le robinet y', ce sirop se rend par le tuyau F', dans le manchon G' fermé par les deux bouts, et enveloppant le tuyau U ; après s'y être échauffé, il passe, par le tuyau H' et par les tuyaux r, r, dans un vase annulaire percé d'un grand nombre de petits orifices qui le distribuent sur le serpentin. La portion de sirop non évaporé est reçue dans le vase annulaire A', A^ qui la ramène dans un réservoir inférieur par un tuyau garni du robinet «.
Lorsque ces appareils sont établis dans des raffineries, on remplace le jus simplement par de l'eau.
Le cylindre enveloppant donne à l'air une grande vitesse et accélère beaucoup l'évaporation. L'eau provenant de la condensation des