‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 190 sur 283 · CHAPITRE IV. — SÉCHAGE PAR LA CHALEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — SÉCHAGE PAR LA CHALEUR

(le /, Teffet utile sera d'autant plus grand que 6 sera plus élevé. Pour 6 = 15* et pour les valeurs suivantes de i

les valeurs de Teffet utile sont

Examinons maintenant les dispositions les plus convenables des différentes parties du séchoir.

1706. Les appareils destinés à chauffer Tair varient beaucoup dans leurs dispositions, suivant que Ton fait passer dans le séchoir Tair qui a servi à la combustion, ou de Tair qui a reçu par transmission une partie de la chaleur développée dans le foyer. Dans le premier cas, l'appareil se compose seulement d'un foyer, et il faut employer des houilles sèches qui ne produisent pas de fumée, du coke ou du charbon de bois. A la rigueur on pourrait employer un combustible quelconque, si Ton pouvait parvenir à brûler complètement la fumée ; mais, comme nous l'avons vu, tous les appareils qu'on a imaginés jusqu'ici ne la font pas disparaître complètement, et les inconvénients delà fumée dans un séchoir sont trop grands et pourraient occasionner des pertes trop considérables, pour que l'on pût employer des foyers fumivores dont l'effet dépend toujours de l'ouvrier qui dirige le feu. L'emploi de l'air brûlé, même entièrement dépouillé de fumée, représente d'ailleurs de grands inconvénients qui en restreignent l'emploi à un très-petit nombre de cas; une partie des cendres est entraînée sur les objets à sécher, et la nature de l'air qui remplit le séchoir ne permet pas aux ouvriers de s'y introduire. L'air est ordinairement échauffé sans qu'on lui fasse subir aucune altération, et on emploie pour cela des calorifères à air chaud, à vapeur, ou à eau chaude, sur lesquels nous donnerons dans le livre suivant tous les détails nécessaires.

1707. Le séchoir est une vaste chambre, n'ayant d'autres^ issues que les ouvertures par lesquelles arrive le courant d'air chaud, et celles qui laissent écouler dans l'atmosphère l'air saturé d'humidité. Il doit cependant avoir des portes pour le passage des ouvriers et rintroduction des matières à dessécher, et des fenêtres pour éclairer le travail qu'on y fait à la fin de chaque opération ; mais ces ouvertures doivent être peu nombreuses, et fermées pendant le séchage. Les parois de la chambre doivent être en matières peu conductrices de la chaleur, afin que le refroidissement occasionné par l'air

extérieur soit le plus petit possible. Les murs peuvent être en maçonnerie ordinaire, ou en bois et en plâtre.

1708. La disposition des objets à sécher et le mode de distribution de l'air chaud ont plus d'influence sur la saturation de Tair que les dimensions mêmes du séchoir ; car cette saturation dépend uniquement de rétendue des surfaces humides que Tair est obligé de parcourir avant de sortir. Un très-grand séchoir, dans lequel les matières humides seraient mal disposées et auraient une grande épaisseur, pourrait laisser échapper de l'air très-chaud et peu saturé à toutes les époques de l'opération, tandis qu'un séchoir beaucoup plus petit, où l'air sera obligé de circuler sur une grande étendue de surfaces humides minces, ne laissera dégager que de l'air complètement saturé, du moins dans les deux premières périodes (1697).

1709. Les conditions les plus importantes à remplir sont : 1* de ne laisser sortir du séchoir que de l'air complètement saturé, du moins dans les deux premières périodes ; 2"* de ne pas laisser séjourner dans certaines parties du séchoir de l'air sursaturé. Si la première condition n'était pas remplie, il y aurait beaucoup de pertes de chaleur ; et quant à la stagnation de l'air dans certaines parties du séchoir, elle empêcherait la dessiccation des matières qui y seraient placées, et même, dans certaines circonstances, pourrait nuire à leur qualité. Pour satisfaire à ces deux conditions, il faut que la matière à sécher présente une surface uniforménient distribuée dans toute l'étendue du séchoir, et que les ouvertures d'accès et de sortie de l'air chaud soient convenablement placées.

1710. On fait souvent arriver l'air chaud parle bas du séchoir, et on le fait sortir par le haut. Cette disposition du tuyau d'écoulement est très-vicieuse, comme nous l'avons déjà dit, parce que Taif chaud, à son entrée dans le séchoir, étant à une température plus élevée que celui qui s'y trouve, gagne rapidement, sans s'étendre beaucoup, et par le chemin de moindre résistance, le haut du séchoir, d'où il est aussitôt porté à l'extérieur avant d'être saturé ; et si les orifices d'entrée de l'air chaud ne sont pas très-multipUés et uniformément répartis sur le sol, certaines parties de l'air du séchoir restent immobiles, se refroidissent, et laissent précipiter de la vapeur sous la forme de vésicules qui le rendent plus pesant que l'air seulement saturé à la même température. Ces inconvénients peuvent être complètement évités en faisant arriver l'air par la partie supérieure, et en faisant sortir les vapeurs du séchoir par des ouvertures pratiquées au niveau du'sol,communiquant avecdes cheminées suffisammentélevées.

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