BOURBONNAIS
Le Bourbonnais a eu des ateliers monétaires importants. La numismatique des prieurs de Souviguy, des sires de Bourbon et de Montluçon a été étudiée avec un soin particulier par MM. de Soustrait, de Barthélémy et Poey-d'Avant, mais nous ne devons nous ^ arrêter qu'aux ateliers nous offrant des types qui niaient point encore été expliqués, ou qui, sous le rapport de l'application de nos doctrines, présentent on intérêt spécial; telles sont les monnaies saivantes.
PRIEURS DE SOUVIGNY et SIRES DE BOURBON — i213-i3S0.
145. + LODOIGVS REX. Croix cantonnée d'un croissant au 2* et 3»
= « Crux Clirisli, crux Oriens, crux via cœli. »
1^. BORBONËNSIS. Double emblème de la Vierge, ligne Terticale, et deux étoiles, ligne horizontale. C'est la même pensée religieuse que nous venons d'analyser au numéro précédent. Nous avons fait ce rapprochement, parce que nous croyons qu'il en sort un enseignement; rien n'eiiplique mieux un
' type ou sa dégénérescence que la comparaison que Ton en peut instantanément faire. Pour se rendre donc un compte exact de cet emblème, il faut se reporter aux interprétations du n» 144 et aux textes et tableaux qui y sont indiqués.
146. t LVDOVlCVc/3 REX. Croix cantonnée d'un croissant au 2-^ =
c Grui via cœli. »
^. BORBONENSIS. T^(p de face de saint Mayoul portant la crosse; au-'ifs.iis : 1 — , initiale (\p lesus, posée horizontalement et surmontée de deux coquilles.
Cette monnaie, comme la précédente, doit appartenir au monnayage en commun des prieurs de Souvignyetdea sires de Bourbon. D*nn eô^ la légende LYDOVIGVS REX, de l'autro la téte de saint Mayeul ne semident laisser aucun doute sur cette double origine.
Du lymtoto korizùntfU a^-dmout âuqud «f le chef de $mt Mageul,
< C'est à un point de vue d^ine importance supérieure que nous nous arrêtons à cette monnaie.
La téte de saint Ifayeul est au-dessous de » tiorizontal, lettre initiale de lesus. Nous avons enseigné toute la valeur de ce signe au 4« tableau, n* 5, et au 6«, n« i, 2, 3» 4, 5 et 6, nous prions donc de se reporter à ces tableaux et aux textes qui y sont relatifs.
Avant rétablissement de nos principes» et notamment de celui de l*anatomie des types, on n*avait point compris cette remarquable composition, si simple, si expressive et si vraie dans Tordre chrétien : « Sub lesu Sanctus Hayolus. » Saint Hayeul porte la crosse, on doit donc interpréter : t Sanctus Mayolus Sub lesu abbas. » Mais audessus se présentent deux coquilles, dont il faut expliquer et interpréter la présence.
La coquille est un emblème de religion, une marque de longs voyages et d'entreprises au loin pour une oeuvre chrétienne; eUe est plus qu'un shnple emblème de pèlerinage. Elle exprime une pensée de travail, d'action, de concours aux œuvres de la religion; et dans la combinaison où nous la rencontrons elle dit : c Labor pro lesu. » L'ensemble de cette conqwsitlon doit donc ainsi s'expliquer : c Sanctus Mayolus sub lesu abbas pro lesu Laboravit. »
On ne doit interpréter les oompoûttons que telles qu'elles se présentent, même modifiées par la dégénérescence, quand celle-ci constitue un type complet. *
L'apposition des deux coquilles est à nos yeux une dégénérescence, lions avons signalé, dans les principes, qu'entraînés par une pente vers la vanité, trop naturelle à l'esprit humain, les princes avaient substitué des emblèmes, qui leur étaient personnels, aux emblèmes chrétiens, et nous en trouvons ici un exemple. L'» , initiale de lesus.
aurait dû être surmonté de TÂlpha on de TOméga, on de deux étoHea, on d*oii croissant et d^ine étoile, tons emblèmes du Christ, et par
' conséquent en liarmonie afec Tinitiale divine de lesns; la vanité altérant, modifiant profondément ces emblèmes, a créé la composi-
' tion que nons venons d'analyser, et qae sons Taction de la dégénérescence, nons avons dû interpréter comme nons Tavons fait.
MONTLUGON
L*atelier de Hontluçon n'a été établi qu*an commencement dn Xni« siècle, par Gny de Dampierre. Honflnçon à produit un type qni mérite d'être remarqué.