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CHAPITRE XIII

Sèchag^e des matières pnlvèrnleiites.

1814. Le séchage des matières pulvérulentes peut s'exécutera Tair libre comme celui de toutes les autres substances ; mais ce mode de séchage présente beaucoup plus de difficultés pour les corps dont il s'agit, parce que, ces corps ne pouvant être étendus que dans le sens horizontal, leur dessiccation exige un espace très-grand, disposé d'une manière particnUère. C'est cette méthode que Ton emploie dans tous les moulins à farine dans lesquels on lave le blé ; ce dernier est séché sur des aires pavées exposées à l'air libre.

18io. Mais quand le séchage doit être prompt et continu, on emploie les mêmes procédés que nous avons déjà indiqués pour les tissus; on place les matières en couches minces dans un espace où Ton fait circuler de Tair chaud, ou sur des surfaces métalliques que Ton chauffe directement par Tair chaud ou par la vapeur. La seule difl'érence entre ces séchoirs et ceux dont nous avons déjà parlé, consiste dans la disposition des matières dans le séchoir.

1816. Nous ne nous arrêterons que sur quelques modes de dessiccation qui présentent des particularités intéressantes, et d'abord sur celui de l'orge germée dans les brasseries.

1817. On sait que, dans les brasseries, pour disposer Forge à la fermentation alcoolique, on commence par lui faire éprouver un commencement de germination, qu'on arrête , par une dessiccation à Tair chaud, quand elle a acquis le développement convenable. Les séchoirs employés portent le nom de tourailles. Les tourailles sont ordinairement composées d'un plancher a£ de 4 à 6 mètres de côté [fig. 422), formé d'une toile métallique à maille serrée, ou de feuilles de tôle percées d'un grand nombre de petits trous, sur lesquelles on étale l'orge germée, qu'on fait traverser par un courant d'air chaud. En Angleterre, le sol est recouvert de briques également percées d'un grand nombre de petits trous. Le foyer est surmonté d'une voûte, et l'air brûlé se dégage en B par des orifices latéraux où il est mêlé

avec de Tair froid qui pénètre par les conduits C, C ; cette disposition a pour objet d'abaisser la température de Pair brûlé et d'empêcher la combustion des germes qui se détachent des grains et dont la chute dans le foyer produirait une fumée nuisible. On emploie toujours

des combustibles qui ne donnent pas de fumée : du coke, du charbon de bois, des houilles sèches ou certains anthracites. A Paris, on emploie des houilles de Frênes. Au-dessus du sol du séchoir se trouve une chambre garnie d'une cheminée destinée à l'écoulement de l'air chaud et des vapeurs. L'orge germée, en entrant dans la touraille, renferme de 0,34 à 0,38 d'eau. La dessiccation doit s'effectuer lentement; car si la température était portée brusquement à OO"", la fécule se convertirait en empois, et celui-ci, par sa dessiccation, formerait un corps dur qui se délayerait difficilement dans l'eau. La température finale varie suivant la nature de la bière qu'on veut fabriquer. L'épaisseur de la couche est de 0",lo à 0",20. L'opération dure de 36 à SO heures.

1818. Pour éviter les inconvénienU qui peuvent résulter du chauffage par la combustion directe, on peut employer un calorifère quelconque disposé de manière à répartir l'air chaud à peu près uniformément dans la section de la touraille, et par conséquent à produire une dessiccation uniforme, ce qui n'arrive pas dans les tourailles à chauffage direct ; car l'air chaud, en sortant du foyer, s'élève rapidement et doit plus chauffer le centre du plancher que les parties environnantes.

1819. Ce mode de séchage doit occasionner une grande perte de chaleur, surtout à la fin de l'opération, parce que l'air ne sort pas saturé. Dans quelques établissements on a évité l'inconvénient que je viens de signaler en employant des tourailles è deux étages dont \e% planchers en toile métallique sont couverts d'orge germée. Indépendamment de l'économie de combustible, cette méthode doit être plus avantageuse que l'ancienne, parce que l'orge de l'étage supérieur sèche lentement et qu'il ne se forme pas d'empois.

Fig. 422.

CHAPITRE xm. — SÉCHAGE DES HATIÉBES PULVÉRULENTES. 461 1820. La ligure 423 représente ia disposition d'une louraille continue, construite dans une grande brasserie de Louvain par M. Lacambre. ingénieur distingué, et auteur bien connu par ses travaux sur la fabrication de la bière et la distillalion. L'orge est séchée sur des cadres en fer inclinés A,A..., garnis de toiles métalliques, mobiles autourde leurs centres, auxquels la tige verticale BB imprime des secousses continues qui font tomber l'orge, successivement d'un cadre sur l'autre ; chaque châssis dépasse le précédent de (r,12. L'orge est amenée d'une manière continue à l'extrémité la plus élevée des deux châssis supérieurs par destuyau\C. DDest un plancher sur lequel l'orge tombe après sa dessiccation. L'espace E est occupé par les calorifères ; l'espace voisin par un tarare destiné à nettoyer l'orge desséchée.

Les deux calorifères ont ensemble 100 mètres carrés de surface de chauffe ; on y brhle 450 kilogrammes de houille en 12 heures, et on sècheSO hectolitres de malt, ren- Fig. *M. fermant chacun de 27 à 36 kilogrammes

d'eau. Chaque kilogramme de combustible évapore donc de 4^,7 à 2*,2 d'eau. D'après M. Lacambre, pour dessécher 100 hectohtres de malt, on consommait de 1100 à 1200 kilogrammes de houille dans les anciennes tourailles à 2 étages, et seulement 900 dans l'appareil que nous venons de décrire.

1821. Dans ces différents modes de dessiccation, la chaleur est fort mal employée, car on n'utilise qu'une très-petite partie de celle que produit la combustion; en outre, les appareils me semblent difficiles à conduire et à diriger, de manière à graduer le séchage et à atteindre à la fin la température déterminée parla nature de la bière qu'on veut produire. On arriverait certainement à de meilleurs résultats en opérant la dessiccation dans des vases de quelqlies mètres carrés de section, à double fond, le fond supérieur étant formé d'une toile métallique serrée, et l'intervalle des deux fonds recevant un courant d'air chaud lancé par un ventilateur, courant dont on pourrait à volonté régler la vitesse et la température. Celte disposition permettrait de faire varier l'épaisseur de la couche de matière.

el de l'agiter du inoins vers la fin de l'opération. On pourrait aussi effectuer le séchage dans le vide, en chauffant le vase extérieurement au bain-marie par un courant d'eau chaude, dont on réglerait facilement la température et la vitesse ; maisU faudrait renouveler continuellerfient les matières en contact avec le vase, car autrement la chaleur se transmettrait difficilement dans la masse. A mon avis, la première disposition serait bien préférable.

1822. La figure 424 représente une autre disposition de séchoir, imaginée aussi par M. Lacambre. La matière à dessécher est étalée surSplanchers A, A..., inclinés successivement en sens contraire; un calorifère a, b, c, d, placé au bas du séchoir, chauffe un courant d'air chaud qui. entrant par l'orifice 0, parcourt successivement tous les étages el s'échappe dans une cheminée par l'orifice 0'. La matière à sécher est descendue périodiquement d'un étage au suivant, par des portes latérales B, B.... ; elle est enfin reçue dans un sac S placé à la partie inférieure. Par cette disposition, l'air chaud parcourt successivement les toiles et les surfaces des corps à sécher, mais ne passe pas nécessairement à travers leur épaisseur. Il est évident qu'on le forcerait à suivre ce chemin, en fermant, pendant les intervalles de déplacement de la matière , les plus petites disais. iM. tances des étages. Cet appareil a été principalement appliqué à la dessiccation de la fécule; il pourrait l'être également à la dessiccation du malt.

1823. On peut obtenir la continuité dans les appareils de dessiccation des matières pulvérulentes par les mêmes moyens que dans la dessiccation des étoffes. La figure 425 représente un appareil trèssimple, qui satisfait complètement à cette condition. A et B sont deux rouleaux placés dans une caisse fermée, et autour desquels se trouve une toile sans Gn, mise en mouvement par la rotation que Ton imprime à l'un des rouleaux. La matière à sécher tombe sur la toile sans fin par la trémie C ; et, après avoir parcouru ia longueur de la caisse, elle est reçue dans la trémie D. L'air chaud arrive à l'extrémité E et sort à l'extrémité opposée F, par des tuyaux recUngulaires de la largeur de la caisse ; son mouvement est produit par

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