CHAPITRE 111. — > CnAUFFAGB ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION
2657. On a quelque peine à s'expliquer les différences de température qui se sont produites dans ces deux soirées entre Textérieur et rintérieur ; le 30 mai cet excès était de i^'JS à 5''y75 tandis qu'il s'élevait entre 9*,38 et O'^JS, le 24 mai ; or l'évacuation a été de 61 718 mètres cubes le 30 mai et de 56675 mètres cubes le 24 mai, le nombre des spectateurs a été de 1361 le 30 mai et de 950 seulement le 24, soit 45 mètres cubes environ par spectateur pour le 30 mai et 59 mètres cubes le 24 ; si l'on ne considère que les spectateurs comme cause d'échauffement, on voit que la différence des températures aurait dû être plus faible le 24 que le 30 parce qu'il y avait une alimentation plus grande par chaque spectateur ; mais il faut dire que les autres causes d'élévation de température, chaleur transmise par le plafond lumineux, gaz de la rampe, etc. , sont les mêmes et que, comme Tévacuation totale était un peu plus faible le 24 mai que le 30, réchauffement de l'air par ces dernières causes devait être un peu plus grand le 24 ; mais il ne pouvait y avoir qu'un excès de 1/10 au plus résultant de ces causes, puisque l'évacuation ne diffère pas plus de 1/10 dans les deux cas ; on doit donc en conclure qu'il devait y avoir dans la répartition de Tair distribué dans la salle une irrégularité considérable qui peut seule expliquer la variation de la différence des températures dans ces deux observations ; cette variation était du simple au double, soit de 5*,5 à 9**,5 en moyenne.
2658. Il est certain qu'avec une ventilation effective, c'est-à-dire d'air neuf arrivant aux différentes places en volume suffisant, on aurait plus de fraîcheur en été qu'on en a obtenu au Théâtre-Lyrique ; surtout si on pouvait augmenter la ventilation suivant les besoins et en particulier quand la température s'élève, ce qui serait facile en employant le système de la pulsion.
2659. On n'a pas fait d'expériences sur les variations de la ventilation pendant la représentation et les entr'actes ; ces variations doivent être très-sensibles, car l'appel par l'éclairage ne peut pas être réguUer. En effet, pendant les entr'actes on donne tout le gaz et on le diminue considérablement pendant les actes ; de plus, les effets de scène sont des causes plus ou moins répétées de diminution dans la dépense de lumière ou de gaz: on a observé au Théâtre-Lyrique que l'on brûlait trois fois à trois fois et demie plus de gaz pendant les entr'actes que pendant les actes à durée égale. En mai 1863, la température dans la cheminée du plafond lumineux a été en moyenne pendant la semaine qu'ont duré les expériences de 30'' pendant les
actes et de 61'' pendant les entr'actes ; il résulte donc du système employé que l'appel est très-énergique alors qu'une partie des spectateurs sont sortis et que le plus grand nombre des portes sont ouvertes ; aussi les spectateurs qui restent dans la salle sont-ils exposés à des courants d'air parfois insupportables ; en hiver, la salle se trouve en outre refroidie pendant l'entr'acte d'une manière fâcheuse^ si elle était auparavant à température convenable. Quand la représentation reprend son cours, l'appel est réduit à sa limite inférieure afin d'économiser le gaz. Pour obtenir quelque régularité dans l'emploi de ce moyen d'appel, il faudrait recourir à des complications fort peu pratiques, qui n'avaient été d'ailleurs ni imposées ni appliquées au Théâtre-Lyrique, et qu'un personnel intelligent ne parviendrait pas toujours à faire fonctionner à point nommé.
L'emploi du plafond lumineux a été abandonné au théâtre de la Gaieté et il n'a pas été repris au Théâtre-Lyrique lors du rétablissement de ce dernier après son incendie.
2660. Indépendamment des motifs que nous avons donnés et qui ont mené à l'abandon des plafonds lumineux, il en est un autre qui présente une grande importance, c'est que l'éclairage ainsi obtenu est désagréable ; les flammes des becs oscillent par suite de l'afflux de l'air vicié et de sa vitesse ; les becs sont entourés de réflecteurs qui renvoient la chaleur de ce foyer intense sur la tète des personnes assises au rez-dechaussée et dans les galeries découvertes. Si à la perte de lumière (30 à 40 pour 100) qiie cause le verre dépoli, on ajoute celle qui résulte de l'encrassement produit par les poussières et les vapeurs de l'atmosphère de la salle, et si enfin on tient compte de la distance à laquelle ces becs sont placés des places à éclairer, on comprendra facilement qu'un lustre de 2S0becs puisse remplacer avantageusement les 1480 becs d'un plafond lumineux. Toutefois, d'après les températures observées dans la cheminée de la coupole, cette dernière proportion était nécessaire au tirage et une diminution du nombre des becs aurait amené une diminution correspondante dans l'appel.
2661. Au théâtre du Cirque, le système était le mémo qu'au Théâtre-Lyrique. Le programme exigeait qu'on pût extraire de la salle 90 000 mètres cubes d'air par heure en se basant sur le nombre de 3 000 spectateurs recevant chacun 30 mètres cubes. La prise d'air devait se faire par qn canal souterrain qui devait déboucher sur la berge de la Seine. Cette alimentation aurait pu fournir de l'air moins pur que celui que fournissait au Lyrique le square Saint-Jac-
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quesy surtout au moment des basses eaux et des grandes chaleurs où Todeur du fleuve est sensible, mais cette prise d'air n'a pas été exécutée à cause de la dépense qu'elle aurait occasionnée. L'alimentation de l'air à chauiler par les calorifères se faisait au trayers de grilles placées sur les trottoirs creux du passage intérieur destiné aux voitures de Tex-empereur, la prise d'air qui fournissait à l'entrée par le cadre du rideau se faisait dans les deux cours voisines de la scène. Par économie l'administration préfectorale apporta au projet officiel quelques modifications qui ont rendu les arrivées d'air et la répartition de la ventilation plus défectueuses qu'au Lyrique.
2662. En 1863, le général Morin fit des expériences à l'Opéra de la rue Lepelletier sur la ventilation et sur la température. Ce théâtre contenait 1 753 places.
En février et en mars, alors que la température pendant les soirée» a varié de 4"* à S^'^la température intérieure de la salle s'est élevée à peu près régulièrement du commencement à la fin de la représentation. A l'orchestre, au commencement, la température qui était de ie*" à 17*" arrivait à 22"" ou 23% ce qui est la température admise normalement pour la salle. Aux places d'amphithéâtre, elle a été, à partir de 9 a 10 heure8,*presque constamment égale à 28 ou 29^ L'excès de la température de ces places du haut sur celles du bas a été en moyenne de 6 à 7". Sur la scène, la température varie souvent de plus de 3 à 4"* pendant la représentation, sa valeur moyenne parait être de 20* ; quand elle descend à 17 ou 18*, les artistes se plaignent, du froid. Mais il faut songer aux courants 4]ui s'établissent de la scène au lustre.
2663. La ventilation de Tancien Opéra, organisée par Darcet, s'opérait au moyen d'air neuf puisé dans les couloirs et débouchant par les doubles fonds des planchers des étapres et sur l'appel de la cheminée du lustre. Le 25 février, los expériences anémométriques faites dans cette cheminée ont donné les résultats suivants : la température qui y régnait au premier acte à 8 heures et demie était de 34", et s'élevait à 36* au dernier acte, la température extérieure étant de 5* ; la vitesse, à la température de 34*, était de 2",43 au pourtour derrière la rosace, et au centre de 2", 87; les passages libres de la rosace offraient une surface de4'',3«') qu'il faut soumettre à une réduction pour tenir compte de la contraction. Le volume d'air écoulé a été de 28253 mètres cubes par heure.
Au dernier acte, la température étant de 36*, la vitesse était au poiu*tourde 2",65 et au centre d'environ 3", 00; le volume d'air
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appelé s'est élevé à 30852 mètres cubes par heure ; le nombre des spectateurs étant ce soir-là de 1 529 ; cette ventilation correspond à 18"%83 par spectateur et à 16*%80 par place, en comptant 1 753 places.
2664. A la salle Yentadour, qui contient 1 330 places, le volume mesuré dans la cheminée du lustre était seulement de 1 1 000 à 12 000 mètres cubes, soit 8 à 9 mètres cubes par place.
2665. Dans ces expériences dernières du général Morin, il n'a pas été fait d'observation sur Tétat hygrométrique de l'air ; comme cette question présente de l'intérêt, nous citerons des résultats obtenus à cet égard par Neumann à l'ancien Opéra, le 19 octobre 1860.
L'air à l'extérieur était à 45 p. 100 de saturation ; à mesure que la représentation se prolonge, la vapeur augmente en quantité dans l'intérieur; observé dans la cheminée, l'état de saturation se maintient un certain temps à 45 p. 100 ; pendant le troisième acte {Sémiramis) il atteint 55 p. 100, la température étant de 32®, ce qui correspond à 18*^15 par mètre cube; à 11^,15', au troisième entr'acte, l'état de saturation est de 50 p. 100, la température est de 36'' ; ain^i au commencement de la représentation l'air n'était pas saturé à moitié, et à la fin il l'a été un peu plus qu'à moitié. Le volume d'air écoulé par la cheminée était de 30 780 mètres cubes à l'heure lorsque la saturation était à 55 p. 100, ce qui à raison de 18 grammes par mètre cube donne 54^", 040 de vapeur d'eau à rheure.
Cette eau provient de la transpiration des assistants et de la combustion du gaz d'éclairage. Neumann a constaté que l'odeur de l'air dans la cheminée était fétide.
2666. D'autres expériences exécutées en décembre pendant un bal, alors que la température extérieure était de — l'*,5, ont donné les chiffres suivants : à 12^,12'la température dans la cheminée du lustre était de 27* et l'hygromètre accusait 10«',4 de vapeur par mètre cube.
A 12'',55', au second étage, la température de la salle était de 22%25 et rhygromètre au même lieu indiquait 12 grammes d'eau par mètre cube ; à 1^,10', au quatrième étage, la température était de 25"* et l'hygromètre accusait 13<%20 de vapeur par mètre cube.
A 1^,35', dans la cheminée du lustre, la température était de 32% et la quantité de vapeur s'élevait à 12<%90 pur mètre cube.