‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 192 sur 283 · QUALITÉ · texte numérisé non relu

QUALITÉ

kilofcr.

et la consommation de combustible a toujours été beaucoup plus grande dans le second cas que dans le premier.

1712. Ainsi, nous admettrons comme une condition d'une grande importance, que l'issue des vapeurs doit toujours être pratiquée au niveau du sol du séchoir. Cette circonstance, qui s'oppose à la stagnation de l'air dans certaines parties du séchoir, est en même temps très-favorable à la saturation de l'air chaud ; car l'air chaud se meut rapidement quand il s'élève dans un milieu plus dense, et au contraire il chemine lentement et se distribue uniformément quand il marche de haut en bas.

1713. On augmenterait évidemment l'uniformité du séchage en multipliant les orifices de communication avec la cheminée. La disposition la plus convenable consisterait à mettre dans le séchoir un plancher élevé au-dessus du sol et dont les planches seraient espacées de quelques centimètres, et à établir la communication avec la cheminée au-dessous du plancher.

1714. Les cheminées d'évaporation peuvent être en planches, en plâtre ou en maçonnerie légère. Il est toujours avantageux d'en avoir plusieurs, quand le séchoir a de grandes dimensions, pour rendre le mouvement de Tair plus uniforme dans toute retendue du séchoir.

1715. Le tirage naturel de la cheminée d'évaporation, abstraction faite des frottements, se compose du tirage résultant de la colonne d'air chaud qui débouche au sommet du séchoir, augmenté de celui de la cheminée elle-même, et diminué du tirage du séchoir. Connaissant, d'après ce que nous avons dit précédemment, la température de Tair chaud dans le canal d'accès, celle du séchoir et celle de la cheminée, on en déduira d'après la formule (547) la charge produisant l'écoulement, et par suite la section que devrait avoir la cheminée si elle ne donnait issue qu'à l'air qui a pénétré dans le calorifère ; et en multipliant cette section par le rapport du volume total de vapeur et d'air au volume d'air, on obtiendra la section que devrait avoir la cheminée, si l'air et la vapeur n'éprouvaient pas de résistance dans leur chemin ; mais comme ces résistances ne proviennent que du frottement, et que la' vitesse est très-petite dans le séchoir, on sera toujours assuré, en doublant la section, d'avoir un excès de tirage. Supposons, par exemple, que le séchoir ait 6 mètres de hauteur, le canal d'air chaud 8 mètres, la cheminée 12 mètres, et que la température de l'air chaud soit de 140''; celle de l'air extérieur étant de iS"", la température du séchoir et celle de la cheminée seront d'environ 40*, on aura

l+ai= 1,513 et 1 +at, = 1 +a<, = 1,146,

d'où

1,055X1,513 — J,io,

et par suite, la vitesse d'accès de l'air froid sera :

Supposant une consommation de houille de 20 kilogrammes'par heure, un effet utile dans le calorifère de 0,75, la quantité de chaleur qui passera dans l'air par heure sera de 120000 calories, c'est-à-dire de 32%32 par seconde : et comme un mètre cube d'air, échauffé de 15 à 140"", absorbe à peu près 38 calories, le volume d'air froid qui pénétrera dans le calorifère par seconde sera de 0"%87 ; et comme

CHJLPITRE IV. — SACBAGE PAR LA CHALEUR. 397

la vitesse est de 7* ,24, la section d'entrée sera de O^ijH. La tension de l'air sec dans de l'air saturé à iC" étant égale à 0,707, le volume saturé est au volume d'air sec dans le rapport de 0,76 à 0,707 qui est de 1 ,077 ; par conséquent la section de la cheminée devrait être égaleàO-^,12. 1,077 ''0'"<<,13. Il faudrait donner 0'^,24 de section aux canaux de circulation de l'air chaud, et 0'°^,26 k la section de la cheminée.

i7!6. On peut augmenterle tirage de la cheminée d'évaporation en augmentant la section ; il y a une certaine inOuence résultant de l'accroissemenl de section, et la vitesse étant diminuée, te frottement l'est également. Cette résistance pourrait être regardée comme nulle si la section était trois ou quatre fois plus grande que la section théorique (587). Il y aurait alors à craindre raction des vents ; mais on s'y soustrairait complètement en rétréci^ant l'orifice supérieur, de manière que les sections d'entrée et de sortie fussent égales. Il sera toujours utile de garnir le sommet de la cheminée d'un chapeau qui s'oppose à l'induence des vents, ou, mieux encore, d'un appareil qui utilise la vitesse du vent et la fasse concourir au tirage.

1747. On peut aussi activer le tirage de la cheminée d'évaporation, en y plaçant la cheminée du calorifère, qui doit alors être en tôle ; son sommet doit dépasser celui de la cheminée enveloppante, et chacune d'elles doit être terminée par un chapeau {/îg. 389], afin d'éviter que la fumée ne soit refoulée dans le séchoir. On pourrait faire déboucher la cheminée à fumée à une certaine hauteur dans la cheminée d'évaporation; si la cheminée à fumée s'élevait à quelques mètres, le tirage du foyer ne sérail pas sensiblement diminué, et celui de la cheminée d'évaporation serait beaucoup augmenté ; mais cette disposition serait dangereuse si les matières à sécher étaient altérables par la' f.. ^^^ fumée.

1 71 8. Indépendamment de la chaleur perdue pour l' évapora lion de l'eau renfermée dans les matières à sécher, il y a dans les séchoirs plusieurs autres causes de perte qu'il est nécessaire d'examiner, afin de voir quels moyens on pourrait employer pour les éviter, ou du moins pour les diminuer. '

1719. La première est la perle de chaleurà la fin du séchage par l'ail- chaud qui se dégage sans ëti'e saturé. On peut l'éviter complètement par une disposition très-simple et d'une exécution facile.

Le séchoir est divisé en deux chambres égales A et B {fig. 390) par deux cloisons verticales, séparées par un intervalle suffisant pour que la section horizontale de l'espace qu'elles comprennent excède celle de la cheminée d'évaporation. Ce canal vertical intérieur est muni, à la partie inférieure et de chaque côté, d'ouvertures qui régnent dans toute la longueur, et qui sont garnies de registres mobiles a y a\ b, b\ au moyen desquels on peut faire communiquer la partie inférieure de chaque chambre avec la partie supérieure de l'autre. Au centre de chacune des chambres se trouve un tuyau vertical qui amène l'air

Fig. 390.

chaud ; chaque chambre communique par le bas avec la cheminée d'évaporation, et les orifices de communication sont pourvus de registres C,C et C',C'. Les deux chambres étant remplies de matières à sécher, supposons qu'on fasse arriver l'air chaud dans la chambre A, les registres a et a' étant fermés, tout se passera comme dans un séchoir ordinaire ; mais aussitôt que la température du mélange d'air et de vapeur dépassera la température à laquelle l'air cesse d'être saturé, on ouvrira les registres a\ A et C, et on fermera les registres C ; Tair chaud, arrivant toujours à la partie supérieure de A, passera à la partie inférieure de B, et de là dans la cheminée. Quand les matières de A seront complètement sèches, on fermera les registres a! et by et on fera arriver l'air chaud dans B ; on enlèvera les matières sèches de A en les remplaçant par des matières humides. Lorsque l'air sortira de B à une température supérieure à la limite de saturation, on fera passer l'air de B à la partie supérieure de A, en ouvrant

Page 1