‹ Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planchesChapitre 16 sur 39 · DU JARDIN ET DE L'ÉCOLE DE BOTANIQUE · texte numérisé non relu

DU JARDIN ET DE L'ÉCOLE DE BOTANIQUE

Du jardin botanique.

Led espèces de plantes sont rc^panclucs en si grand nombre 9 présentement^ dans les jardins, que Ton pourrait faire on cours de botanique dans un parc d'une mddiocre étendue.

Néanmoins, on comprend par jardin botanique un espace d'une certaine étendue destiné à la science , où l'on cultive le plus d'espèces de végétaux que l'on a pu réunir, et presque toujours en individus uniques , afin d'en collecter le plus grand nombre possible. On conçoit que pour ce genre, plus encore peut-être que pour tout autre, un terrain accidenté est nécessaire, afin que, préaenlant diflférentes expositions, on puisse donner à chaque plante la situation que sa nature réclame. L'exposition la plus favorable serait un terrain s'inclinant vers le sud-est^ qui touchât par le bas à un sol humide ; on aurait alors les divers degrés de sécheresse ou d'humidité qui conviennent à chacune des espèces de végétaux. Il y a lieu de croire que, dans une telle position, on trouverait à mi-côte quelque source d'eau qui alimenterait un ruisseau dont on prolongerait le cours autant que la localité permettrait de Télendre. S'il ne se trouvait pas d'eau

naturellement, il faudrait en amener d'une manière artificielle : car, sans cela, on serait privé de l'espoir de cultiver avec succès les plantes aquatiques et celles qui ne se plaisent que sur le bord des eaux , et le nombre en est grand. Lorsque l'on fait un jardin de botanique, il faut sacrifier quelquefois les points de vue pour ne s'appliquer qu'à donner une bonne exposition aux végétaux qui le composent.

Ce que nous dirons au chapitre du jardin fleuriste 9 quant au terrain et à la diversité des terres, trouve ici son application, puisqu'il s'y trouve pareillement une certaine variété de végétaux. Mais, parce fait que remplacement d'un jardin de botanique doit naturellement être plus considérable que celui d'un jardin fleuriste, ou aura la chance d'y trouver des natures diflFérentes de ter^ res, et des nuances dont on profitera pour varier les cultures. Si le terrain était partout homogène, c'est d'une terre franche et profonde que Ton obtiendrait les meilleurs résultats.

Pour trouver toutes les expositions variées d'air ouvert et d'abri , de lumière et d'ombre , la forme du jardin paySi'ïger peut convenir •, les mouvemens du terrain pré-

seuteront le iDÎdi ou le nord ^ le levant ou le couchant, selon les besoins. Pour parvenir à placer dans ce genre de jardin beaucoup d'espèces, les massifs devront être plus divisés el les chemins plus multipliés que dans un jardin de pur agrément. Dans les pelouses, on ménagera des corbeilles isolées , petites et grandes j un rocher factice, où Ion aura ménagé des vides , servira & In culture des plantes qui aiment a étendre leurs racines dans les pierrailles, et jusque dans les fissures du roc.

Dans le lieu le mieux abrité, on établira les serres de toutes températures , et les châssis nécessaires soit à la multiplication, soit à la conservation des végétaux exotiques. Devant ces serres ( dont la pi. 35 , fig. i , donne un projet heureux , quant à sa disposition et à sa décoration), un espace ouvert s>era ménagé, afin d'y ran<ger dans l'été les vases et caisses sortis de la serre ^ car, par la même raison que l'emplacement le plus chaud aura été choisi pour élever les serres, de même il conviendra pour la plupart des plantes que l'on expose à l'air libre, dans la belle saison.

 l'angle du nord le moins bien exposé, une portion de terrain séparée du reste de la composition , et cachée aux yeux, formera le laboratoire du jardinier *, c'est là que l'on transportera les terres destinées au mélange des composts. Cet espace sera d'une étendue assez vaste pour pouvoir diviser et remuer les terres sans obstacle, et aussi pour y construire les hangars et resserres où seront déposés les outils de jardinage^ les poteries, etc.

De Vécùle de botanique.

Par école ^ on entend un jardin de botanique où les plantes sont classées méthodiquement. Les diverses parties qui la composent ne peuvent être que régulières dans leur forme. Elle exige de longues plates-bandes de 4 pieds de large, bordées de bois , comme celle s que nous allons décrire pour le Roaarium, Les plantes seront placées sur un, deux ou trois rangs, selon l'espace qu'elles occupent par leur volume : car il est impossible de suivre en cela une régularité qui ferait perdre beaucoup de place dans un terrain qui doit être circonscrit. On pourrait, en quelques parties de l'école, adopter le dessin de plates-bandes de la pi. 8 , fig. 2 , 3 , 4, 6, 8 5 la fig. n" t pourrait même servir à composer l'école entière, en la doublant, c'est-à-dire en traçant une partie circulaire à chaque bout.

Une grande difficulté se présente dans la disposition d'une école de botanique : l'ordre scientifique adopté , qnel qu'il soit, placerait a côté les uns des autres des végétaux d'une disparité quelquefois choquante ; le plus gigantesque se verrait à côté du plus minime, si on ne oréait pas deux divisions dans une école. Les arbres formeront la première, les arbrisseaux et les plantes com-» poseront la deuxième. Dans celle-ci se placeront, lors de la belle saison, ceux des végétaux exotiques que l'on sortira des serres et qui seront nécessaires pour compléter le système de botanique.

Dans le jardin de botanique, la disposition pittoresque permet des allées ombragées -, d'ailleurs, les espèces pouvant y être multiples, on peut conséquemment multiplier les moyens d'ombrage. Mais dans l'école, où seulement

un individu de chaque espèce est admis^ il ne peut exister d'ombrage suivi. Il sera donc nécessaire de pratiquer une ou deux allées couvertes, où l'on aura placé des bancs en nombre suffisant pour Tusage des élèves.

Si la localité forme un carré, une allée sera établie sur

chacun des deux côtés parallèles, et les plates*bandes se-- jardin de botanique.

ront dessinées entre les deux allées. Au fond s'élèveront les serres^ et à leurs extrémités, à chaque angle, on aura ménagé le terrain nécessaire pour le maniement des terres et composts , ainsi que pour l'emplacement des hangars^ resserres et logemens dont nous avons parlé au

Page 1