CHAPITRE I. — DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR EN GÉMÉRAL
passent à travers deux barrettes de fer s'appuyant surlos bords de la tubulure. Pour rendre le joint hermétique, on interpose du mastic au minium avec de la filasse, ou tout autre mastic, ou bien encore une rondelle de caoutchouc, ou enfin une rondelle de plomb enduite de mastic, entre les surfaces de contact.
1036. Les bouilleurs sont terminés à l'arrière par une surface convexe, et en avant par un manchon en fonte, fermé, comme le trou d'homme, par un autoclave tout semblable au précédent et représenté figures 189 et 190. La tdle est rivée sur le manchon en fonte, qu'on appelle tête de
bouilleur. Les extrémités d'avant des bouilleurs s'appuient sur une ou deux barres de fer placées derrière la plaque de fonte sur laquelle sont posées les portes du foyer et du cendrier. A une certaine dis- Fig. is9. Fig. im. tance de la face antérieure
du fourneau, au delà du foyer, les bouilleurs reposent sur des chandeliers en fonte. Les chaudières sont ordinairement soutenues par des oreilles en fer assez prolongées pour porter sur le plein de la maçonnerie ; d'autres fois ces oreilles sont courtes et s'appuient sur des chandehers en fonte logés dans les parois des carneaux et d'une hauteur suffisante pour qu'ils puissent reposer sur une maçonnerie plus sohde.
1037. Dimensions des chaudières. — Dans tous les cas qui peuvent se présenter, la quantité de vapeur à produire par heure est déterminée par l'elTet qu'on veut obtenir. La quantité de combustible à brûler s'ensuit nécessairement ; en effet, la quantité de chaleur emportée par le gaz dans la cheminée étant à peu près )e quart de la chaleur totale développée par la combustion, il en résulte que, s'il n'y avait pas d'autres pertes, les 3/4 de la chaleur seraient absorbés par la chaudière, et par conséquent, en multipliant par 4/3 la quantité de combustible théoriquement nécessaire à la production de la vapeur demandée, on aurait celle qui doit être consommée. Ce calcul donnerait à peu près 9 kilogrammes de vapeur par kilogramme de houille. Mais on est loin d'obtenir un pareil résultat avec les chaudières et les foyers ordinaires ; la production la plus habituelle de vapeur par kilogramme de houille est comprise entre 6
et 7 kilogrammes. Cette différence provient de la perte de chaleur par la surface du fourneau, de Tair qui pénètre à travers la maçonnerie, de rimperfection de la combustion et d'un trop grand excès d*air admis dans le foyer, et de l'ouverture des portes. Ainsi on n'obtient guère que la moitié de l'effet utile que le combustible pourrait produire : c'est le résultat sur lequel on peut compter au minimum pour tous les combustibles ; et, pour l'obtenir, il est même nécessaire que la chaudière et les carneaux aient les dimensions convenables.
Remarquons d'abord que la capacité de la chaudière est sans influence, car la chaleur n'est reçue que par la surface chauffée.
La chaleur qui se produit dans le foyer se dissipe, comme nous l'avons dit, de deux manières différentes : par le rayonnement et par les gaz chauds qui s'échappent. Une partie de la chaudière s'échauffe par le rayonnement et parle contact des gaz chauds, et une partie seulement par ce dernier mode. On conçoit facilement qu'à mesure que la chaudière est plus longue, la fumée se trouvant en contact avec elle dans une plus grande étendue se refroidit toujours davantage, et qu'il existe une longueur de circuit au delà de laquelle la fumée a seulement la température de 300° à laquelle elle est ordinairement abandonnée dans la cheminée.
Il résulte de là que chaque mètre carré de surface de chauffe absorbe une quantité de chaleur qui diminue très-rapidement, depuis le foyer jusqu'à l'extrémité de la chaudière abandonnée par la fumée, attendu que l'influence du rayonnement diminue à mesure que l'inclinaison des rayons et la dislance augmentent ; et que la température de la fumée décroît aussi très- rapidement, à mesure qu'elle s'éloigne du foyer, par le fait même de l'absorption de la chaleur.
1038. On a fait des expériences assez exactes pour déterminer la quantité de chaleur qui peut passer à travers un mètre carré de surface de différents métaux exposée au feu le plus ardent, et de la manière la plus avantageuse. D'après M. Christian, le maximum de vapeur que peut produire dans une heure i mètre carré de surface de chaudière de fonte exposée au feu le plus violent et entièrement plongée dans la flamme est de 100 kilogrammes. M. Clément a obtenu le même nombre pour une chaudière de cuivre de 3 millimètres d'épaisseur placée dans les mêmes circonstances. Il résulte de là, comme nous l'avons déjà dit, que la nature et l'épaisseur du métal sont sans influence sur la quantité de vapeur produite, et qu'on doit admettre que, pour la partie de la chaudière qui se trouve immédiatement au-dessus du foyer, chaque mètre carré de surface