‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 88 sur 283 · GUAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS Â VAPEUR · texte numérisé non relu

GUAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS Â VAPEUR

reiir placé au-dessus même des bouilleurs ; ce réchauffeur est formé de quatre rangées horizontales de tubes au ;iombre de six dans chaque rangée ; ces tubes sont en fonte et ont C^iO de diamètre intérieur et 0''yi2 de diamètre extérieur; des plaques reposant sur les tuyaux forment les canaux de passage de Tair chaud qui circule en sens inverse de Teau d'alimentation ; ces plaques peuvent être enlevées pour faciliter le nettoyage.

Comme disposition particulière de cette chaudière, il faut noter remploi de trois tubulures par chaque bouilleur ; ces tubulures se prolongent dans le corps cylindrique jusque vers le niveau de l'eau et elles sont recouvertes d'un chapeau qui a pour but de prévenir l'entraînement et la projection de Teau. Cette disposition qui complique la construction nous parait peu utile.

Avec ces appareils, h fumée est refroidie jusqu'à 150 ou ISO"*; l'eau d'alimentation est chauffée jusqu'à 110"* environ avant son entrée dans la chaudière; la vaporisation s'élève de 7^9 à 8^,9 par kilogramme de houille.

1327. Les réchauffeurs permettent un plus grand refroidissement de la fumée; en outre, ils présentent le grand avantage d'éviter en partie les dépôts et les incrustations dans les chaudières et les bouilleurs. La précipitation des sels commence à se produire dans les réchauffeurs, qui sont bien moins sujets à se brûler puisqu'ils sont en contact avec de la fumée déjà refroidie.

1328. M. Scheurer-Kestner a étudié les altérations spéciales auxquelles sont soumis les réchauffeurs en tôle [Bulletin de la Société de Mulhouse, ISll).

Ces altérations sont de deux sortes et sont dues à deux causes différentes suivant qu'elles se produisent à l'intérieur ou à l'extérieur du réchauffeur.

Dans la corrosion intérieure, le fer se rouille; l'oxygène est fourni par l'air que 'l'eau tient en dissolution ; cette oxydation est favorisée par la présence de l'acide carbonique ; après quelques mois, surtout si l'eau est chargée d'acide carbonique, l'intérieur de la chaudière, et surtout à la tête des rivets, est garni d'une poudre ocreuse, mélange de carbonate et d'oxyde de fer. On comprend facilement que cette altération ne 3e produise qu'à peine dans les chaudières où rébuUition immédiate chasse l'oxygène. Les eaux calcaires fournissent une oxydation plus lente. La corrosion extérieure provient de l'action des produits acides de la combustion sur le métal ; tant qu'il n'y a pas condensation de l'eau que contient la fumée, Faction

est nulle ou à peu près ; aussi les gaz chauds n'agissent pas sur les chaudières ou les bouilleurs d'une façon sensible. Mais sur les parties froides des réchaufleurs Teau se con(|ense en dissolvant l'acide sul- . fureux qui passe à l'état d'acide sulfurique et attaque le fer.

AThann, une chaudière était munie de six réchaufleurs ; dans le premier l'eau était à IS""; dans le. second à 30""; dans le troisième à 40"" et dans le quatrième à 50*" ; après trois ans de marche jour et nuit, les deux premiers réchauffeurs étaient fortement attaqués, le troisième l'était peu, le quatrième n'avait presque rien; c'est qu'en effet, l'oxygène commence à se dégager de l'eau qui le dissout à une température voisine de 40 ou 50°. En Alsace, la durée moyenne des réchauffeurs est de huit à quinze ans ; on parvient à diminuer l'attaque en recouvrant intérieurement le réchauffeur de peinture à l'huile ou de goudron ; on peut étamer l'extérieur des portions les plus froides. Il est bon, quand on le peut, d'alimenter avec les eaux de condensation déjà portées à une température de 30 à 40**, après avoir pris soin, quand cela est nécessaire, de les débarrasser des matières grasses qu'elles peuvent contenir. M. Scheurer-Kestner conseille la substitution de la fonte au fer pour la construction des réchauffeurs au moins au point de vue de la résistance aux causes d'altération indiquées plus haut.

1329. M. Beslay a construit, il y a longtemps déjà, des chaudières disposées d'une manière particulière. La chaudière de M. Beslay, destinée à produire de la vapeur à 5 atmosphères, est composée de deux bouilleurs verticaux de 3 mètres de longueur, communiquant avec une chaudière horizontale placée au-dessus. Le foyer est à coke et placé au-dessus des bouill^rs ; l'air chaud s'élève immédiatement dans une cheminée verticale qui environne les bouilleurs, mais qui est divisée en deux parties par une cloison qui sépare ces tubes. L'air brûlé circule ensuite une seule fois sous la chaudière, et s'échappe par un très^court' tuyau de tôle. De la grille au sommet de cette courte cheminée la distance est de 5 mètres. La partie inférieure des bouilleurs est fermée par une pièce de cuivre, composée d'un anneau et d'une calotte réunis par une soudure forte ; l'anneau est garni d'un croisillon intérieur, fixé à une tige de fer verticale qui passe à travers une tubulure de la chaudière, où elle est fixée par un écrou. Par cette disposition, le joint du bouilleur avec la pièce de cuivre est d'autant plusétanche que la température est plus élevée, attendu que les bouilleurs se dilatent plus que la tige de fer. Chaque bouilleur renferme un tube d'un petit diamètre, qui s'ouvre

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