‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 193 sur 224 · iMENNA CIVIS. Croix · texte numérisé non relu

iMENNA CIVIS. Croix

^. LVDVVICYS IMPR. Au centre : une croisette entre les lettres majuscules T R, ligne liorizonlale, et entre Vi et • ligne verticale.

Qm trois concepUona sont enreloppées sous la forme du monogramme

de Louis-l' Aveugle.

Le' monogranmie central achève le qualificatif du prince c Lndoviens imperaTOR, * et en ligne verticale Wmna Civi, avec Tabréviatif horizontal placé au-dessus du Y. La croisette, dans ce cas, serait finale et marquerait Pindépendance entre la ligne verticale et la ligne horizontale. Cette interprétation est d'autant mieux fondée» que sur diverses monnaies on a trouvé VO losangé au Heu de la croisette. Nouvel exemple d'un nom commencé dans la légende et fini en •

marque centrale. Ou peul aussi lire : <t Victor; Imperator Victor: >» et nous «îaisisMJio une troisit'nie interpr«''tation. au moins, siii- les inoniuiies où uae croix est au centre. Celle eruixpeut ôtre qupltjiiefois llnale, nous Tavons enseigné dans nos principes, nous en avons duimé des exemples, mais il faut tenir cependant toujours compte de ce signe, et il nous parait qu'ici on doit lire aussi : « CR\'X Viclrix, » en monogramme mixle, cruciforme. .Faime auUînl celte interpréta lion que la première. Avcl- la première iuteri)rétation, nous trouvons le nom de la ville, Vienna Civitas, au centre de l'avers, entouré du nom du prince, toutes ciiU5.e5 exceptionnelles, alors que nous retrouvons au revers « VîENNA Civifas » en toutes lettres dans la légende. Nous répétons (pie c'est surtout en numismatique que l'on ('vite les doubles emplois.

AiiiM donc, trois concepiions sont enveloppées dans cette forme monogrammalique, elle> v sont si t llees du même sceau. Pour nous, nous admirons cette puissance et celte fécondité de rintelligence. Dans cette composition, par exemple, ne faut-il pas sortir dn sens matériel, comme d'une entrave, pour s'élever à la signilication dernière qui est si belle. « Crux Viclrix » si bien dans l'ordre des idées du temps, dans l'ordre des sentiments de nos pères! •

SALNT-PAUL-TROIS-GHATEAUX

L'évéché de Saiiit-Panl-*Trois-Ghâteaux est rnn des plus andens des Gaules. Les évêques ont battu monnaie à des types divers qui ont souvent été des imitations des types des pays voisins.

BENOIT — im

321. f BE:EPIS, deux clefs en sautoir, GOP^. Au centre : nœad symbolique de la grâce. La forme de cette composition évoque l'idée du lien de la grâce, ce don surnaturel de Dieu qui rattache les fidèles à TEglise et à Marie, c Décor . indnmentum ejus. »

. ^. TRIGAS, deux clefs en sautoir, TRIGHS. Noeud chrismé, nœud emblématique de la âiarité = < Nodus cfaaritaiis. »

DE lA COMPOSITION

La forme chrismée de ce nœud nous le fait distinguer du premipr. parce que le chrisme associe à la première el à la plus excellente des vertus, iâ charité, la pensée du Christ qui Ta donnée à la terre.

On trouve aossi an monnayage des é?éques de Saint-Paal-Trois- Châteaux le type que nous venons de tracer au n» 219, seulement • il est dégénéré; an Ueu de FN d'ÂMEN, U y a AMEY, V ponr N.

Du M emblème âe la gréée et delà ebarité, emposê par lei ieéquet de

8aitthPmU'Trei8''Châtettm.

Quelle délicieuse idée d'sTotr représenté les effets de la grâce et • de la charité, et on peut dire ces deux vertus elles-mêmes, sous la charmante figure d'un nœud chrismé multiple qui recouvre et retient. Cette figure nous rappelle celle que nous avons reproduite aux monnaies mérovingiennes, n» 52, qui représente un lien formant des losanges superposés, surmonté de la croix. Ce bel emblème nous dit que la croix est le lien de tous les fidèles, le lien de l'héritage de I.-C. « Crux funiculus hiereditatis mea?. »

Ici le ravissant symbole des évéques de Saint-Paul nous offre la figure la plus heureuse du lien de la grâce et du lien de la charité. Ce lien s'étend eu forme de chrisme et recouvre tout le champ de la monnaie : « Universa delicta operit charitas. > La chanté couvre toutes les fautes. « Charitas nunquam excidit... omnia sustinet... t La charité ne fait jamais défaut... elle soutient tout. Il faut lire tout entier le chapitre XIII de la première lettre de saint Paul aux. Corinthiens. Quel admirable tableau de la charité nous trace ce grand apOtre. C'est évidenynent de cette épltre que s'étaient inspiré, en composant leur délicieux emblème, tes saints évéques qui s'étaient spécialement placés sous le vocalde et sous la protection de saint Paul.

Lorsque ce grand apôtre, animé de la grâce de TEsprit-Saint, peignait l'excellence de la charité d'un pinceau si délicat, si divin, ce dut être après ce moment où, par le plus rare privilège, il venait, comme Moïse, de voir quelques instants, en cette vie, la ph» pure

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lumière de f essence dmnê : c Gharitas patiens est, benigna est; charitas non nniulatar; non agit perpenun, non inflatnr.

» Non est ambitiosa, non quœrit qme sua sont, non iiritatur, non cogitât malom.

» Non gauâet super iniquitato, congaudet antem virtuti.

» Omnia suffert, omnia crédit, omnia sperat, onmia sustihet!

» Omnia crédit! » et le saint apôtre a déjà dit : € Non agit perperam, » « Non cogitât malum, » c Gharitas nunquam exddit. »

A ce divin tableau, qtf ajoute saint Paul, qui, comme Moïse, vient de voir les visions du Très-Haut, c visiones ÂltissimiY >

c Yidemus nunc per seculum in aenigmate; tune autem fade ad fadem. » c Nous ne voyons maintenant Die» que comme en un miroir et en des énigmes, mais alors nous le verrons c face à face* »

Et dans cette infirmité du temps, dans cette déflUlIance, que nous reste-t-il pour nous rattacher au ciel? trois nœuds divins, trois liens indestructibles et étemels I répond Tapôtre.

' c Nunc autem manent, fides, spes. charitas^ tria hsc : major autem horum est charitas! >

Et maintenant il nous reste la foi, Tespérance et la charité, c tria hœcl > ce sont trois grandes choses celles-là t hmei et trois grands liens! et le prhicipal, t major, » le premier et le plus fort, c^est la charité : t Major autem horum est chantas. »

Yoilà le langage divin qui a inspiré la simple et ravissante composition monétaire des évéques de Saint-Paul-Trois-Ghiteaux!

Où trouverez-vous dans Tantiquité païenne un langage pareil? «Gui ergo similem fecistis Deum? Aut quam imaginem ponetis ei?»

ARGHEyÊQUES DE VIENNE.

nUiiALT — 952-1001.

223. f TEVBAVDVSV (le V et le B liés). Dans le champ : chrisme du Bon Pasteur = « ïetus Ghristus PAstor Redemptor. •» Devant cette composition, nous croyons entendre la parabole du Bon Pasteur : c Ego sum Pastor bonus, bonus Pastor animam suam dat pro Ovibus suis, i

Nous trouvons, en effet, dans rembième que nous avons sons les yeux : la croix formée par les deux I, initiale de lésas, Gtiix; 2* I = lesu; P ^ pastoris; R = redemptori?.

Le revers de cette monnaie garde la pensée dominante de cette composition : « lesus Redemptor. »

En ciïet, on y lir : f SCSMÂVRIGIS, et en marque centrale : IR liés = c lesus Redempior, » et fondant dans une seule sentence ces inscriptions centrales de Tavers et du revers, on a la sentence qne nous venons de lire. (Voir les »«• /â, 16^ tJ ei 19 du 6'« labkaUt et (II. X, €h. XV j p. 445 et suiv.)

m. + VRBS VIENNA. Croix.

^. tCAPVT GALLÏE. Au centre : S. M. couverts de labréviatif horizontal -j: « Sedes }\n.iniui. » {Voir au 2*> labUau les signes abréviatifs, el au tti. 17, cit. VU, p. 40.)

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