Acte de Componction
Ce qui me perce le cœur de la plus vive douleur, c'est que j'ai été assez malheureux pour ne payer tous vos bienfaits que de noires ingratitudes. Qu'ai-je fait pour vous, ou plutôt que n'ai-je point fait contre vous?
Au lieu de vous honorer comme mon Dieu, de vous aimer comme mon libérateur, je vous ai déshonoré, je vous ait offensé en cent manières <it presqurà tout moment.
Que d'infidélités, que de désobéissances, que de lâchetés, que de négligences dans votre saint service ! Vous n'avez nul besoin de moi, je vous suis entièrement inutile, ô Souverain de l'univers ; vous* êtes absolument indépendant de tous les hommes, et néanmoins vous ne vous occupez que de mes intérêts, vous travaillez continuellement à mon salut. Je suis tout entier pour vous et à vous; et cependant je ne pense qu'à moi: je ne travaille que pour moi, pour me satisfaire, peur contenter mes injustes désirs, pour jouir de mes divertissements, pour m'attirer l'estime et l'amitié des hommes. Ah! que j'ai de honte de paraître en votre présence, coupable de tant d'ingratitudes et <!•• tant d'injustices ! Détournez-en la vue, je vous en conjuré, je les désavoue, je les déteste, et je donnerais volontiers ma vie pour faire en sorte (pie ces péchés nVussent jamais été commis, ou du moins pour en abolir entièrement l;i mémoire. Je sens mon cœur qui se soulève contre moi-même, je sens qu'il s4 embrase d'un juste zèledesatisfairevotrejustice.
Conservez-moi ces sentiments, ô mon Sauveur, augmentez-les, ,j<> vous supplie, inspirez-moi toute l'horreur que vous avez pour le péché, et tout le courage quo vous avez fait paraître pour l'expier par d'innombrables et d'incompréhensibles douleurs.
C'en est fait, je n'en veux plus commettre, au moins de propos délibéré , et je m'en vais m'appliquer à en éviter toutes les occasions.