‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 56 sur 283 · CHAPITRE VII. — FOURNEAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — FOURNEAUX

d'une ouverture, ordinairement fermée ou par des briques ou par des plaques de tôle ou de fonte ; cette ouverture sert à enlever de temps en temps la suie qui s'accumule contre la surface des chaudières, et qui diminue de beaucoup la quantité de chaleur transmise.

1205. Tout ce que nous venons de dire relativement aux chaudières composées d'un seul corps cylindrique horizontal est appUcable aux chaudières à bouilleurs ; nous avons seulement une observation à faire relativement à la position de la voûte qui sépare le cameau des bouilleurs de ceux de la chaudière.

Dans les anciennes chaudières, le cameau des bouilleurs était formé par deux rangées de briquetage buttant contre les bouilleurs en leur milieu et par une autre rangée posée dans Textra-dos des bouilleurs, comme on le voit fig. 273 ; mais par cette disposition on perdait complètement, comme surface de chauffe, la moitié de la surface des bouilleurs, parce que leur partie supérieure se recouvrait de cendres qui diminuaient beaucoup la transmission. Maintenant on place cette fermeture à la partie supérieure, de façon à utiliser à peu près les trois quarts de la surface des bouilleurs, ou bien on établit une voûte surbaissée un peu au-dessus des bouilleurs, comme on le voit fig. 276.

1206. On donne ordinairement aux carneaux latéraux, comme nous l'avons déjà dit, la section minimum de la cheminée, ou une section décroissante du foyer à leur extrémité ; mais il parait, d'après quelques faits pratiques, qu'il y aurait de l'avantage à leur donner une section beaucoup plus grande ou beaucoup plus petite. Malheureusement les phénomènes qui se produisent dans la transmission de la chaleur de l'air chaud aux surfaces du générateur . sont trèscompHqués, et des considérations théoriques ne peuvent conduire qu'à des aperçus. Dans le cas que nous considérons, un courant d'air chaud, qui parcourt un canal, chauffe directement les surfaces de la chaudière et des carneaux ; la chaleur de ces derniers se transmet par rayonnement à la chaudière, et les veines d'air refroidies reprennent lentement de la chaleur aux veines centrales, soit par une propagation directe, soit par les mou vements qui résultent du frottement ou des différences de température, et des changements de section ou de direction. Supposons que la section des carneaux soit beaucoup diminuée, la surface de chauffe restant la même, de manière que l'air qui parcourt la surface de là chaudière ne forme qu'une lame Irès-mince, la vitesse de l'air sera beaucoup augmentée; la transmission de la chaleur des veines centrales à celles qui touchent la

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chaudière s'effectuera très-rapidement ; Tair se refroidira plus vite dans le même trajet ; sa température à la sortie sera plus abaissée, et Teffet utile des surfaces de chauffe sera augmenté ; mais il en résulte nécessairement un accroissement de résistance. Si Ton suppose, au contraire, que les cameaux aient une grande section, le mouvement sera très-lent, les veines refroidies par leur contact avec la chaudière auront plus de temps pour reprendre la chaleur aux couches centrales; les mouvements résultant des différences de température pourront se produire facilement ; il se formera des courants descendants contre les surfaces de chauffe ; et si, en même temps, on a donné aux carneaux un profil qui en augmente sensiblement la surface qui rayonne sur la chaudière, on conçoit que, dans ce cas encore, l'effet utile des surfaces de chauffe doive être augmenté. Pour éviter la fréquence des nettoyages, on donne aux carneaux une section sensiblement plus grande que le minimum nécessaire ; mais il faut avoir soin de faire les. cameaux latéraux étroits à

leur partie supérieure et de faire sortir la fumée au bas du dernier parcours.

1207. Les fourneaux se construisent en briques; Tintérieur du foyer et le cameau qui le suit doivent toujours être en briques suffisamment réfractaires liées entre elles par de la terre à brique ; pour la masse du fourneau, on emploie des briques ordinaires réunies par du mortier de chaux et de sable fin.

Il est utile d'établir au-dessous du carneau inférieur un espace voûté, pour diminuer la transmission de la chaleur dans le sol, et pour faciUter le dépôt des cendres en interrompant cette voûte en certains points de sa longueur.

1208. Il est bon d'élever la maçonnerie à la hauteur des tubulures qui portent les différents appareils de niveau, de sûreté, d^alimentation et d'écoulement de la vapeur, et enfin de recouvrir la partie supérieure de la chaudière, afin de diminuer la quantité de chaleur perdue par le rayonnement.

1209. On emploie rarement une seule chaudière, du moins quand le travail ne doit pas éprouver d'intermittence. Dans les grands appareils, il y a toujours trois ou quatre chaudières, quand deux ou trois suffiraient. On les place à côté les unes des autres, afin de diminuer la perte de chaleur par les parois exposées à l'air. Mais il est utile de ne pas les rendre solidaires, et de les isoler les unes des autres par des intervalles vides ménagés dans la maçonnerie.

1210. La dilatation des briques et l'insuffisance de leur liaison

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