CHAPITRE IV. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC. Jâ
forme avec la surface intérieure de la cheminée les parois d'un canal dans lequel se trouve de Tair qui s'échauffe et par suite détermine un appel qui peut être utilisé pour faciliter la ventilation et enlQver l'air de la pièce où on amène Fair froid.
2287. Dans certains cas, on peut activer Tévaporation en se servant d'un courant d'air dû à la ventilation naturelle ; c'est le cas des caves de Roquefort, taillées dans un roc poreux et humide, et s'étendant du nord au sud ; des ouvertures sont pratiquées aux deux extrémités pour la circulation de l'air et on obtient ainsi des courants dont l'énergie est suffisante pour éteindre une bougie ; on obtient ainsi un abaissement relativement à l'extérieur qui est moyennement de I0\
2288. On pourrait produire pour l'eau, par son évaporation dans le vide, un refroidissement beaucoup plus considérable que par l'évaporation due au renouvellement de l'air ; mais nous ne parlerons de ce moyen de refroidissement que quand il sera question de la congélation de l'eau.
2289. Refroidissement des corps par le rayonnement vers le ciel, pendant les nuits sereines. — Lorsqu'un corps doué d'un grand pouvoir rayonnant est exposé dans un lieu découvert, pendant une nuit calme et sereine, il éprouve un refroidissement, dû o ce que l'enceinte planétaire est à une très-basse température.
Le refroidissement serait beaucoup plus considérable si l'air, la terre et la condensation de la vapeur d'eau à la surface du corps ne lui restituaient pas une partie de la chaleur qu'il perd. Par conséquent, pour obtenir par ce moyen un grand refroidissement, il faut que le pouvoir émissif delà surface soit maximiun, et que le corps soit supporté par d'autres très-mauvais conducteurs.
2290. Depuis un temps immémorial, on fait au Bengale de la glace par un procédé fondé sur le rayonnement nocturne. On place des vases de terre peu profonds, pleins d'eau, sur des couches de cannes à sucre ou de tiges de maïs non comprimées ; lorsque, pendant la nuit, le ciel a été pur, l'air calme, et que la température de l'atmosphère s'est abaissée au-dessous de 10*, on trouve le matin l'eau congelée. M. Wels a essayé ce procédé en Angleterre, pendant l'été, et il a parfaitement réussi à fournir de la glace, mais le prix de la main-d'œuvre beaucoup plus élevé en Europe qu'eaux Indes n'a permis la réalisation industrielle de ce procédé ni en Angleterre, ni en France où il a été successivement essayé.
2291 . Refroidissement de l'air par le contact de la glace ou des
m LIVRE XIV. — DU REFROIDISSEMEM.
mélatiges frigorifiques. — J'ai donné, dans les notes placées à la fin du premier volume, un tableau des effets produits par difTérenls mélanges frigorifiques ; j'indiquerai ici les dispositions les plus convenables de l'appareil qu'il faudrait employar pour refroidir l'air au moyen de la glace.
2292. Les figures 588 et 389 représentent une coupe verticale el ■ une coupe horizontale de l'appareil en question. A est un tuyau vertical parcouru par l'air qui doit être reù-oidi; fiB, un vase annulaire qui renferme la glace ; ce vase a une double enveloppe CC , remplie d'édredon, de ouate, de son, ou de paille hachée ; un tuyau à robinet D laisse écouler dans le vase E l'eau produite par la liquéfaction de la glace. La
J paroi intérieure du vase B est en fonte et porte plusieurs rangées d'appendices dirigés dans le sens des rayons , d'une petite hauteur, et disposés de manière que ceux qui appartiennent à deux rangées successives ne soient pas dans le môme plan. Par Fia. ass ei 589. cette disposition, le vase plein
de glace peut n'avoir qu'une
petite hauteur, et cependant refroidir très-rapidement l'air qui le
traverse.
2293. Mais lorsque l'air ne doit être refroidi que d'un petit nombre de degrés, et qu'il ne doit pas être amené à une température inférieure à 10% il est beaucoup plus avantageux de le faire circuler dans des conduits placés dans le sol à une profondeur suffisante. C'est la méthode la plus convenable pour rafraîchir l'air, pendant l'été, dans les pays chauds ; l'air pourrait être lancé par un ventilateur à force centrifuge, et le travail d'un seul homme suffirait à la ventilation d'une pièce renfermant de 50 à 60 personnes, si la vitesse de l'air dans le canal ne dépassait pas 2 ou 3 mètres.
Il faut observer cependant que ce moyen ne fournirait de résultais