CHAPITRE VIIL — APPAREILS A EFFETS MULTIPLES
pour qu!on puisse le vider. Ils seront, par leur partie supérieure, en double communication, d'une part, avec la partie supérieure du gér nérateur au moyen d'un tuyau et d'un robinet ; de l'autre, avec la cuvette H", aussi au moyen d'un tuyau et d'un robinet. Ainsi, pour vider le sirop contenu dans l'un des récipients pendant que l'autre se remplit, il ne faudra que fermer le robinet qui correspond à la eu* vette, ouvrir le robinet d'en bas et ouvrir celui qui correspond au générateur : aussitôt le sirop, pressé par la vapeur, coulera avec force, et l'on saura que le récipient est vidé quand la vapeur sortira. Chaque récipient sera muni de verres pour qu'on puisse voir dans son intérieur quand il sera assez rempli, afin que le sirop ne puisse jamais être aspiré dans la cuvette.
« Tel est l'appareil à concentrer les sirops pour produire un triple emploi de la même chaleur, ce qui économisera les deux tiers du combustible.
« Il ne faudrait qu'ajouter ou retrancher un concentrateur-condenseur pour en faire un appareil à quatre ou à deux emplois de la même chaleur, ce qui économiserait la moitié ou les trois quarts du combustible. »
La disposition générale de l'appareil est bien d'accord avec les phénomènes physiques qui se produisent; mais, au point de vue mafacturier, il présente les plus graves inconvénients. La première chaudière A, chauffée à feu nu, est d'un nettoyage à peu près impossible, et les autres, bien qu'à un degré moindre, présentent le même inconvénient.
1658. Dans un brevet américain accordé à M. Rillieux en 1845, se trouve la description d'un appareil d'évaporation, par la condensation de la vapeur, construit d'après les principes que nous venons d'exposer. Cet appareil ressemble à une chaudière de locomotive ; seulement les deux bottes qui se trouvent aux extrémités des faisceaux de tubes, sont occupées, la première par la vapeur qui doit être condensée, et l'autre par l'eau condensée ; l'espace qui environne les tubes est rempli du liquide à concentrer ; les vapeurs qui proviennent de l'ébullition passent d'abord dans le dôme de la chaudière d'où elles s'écoulent par un large tuyau pour traverser les tubes de la chaudière suivante. Les dispositions employées pour faire circuler les vapeurs, les liquides à concentrer et les eauxrjde condensation, ne présentent rien de particulier. Cette disposition ne laisse pas que d'être compliquée, et elle conserve le principal inconvénient de l'ap-
366 LIVKE IX. — ÉVAPORATION.
pareil Pecqueur, consistant dans la difficulté d'enlever les dépôts, car le nettoyage est loin d'être facile.
1659. Dans un brevet pris en 1850, MM. Cail et C^' ont donné la description d'une nouvelle disposition de condensateur, semblable à celui dont nous venons de parler, mais dans lequel les tuyaux de condensation sont placés verticalement. Elle ne me parait guère plus avantageuse que la première.
4660. La disposition adoptée par M. Robert, dans sa fabrique de sucre, à Seelowitz, près de Brunn (Autriche), nous parait préférable. Elle consiste en une chaudière verticale, divisée en trois parties par deux cloisons horizontales^ réunies par un grand nombre de tubes verticaux ; le Uquide à évaporer remplit une partie du compartiment supérieur, les tubes, et tout le compartiment inférieur, tandis que la vapeur circule dans l'intervalle des tubes. Sous le rapport des frais de construction résultant de la multitude des joints, cette disposition a les mêmes inconvénients que les précédentes ; mais les surfaces intérieures des tuyaux, ainsi que la chaudière, se nettoient évidemment avec une grande facilité, et il ne peut rien se déposer à . la surface extérieure des tuyaux, puisqu'ils ne sont touchés que par la vapeur.
Quant à la marche des opérations, les brevets de M. Pecqueur ne renferment que des idées parfaitement justes ; mais il n'en est pas de même de ceux qui ont été pris depuis. Ainsi M. RiUieux avait admis que les surfaces de condensation de la vapeur devaient augmenter rapidement à mesure qu'on s'éloignait rapidement de la première chaudière. Son appareil était composé de trois chaudières, et les vapeurs produites dans la première se condensaient à la fois dans les deux autres, effet qui ne pouvait évidemment avoir lieu qu'autant que les liquides de ces deux chaudières pouvaient entrer en ébuUition à la même température ; et cependant M. Rillieux y plaçait des liquides de densité différente. D'après cela l'appareil n'était réellement qu'à double effet, et seulement à triple effet en alimentant la première chaudière avec la vapeur sortant d'une machine à haute pression sans condensation, et en comptant l'effet de la vapeur produit par la machine.
Ces observations s'appliquent exactement à l'appareil de MM. Cail et C**. D'après ces constructeurs, si une première chaudière d'évaporation, chauffée à feu nu ou par la vapeur à haute pression, bout à 100** et chauffe par sa vapeur une seconde chaudière, et celle-ci une troisième, et si le vide est maintenu dans la seconde chaudière à