CHAPITRE VIII. — liNCRUSTATIONS DES CHAUDIÈRES
obtenu pour en former le véritable degré de Teau soumise à l'expérience.
1272. Le degré hydrotimétrique fournit une première indication précieuse sur la nature de Teau essayée ; de nombreuses analyses font voir que le poids des sels terreux renfermés dans un litre d*eau, exprimé en centigranunes, est très-près d'être égal au degré hydrotimétrique.
Le tableau suivant fournit le degré hydrotimétrique de différentes eaux recueillies et essayées par MM. Boutron et Boudet :
Eau disimée 0<»,0
de neige recueillie à Paris 2°,5
de pluie — 3®,5
de l'AUier — à Moulins. . . . 3^,5
delaDordogne — à Libourne. . 4% 5
de la Loire — à Tours 5«,5
du puits de Grenelle 9<*,0
du puits de Passy i\^fi
de la Soude et de la Somme-Soude. 1 3<^,5
du Rhône i5«
de la Saône 15<^
de l'Yonne IS»
de la Seine (pont d'Ivry). IS» à 17»
— à ChaUlot 230
de la Marne, à Gharenlon 23«
de l'Oise, à Pontoise 21®
de la Dhuis, à la source 24^
de FEscaut 24«,5
du canal de FOurcq 30<>
d'Arcueil 28*»
des Prés-Saint-Gervais. . . 72<>
de BelleviUe 1 28o
Cette dernière eau, celle de BelleviUe, décomposerait 12"*,800 de savon, par mètre cube, avant de produire la mousse.
1273. On peut, au moyen d'essais hydrotimétriques, déterminer très-rapidement la composition quantitative d'une eau, du moins au point de vue des substances intéressantes en ce qui concerne le sujet qui nous occupe.
Pour déterminer Tacide carbonique libre, les sels de chaux et de magnésie renfermés dans une eau, on fait les quatre opérations suivantes :
1* Détermination du degré hydrotimétrique de l'eau elle-même ;
2^ Détermination du degré de cette eau après avoir précipité la chaux au moyen de l'oxalate d'ammoniaque ;
S'^Déterminalion du degré sur la même eau, après Tavoir fait bouillir doucement pendant une demi-heure, avoir rétabli son volume primitif au moyen d'eau distillée, et après l'avoir filtrée après agitation;
4° Détermination du degré de l'eau bouillie et filtrée, après précipitation par l'oxalate d'ammoniaque.
Le troisième résultat doit subir une correction qui consiste à retrancher 3"" du titre obtenu ; ces trois degrés représentent la quantité de carbonate de chaux qui reste en dissolution dans l'eau après le refroidissement.
La différence {a) entre la première et la deuxième déterminatiop représente les sels de chaux.
La différence {b) entre la première et la troisième corrigée représente le carbonate de chaux et F acide carbonique,
La quatrième détermination [c) représente les sels de magnésie. En ajoutant [a] et [c) et retranchant du degré perçu par la première détermination, on a le degré (rf) qui représente Vacide carbonique; [d) étant retranché de (b) fournit le degré [e) qui représente le carbonate de chaux ; {e) retranché de [a) fournit le degré qui représente les autres sels de chaux.
Pour déterminer l'acide sulfurique et le chlore qui entrent dans la composition des sels contenus dans l'eau, on se sert de dissolutions titrées d'azotate de baryte (2^',14 pour 100 grammes d'eau) et d'azotate d'argent (2s',78 pour 100 grammes d'eau), représentant 20** pour chaque centimètre cube de liqueur. Si l'on veut déterminer l'acide sulfurique, après avoir obtenu le titre de l'eau, on y ajoute l'équivalent du titre en dissolution d'azotate de baryte. On laisse déposer et on filtre ; on détermine le nouveau titre, et en le retranchant du double du titre de l'eau, on obtient le degré qui représente l'acide sulfurique ; pour le chlore, on agit de même en substituant l'azotate d'argent à l'azotate de baryte.
On passe facilement du degré hydrotimétrique qui représente une substance à la quantité de celte substance renfermée dans l'eau au moyen du tableau suivant, qui fournit le poids de chaque substance entrant en dissolution dans un Utre d'eau par chaque degré hydrotimétrique qui le représente.
Chaux 0,0!'57
Chlorure de calcium (>,0I 14
Carbonate de chaux 0,01o:j
Sulfate de chaux u,0 140
Magnésie 0,0042