CHAPITRE XI. — CHAUFFAGE DES SERRES. 59i
rectement sur le registre de la cheminée et le ferme de manière à empêcher la combustion. Ce petit appareil est destiné à rendre des services.
3184. En 1837, M. Rohaultfils a construit les magnifiques serres du Jardin des Plantes; j'en donnerai une description succincte extraite du bel ouvrage qu'il a publié sur les constructions du Muséum d'histoire naturelle.
« Les serres dominent une longue terrasse coupée dans son milieu par une pente douce, et se composent de deux grands pavillons de 20 mètres de longueur, 12 mètres de largeur et 15 mètres de hauteur, et de galeries à deux étages présentant ensemble un développement de 170 mètres. Chacun des pavillons est vitré sur trois côtés et sur le comble. Le milieu du pavillon de l'ouest est creusé à 2 mètres de profondeur, pour recevoir les caisses des plantes dont le pied est au niveau du sol des allées intérieures. Ce pavillon renferme les palmiers et les plantes tropicales qui exigent le plus de chaleur : la température ne doit jamais descendre au-dessous de IS"". Une bâche au-dessus du sol a été disposée près du mur du fond pour recevoir les plantes grimpantes qui s'élèvent le long d'un grillage en fer. A la moitié de la hauteur de ce mur, un balcon règne dans toute la longueur. Les galeries à deux étages sont adossées à un mur qui les préserve des vents du nord. Des orifices d'accès de l'air extérieur sont ménagés près du sol de la galerie inférieure. Les galeries du rez-de-chaussée sont divisées en cinq parties, celle du premier étage en trois parties par des cloisons de verre qui permettent de classer les plantes d'après le degré de chaleur et d'humidité qui leur convient. Quelques divisions contiennent des bâches au-dessus du sol, d'autres des bâches enterrées, d'autres des gradins en fer qui rapprochent les planches des vitrages. Des bassins sont disposés dans chacune de ces divisions, et de petits tuyaux percés de trous capillaires y versent une pluie artificielle.
3185. « Il fallait chauffer également dans toutes les parties les deux grands pavillons et les deux rangées de serres à châssis cour- bes, contenant ensemble un volume d'air de 9000 mètres cubes, et dont les parois en verre n'offraient qu'un très-faible obstacle à la répartition de la chaleur. La température d'un des pavillons et celle des serres courbes devait être en tous temps, et quelle que fût celle du dehors, à plus de IS*". L'autre pavillon, destiné aune serre tempérée, n'exigeait que 5^
3186. « Plusieurs moyens se présentaient pour obtenir ces résui-
tats : la circulation de la fumée , comme dans toutes les anciennes serres ; la circulation de Teau chaude, comme dans la plupart des serres anglaises ; la vapeur, comme dans la grande serre de Loddiges près de Londres, et enfln l'air chaud émis par les calorifères, moyen puissant qui est employé à la Chambre des députés. Nous avions eu d'abord Tidée d'employer l'eau chaude mise en circulation ; mais on craignit que les grandes distances qu'elle aurait à parcourir ne ralentissent le service. Les serres du Muséum ne pouvant, quant aux dimensions, être comparées qu'à celles de Loddiges, qui cependant sont moins grandes, on jugea plus prudent d'adopter le système qui y réussit depuis dix-huit ans. La vapeur a donc été employée pour le chauffage permanent, et l'air chaud pour un chauffage supplémentaire, qui ne doit agir que dans les grands froids, parce qu'à cette époque il est important de renouveler l'air sans ouvrir aucun des châssis extérieurs.
« Trois calorifères et deux chaudières à vapeur servent à la production de la chaleur. Les calorifères sont disposés dans une cave qui est située derrière le pavillon de l'ouest. L'air arrive froid près du sol, s'échauffe en parcourant des tuyaux de fonte enveloppés par la flamme du foyer, s'élève dans la partie supérieure de la cave et arrive abondamment dans les serres près des vitrages à une température d'environ 50°. Le courant d'air chaud est déterminé par un appel qui est produit par les foyers et les cheminées des fourneaux. L'air, avant d'entrer dans les serres, passe au-dessus d'un bassin d'eau chaude, dont il se sature, et n'a pas ainsi les inconvénients du chauffage par les poêles qui dessèchent les plantes en échauffant l'air sans le renouveler.
3187. « Les deux chaudières sont placées au rez-de-chaussée, au-dessus des calorifères. La vapeur est conduite par des tuyaux en cuivre dans des chauffeurs en fonte disposés de manière à porter la température de chacune des serres au degré qui leur convient. Les pentes des tuyaux ont été calculées pour ramener à la chaudière l'eau de condensation, sans nuire à la circulation de la vapeur, et les effets de la dilatation ont été corrigés par des appareils simples, qui facilitent le mouvement des tuyaux supportés dans leur longueur par des galets mobiles.
« Dans le grand pavillon de l'ouest, quatre tuyaux de 0",lO de diamètre, disposés sous un chemin en fonte près du vitrage au midi, et seize autres semblables le long des parois de la bâche du milieu, servent de condensateurs, et développent tout le calorique