BÉZIERS
Béziers possède une numismatique intéressante sous le rapport de ses types religieux qni jusqu'ici n'ont point été compris.
La monnaie que nous donnons la promièiie a été, avec raison, attribuée à Béziers. Elle est, par la forme, une imitation des deniers Nelgoriens.
204. On croil lire en léi^ende RAMYND, nom immobilisé sur Ips
monnaies de Maguelonne. Au centre : croix égale monétaire.
^. BITËRISGV. £n triangle : V an liommet; 0 0 à la base.
Ponr comprendre linscription centrale du revers, il fiiut'la réunir à Tavers. Ces inscriptions sont dans les liens d'nne étroite union. (Voir an tit. V, chap. I^', g 14, p. 26.) cGrnx Vita orbis in œtemum. » Cette interprétation va être confirmée par les inscriptions de la monnaie suivante. Elle a été inspirée par les Livres saints. lésna-Christ, an moment d^envoyer ses apôtres aox nations, les rassure et leur dit : t Gonfldite, Ego vici mundum, » ayez confiance, j*ai vaUicu le monde. Et Tarme avec laquelle il a vaincu n*esfr-e11e pas la croix? De là ces inscriptions que nous retrouvons si souvmit et que nous allons rencontrer ft nnstant, cGrux Victrix. » Et avant de donner à ses apôtres letir mission, n'avait-il pas dit : « Ego som Vita, Yia et Veritas? »
BERMABD-HATTON — 1082-1190.
205. t BERNHARDoCo. Croix cantonnée d un V au 1^^ et au 1% et
d'une splière au 2« et 3«=: « Crux Vila oi bis,» « Crux Vincil orbem. » Comme ces inscriptions sont bien en harmonie
avec celles du n" 201 .
1^. oBITËhIS GIYl. £n triangle : i au sommet; il Ë à la base.
X)e ïinierp'élaiwn du m.(uio'jramme f H E, jusqu'ici cotmdété comme exprimant le mol RËX.
Nous croyons que c'est une erreur de voir ici Hnscription du mot REX;
Et en ^ réfléchissant, comment a-t-on pu admettre que les vicomtes de Bésiers pussent prendre le titre.de Rex, en l'inscrivant en marque centrale sur leurs monnaies? Gela eût été de leur part une prélen^
DES IMSGBIPTIOHS MONÉTAIRES. 313
tion absurde, et nous rroyons qu elle n'eût pa« MA tolérée. Celte comyositioii nous paraît avoir une toute autre valeu r : elle est l'expression d'une sentence religieuse. Toute la monnaie frnjjpée par les vicomtes de Béziers^ est chrétienne à Tavers et au revers; la pièce que nous exarainoij> m; l:i ii poiiii exception. Four nous hien rendre compte de sa râleur, rappi uchonsi avers du revers. Que dit le premier^ » Crux Vincil; » que dit le second? « Crux RE^/td/, Crux REdimit. > Nous rattachons au niOme mot les deu.x lettres R E, parce que sur Fexemplaire que nous possédons, il n'existe aucun signe accusant l'indépendance de chaque lettre. Cependant ces signes peuvent exister sur d'autres exemplaires, et alors chaque lettre étant une initiale, on devrait lire : « Crux Régnât, ou Crux Redimit, Crux Edocet. » Voilà !a valeur de cette composition. Lire REX? Cette lecture ne répond à rien et n'a aucune raison d'être, tandis que la sentence que nous lisons est dans Tordre des idées et des inscriptions adoptées par les vicomtes de Béziers. La monnaie suivante va contirmer cette observation.
906. t BERN ABDVS GO. Croix ayant deux sphères auHlessus de Phorizontale = c Grax in œleroum. »
^. BITERIS GIVITS. En monogramme cruciforme : E B, l^^e horizontale; 0 0, ligne verticale, nn pomt final au centre. Ce monogranmie cruciforme constitue une invocation religieuse = € EtemR Detis Et Omnia in leteroum. » Cestraot pour mot et presque lettre pour lettre cette parole des Livres saints. ESle est là écrite en abréviatîfe par suspension. (Voir p. S4* Voirw 5* iabka», 9 «1 12, tt ans f«vf«s, ttf . IX, ehap, F, p. 100 H svxo.)
RAlMOND-BOGfiR — 1194-1309.
207. RROGERViCECO. Croix cantonnée d'un V au 3* et 4*r= c Crux VITAt Crux Victrix! > Le caractère chrétien s'affirme énergiquement sur ces monnaies.
^. BITERIoîClVi. Dans le champ : deux 1, initiale de îesos, ligne verticale, et deux 0 ou sphères, ligne horizontale; ces
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sigiif^s sont séparés par deux points, l'un final et l'autre centrai, indiquant rindépendance de chaque signe, c'est-à-dire que chacune de ces lettres constitue, par sn-^pension, un mol entier = « lesus iu Eternum, lesus et omaia, » et combinant les inscriptions centrales de l'avers et du revers, on a cette sentence eliréiieune : « Crux Vita, Cim Yictrixi lesus, Crux ejus et omma in Eternum. >
Cette composition est puisée dans les Livres saints : t Oeus meus et omnia, » € lesus-Ghristus in omîtes et saper omnes qai credunt in eum. » (Rom.)
Monogramme cnicifoime disjoint. Emission primaire.
(7otr M À* tahleauy n» 9 et 12, e$ ouaB uxtet, Itl. F///, ekap, VI, p. $4; It'f. IX, ehap, F, p. 100 ét mo.)