CHAPITRE YIII
ou hVS SVMliOLlQUE, DE SON ORIGiNE, DE SFIS THANSFORMATIONS £T DE LA FLEUR DE LYS. (iV"» 7, S dU 4« Ifibkau.)
Qu'elle est l'origine du lys monétaire symbolique ? à quelle époque
est-il Dé? en quelle coDtrée a-l-il d'abord apparo? à qui en appartiendra la gloire?
Que de recherches ont été tentées, que d^étodes ont été faites pour parvenir à la solution de ces questions, restées encore aujour^ dirai sans réponses péremptoires. Au grand principe de ranalomie, de la dissection des symboles et emblèmes, était réservée leur solutioD.
Le lys symbolique a le même acte de DaissaDce que lés deux lettres emblématiques que nous Venons d*étudier. Cet emblème est ' complexe. Il se compose de trois éléments.
Premier élément.
Il est formé d^ahord de deux G adossés, initiales du nom du Christ, ou de l^, expression symbolique du même nom sacré, Ckrhtui. (N» 6, 7, 8, 9, 12 et 15 du 4« tableau.)
Deuxièmê élémeiU.
Les deux G adossés ou TX symbolique sont croisés à leur ccnlrc par riiorizonlale de la croix, c'estA-dire par l'initiale de lESVS. - Ainsi dans ce signe, dans cette première fignre, nous trouvons les initiales divines'de lesui CAnsItu et nous rencontrons Torigine des premiers déments de la croix ancrée, symbole si répandu dès les ' premiers siècles de l'Eglise, anehora sa{ie(ts. (N<» 6, 7, 8 et i5 du • A» tableau.) Le lys symbolique ainsi formé a cette signification : Maria, Mater leeue-ChritU. L'analyse de cette composition est si exacte, que nous la rencontrons exprimée dans les poètes chrétiens des siècles passés.
« Viifo Mater et lésa» necluntar in uno»
t Horia et Ghriala*, eam criue cerla whn. >
Ne ilirail-on pas (juc ces vers ont été faits pour exprimer la composilioii ctiaruiaiUe Uu lys symbolique, qui saus Joute les a inspirés.
Troisième âément.
Pour terminer le lys, on suriuoala la ûgure que nous venons de
voir d'un fer de lance, l'un des instruments de In pnssion du Christ. Telle fui la composition primitive du lys. (N** 1 du 4« Uibleau.)i
QualHème éléttm L
Mais en naissant, ce remarquable emblème prend un second mode
d'existence.
Il se constitue en quelque sorte wup doiihle v ie, sous deux formes qui demeureront Tune et Taiilre au seiu du inoiule chrétien.
Ce second mode du lys se forme [)lu.s particultèremeat de l'M ou du V symboliques que nous venons d'analyser, et dont nous connnisâon^;, par conséquent, les éiémenls identiques à ceux de ce symi>olc même.
Mais alors, au lieu de surmonter l'M ou le V eiublémaliiiues évoquant la double idée du Chrisi et de la Viei>,'e mère du UéUempteur, au lip!i de surmonlei-, disous-uim.s, l iM ou le V symboli(|ue du fer de lam e, on le somma du lleuron du lys, et ainsi fut formé le secoiul uiude d l'Ue du lys. (M*" 8 et 15 du 4'' tableau.)
Ce dernier mode caractérise Temblème de la Vierge, il forme le lys, symbole de la grandeur, de la majesté, eu même temps qu il est celui de la purelé virginale.
Ce maguiliquc eail»lème s'est pai iviid produit, presqu'en même temps, sous ces deux modes, dans toute la chrétienté. Il éclate à la fois en Allemagne, en llalie, à Cou.slanlinople, dans les Caules. en Angleterre, eu un luol, parlout. Il est au monde entier. Il n'appartient spécialement, exrlusivemeni, a aucun .souverain ni a aucune contrée : il appartient au chrislianismc. Voilà pourquoi son origine étant partout, on ne la trouvait nulle part, car elle semblait toujours antérieure à Tépoque dont on la croyait contemporaine. Chose frappante, elle est à la racine môme du christianisme. L'emblème ainsi formé a cette valeur : Maria, Mater lesu-ChriBtiy Virgo puri$Èima; Jtfuna, Virgo immacuktttt.
Il est le S3rmbole de la mère d^Emmanuel, annoncée aux peuples par les prophètes du Seigneur : « Propter hoc dabit Dominus ipse vobis signnm : > c Ecce Virgo concipiet et pariet lllium et Tocabiinr Emmanuel. » Isaïe, VII, U. Ëcoe Virgo in utero habebit et pariet
DBS INSOUPTIONS HON^TAIRES.
fiUam et vocabunt nomen ejus Emmanuel, quod est interpretakim, nobiscum Deus. » Math., 1, iLi. « Ne times Maria. . . Eccc coucipies » in utero et paries filium et vocabis nomen ejus lesum. . . et erit magnus. , . et filius altissimi vocabitur. . . et regni ejus non erit finis. » Luc, 4, 28 et suiv.
Et cette Vierge divine, prédite dès le bercean du genre humain, a engendré le Sauveur des hommes, et elle a été depuis le commen« cément des siècles toujours symbolisée sous la douce figure du lys.
Les Saintes Ecritures ne Tappelleal-elles pas le lys des vallées, € UlUum eonmiHtmj » c^est-ànlire la fleur la plus suave, la plus chastejit la plus pure, que le souffle des orages n*a point terni, et dont la poussière des vents agités n'a point altéré la blancheur < UtUim eomaftûm, » « Mum eaititaiiê, » c Yirgo singuUtrii» »
Et comme brille le lys «mier spicas^ » ainsi brille la divine Vierge « inler fiUas, » entre les filles de Jérusalem.
EUe appartient à celui qui se repatt au milieu des lys, c'est-àHlire qui vit au milieu des cœurs purs, au miliéu des fidèles qui suivent la loi du Seigneur.
Elle est toute beUe, et nuUe tache n*est en elle c toia fHÊiekra e», et macula non est m le. »
Ainsi le emblématique symbolisant' la Vierge immaculée pro* mise au genre humain est toi^jours, comme nous venons de lé dire, antérieur à Tépoque dont on le croyait contemporain. Il est aux sources mêmes de Phumanité, il est aux prophètes, il est an christianisme, il est à Jésus^hrîst, à sa divine Hère, à la Mère immaculée, à son Eglise. Il est à Dieu, c^est donc le plus antique des symboles, c'est un symbole chrétien, un symbole tout divin que la religion de JésusnChrist fait briller d*ttn nouvel et incomparable édat.
Ce n'est pas la numismatique chrétienne du moyen-ftge qui la première justifie notre doctrine, ce sont tous les arts des premiers siècles du christianisme.
Sur les monuments les plus anciens, sur les œuvres du potier, du sculpteur, de l'orfèvre, de Tarchitecte, que le. temps a respectés, ou plutAt qui ont échappé à sa main dévastatrice, on trouve s'altemant où entremêlés, la croix et le lys, c'est-à-dire le double emblème du
Christ et do la Viergo, le double symbole du salut et de la grâce.
Longtemps même avant que la numismatique eût reproduit le lys symbolique, on le trouve dans les catacombes de Rome, ce redoutable et sublime sanctuaire où les premiers fidèles persécutés se réfugiaient pour célébrer leurs saints mystères.
Ainsi encore sur nos plus antiques monuments chrétiens on trouve la Vierge au lys, Tango do rAnnonciation, Tange de la Salutation, portant le lys de la Vierge.
Quel symbole au sein de ce grand mystère de Tlncarnation divine 1
Quel souffle inspirait donc Pâme des premiers fidèles? L^âme de la primitive Eglise? C'était le dogme de l^Immaculée Conception au berceau du christianisme, ravissante composition qui inscrivait et révélait ce dogme sacré en le symbolisant par remblèmede la pureté virginale.
Enfin, avant que la numismatique Mérovingienne fût née, dans les temps où elle ne reproduisait encore que les types des empereurs, ont voit le lys seulptt^ dans les temples chrétiens et sur les divers monuments qu'ils renferment*
Sur un ambon de Ravenne, au commencement du V« siècle, on voit encore aujourd'hui le double «symbole de la croix et du lys décorant quatre côtés de ce monument chrétien. — La croix du Sauveur surmonte le globe terrestre el le lys s'élève d'un vase (i L let tion.
Et nos pères, quel emblème ont-ils vu dans le lys? Quel langage à leur âme parlait ce symbole? Ecoutons nos anciens auteurs : « Les » lys sont les inarques de la Très-Sainte Trinité par les trois fleurons » qu'ils ont, qai signifient aussi sapiem e, foy et vertu, par magie » desquels les royaumes se maintiennent. » Quel rapprochement! et quelle base donnée à la stabilité des empires!
Et ces nuteurs ajoutent : t Lys, emblème de pureté en l'odeur
> desquels la sapience divine dédire que l'Epoux de l'Eglise se
> plaît. » L'Epoux de l'Eglise ne disait-il pas aussi : « Considéra Le lilia agri. . . Dico aulem vobis, quoniam nec Salomon in omni gloriâ suâ coopertus est sicut unum ex istis. » Et le prophète Isaïe, parlant de la vie étemelle du juste, dit que son âme fleurira au ciel comme m lyf .
DES INSGMPtlONS MONÂTAIIIBS. 71
Le lys est donc un symbole tout chrétien, mais de re divin symbole la dégénérescence ou plutôt la politique a fait naiire la fleur de lys, qu'il se faut bien garder de confondre avec le lys synibalique. Celui-ci a été créé par la religion, par le christianisme qui lui a donné son sens religieux, sa signification chrétienne. La tlcur de lys est fille de la politique, ou si Ton veuL c'est \g lys du christianisme transformé, que la politique s'est assimilé ; mais en l'enlevant aux emblèmes sacrés de la religion, on a fait perdre au lys sa valeur symbolique chrétienne. C'est encore le lys; c'est la fleur encore avec sa beauté, sa valeur politique, sans les aUribnts chrétiens.
La première eniiJi emte du lys sur les monnaies est donc toute religieuse. Elle le fut durant plusieurs siècles, alors que les empereurs le plaçaient sur leurs sceaux, que les rois d'Angleterre le mettaient snr leur couronne, et les rois de Navarre sur leur écusson antérieurement an Xfï« siècle.
Le lys est enililcnie toutcbrélien alors que des rois ou des princes souverains, de la première et dt? la seconde race, le frappaieni sur leur monnaie, alors que les princes de Flandres, de l'Artois, de Bretagne mcMne, eu formaient un enililème, alors que les premiers surtout en formaient ces compositions ravissantes, ces sentences divines. (\m nous verrons, à la lettre, cachées sous des (leurs.
Les lumii-mates, nos devanciers, ont été quelquefois si confondus de rencontrer ce type du lys si répandu en môme temps partout, cela leur semblait si exceplionnel, rjue (juelques-nns, bravant l'évidence, ont voulu voir, par exemple en Bretagne, non le lys, mais une fleur de genêt, et d'autres une moucheture d'hermine; ces derniers ne prenant pas garde- qu'ils commettaient un lourd anachronisme, une erreur de près d'un siècle; la moucheture de l'iiermine n'étant pas née. C'est (pie nos devanciers, pr('H)C(rupés de la fleur de lys, embl«"»me politique, ne connaissaient pas le lys, emblème chrétien, qui précède de longues années le lys, symbole politique.
On a beaucoup disserté, et on a écrit des volumes sur l origiuedu lys ou p!nt(M sur la fleur de lys considérée comme emblème politique. On doutait môme de cette Heur el on la transformait eu iris.
BK LA. GOlIPOSmON
D'aulne Inis on la preiiaii iK*ur un fer de lauce, ou pour le type dégénéré ile I abeille impériale.
Beaucoup de nos aurions auteurs, adoralenrs du merveilleux," atlribuenlau lys, ernlilème poli(if|ue. une bien aulre antiquité. Ils font remonter son orifjine an fomiomont même de la monarchie, et pour le piDiiver, ils nous i-aronloiil (|u'apn"'s le \(vn de Clovis et la viiMoire de Tolbiac, les soldats (If son ai mrc i-ueillirent des (leurs de l\s jaunes dans un marais conligu ciiamp de batadle et s'en couronnèrent en signe de victoire, « ce qui obligea ce grand monarque à prendre pour ses armes des fleurs de lys d'or et de quitter celles qu il pdi lait aiip.ua\ anl, et qui élaienlj selon l'opinion de Paul Eiiult', d ai gent à trois couronnes de gueules, et selon Jean Nondère. en sa ChnimtiHe, de sable à trois crapauxd'or, ce fitappeler le roi de France, par Nostiadamus, « l'héritier des crapaux. » Quelle véiiditpie histoire du Blason!!! Mais, dit Colombière, « la tradition, » d'accord avec les plus anciens et meilleurs auteurs, nous df^rend » que les fleurs de lys (pie portent dos rois leur ont été divhtmmi 3 concédées, » et, à cet égard, on coimalt la légende da bon hermUe ou abbé de Pabbaye de Joyenval, hommdelrèt^ameie el angéliqite vie.
D'autres auteurs, donnant des aimoiries à Ghariemagne, les décrivent ainsi : parly deFempire quiestd*orâ raigleàdeuxiétesde Tt sable becqué, diadémé et membré de gacules, et deFranee mudm
qui est ^aswr mué de fieurs de Iffs <i'or. > Ces citations sont remplies d'anacbronismes; mais de tout ce qui précède, nous devons tirer cette conséquence, que le lys, emblème politique, remontant si Ton veut au fondement même de la monarchie des Francs, est issu du symbole chrétien, qui Ta précédé de longs siècles. Et en définitive, en ce qui concerne le lys, blason des rois de France, ce qui est solidement établi par Phistoire, c'est que ce fut à la fin du XU« siècle— 1180— que Louis-le-Jeune, roi de France, fit plus que de lui donner une place dans ses armes, U Tadopta uniquement, la dernière année de son règne, et en couvrit, sans autre symbole, Tétendard royal. Celui-ci fut donc chargé de lys sans nombre. Futur élément de grandeur et d'unité, il guida des siècles durant la nation française et ses chefe aux plus nobles entreprises. C'est près de deux siècles
DBS IMSCMPTIOKS MOIfiTAIRBS. 13
et demi après Louis VI ï ent cueilli la neur de lys au sein de la chréUenlr. (pio souh Gliarles Vi— 1 i20 — celte llcur, d abord i>eméc sans nombre, fut trinilairemeni disposée sur le drapeau et sur Técusson de Krance. comrae avail éU^ disposé déjà Kemblème des croisés. l;i croix, sur les monnaies que frappèrent des princes à leur retour des croisades.
. Ce triple mode d'être, qui a constitué les symboles du lys et de la fleur de lys, est la base d'une docJrine si vraie, que celle-ci éclaire ce qui était obscur dans les classifications et les attributions de beaucoup de monnaies féodales. Elle rend à chacun ce qui lui appartient. Au pays elle donne et fixe la date des émissions, qif une autre manière de comprendre la croix à \a fleur de lys rendait incertaine.
Au prince, elle attribue la monnaie qu'il a réellement frapiice, parce qu'il n^ a plus à se jeter dans le dédale des dates oô la Iteur de lys a flût son apparition. Qu^importe en effet ce type officiel? Il n'était pas né peut-être quand apparaissait cette croix fleurdelisée? Le lys, comme nous venons de rétablir, remonte vers les sources du christianisme. C'est en lisant la monographie de H. Hermand, sur les monnaies de TArtois, «|up l'on est frappé et de l'incertitude et du trouble que jette, au milieu de la classiflcatlon, Tapparilionde monnaies artésiennes au type de la croix dite fleurdefisée, que nous appellerons, nous, la croix sommée de Vemblème ckrétim au lyi. (Voir Hitloire monétaire de VArtm, p. i51 et suiv.) Ce n'est que dans le XIII* siècle que la fleur de' lys remplacera plus généralement et presque définitivement le symbole chrétien sur les monnaies de France.
Avant de quitter ce grand type, jetons un dernier regard sur cette dissertation et résomons-Ia. «
PREMIERE ÉIKHHIB.
Ce grand type a deux époques : celle oû il est né du triple et saint nom de letus, CAmfiiset Maria, où, formé de TM ou du V symbolique, fl est couronné d'abord du fer de lance et puis du fleuron du lys. (Voir n«* 6, 7, 8, 12, 13, U, 15 du 4« tableau.)
DB LA COMPOSmON
OElfMbMË ÉPOQUE.
Celle oà| perdant son sens si éminenuiienl chrétien, il défient ta fleur de lys, spibole politique.
La première époque est pleine île grandeur. Type créé par Tes* prit religieux des premiers fidèles ei de no<i premiers âges, le lys se lève sur tout le monde chrétien. Il s'étend et apparaît partout en même temps. On dirait son origine toute divine. Il est commn le plus immortel emblème de la chréiienié: Il vient comme une inspiration céleste, comme un souffle divin vivifiant les âmes. Il est à In naissance du christianisme, comme une soudaine révélation de rimmar niée Conception qu'un saint pontife dovail acclamer doi^ siècles plus tard. 11 est devenu, ou plutôt il est demeuré Temblème de la pureté virginale, et son expression la plus haute se transmettant de siècles en siècle par une permanente tradition appartenant an Verbe inspiré des proidu-tes, comme h celui des poètes chrétiens, ces auteurs inspirés du ciel ; « Micat inier UUa virgoy » dit le poète des siècles écoulés,
O Vierge immaculée I OLjs (te la vallée.
\ TviQurn.
Que je t^aime
Lys, emblème Qrackux.
Flenr ée» angei.
Disent les poètes de nos jours, et répéteront en chœur les poètes des temps à venir.
On trouve ainsi dans ces sources vives de notre foi le dogme sacré de rimmaculée Conception. 11 reposait dans les langes du christianisme, il y vivait, il y régnait des siècles avant qu^un saint vicaire
DBS ufscauPTiONS monAtaires. 75
de Jcsus-ChrisL l'eût proclam(^ au milieu des plus cruelles épreuves, comme autrefois le furent les tables de h\ loi au milieu des éclairs et des tonnerres. — Et le monde chrétien s incliua, ému jusqu'au fond de ses entrailles, à la voix du pontife souverain, sous la parole de i'apôlre, vicaire du Christ.
(Test que le dogme sacré, sons les emUèmes que nous révélons, avait conquis toutes les nations. — Les rois et les peuples les révéraient, et ils placèrent ces signes,, ces emblèmes trois fois saints, dans le champ de leurs monnaies, et les sif^nes du caractère religieux le plus divin régnèrent des siècles sans aucun mélange d*un esprit politique.
Hais le monde n^a de statde que sa propre instabilité. —La seconde époque de Pexistrace de ce grand tjfpe, de son mode d'être, apparaît donc à la 0a du XI1« siècle. — Un roi très-chrétien, Louis TU de France, comprenant tout ce que Temblème du lys avait dê grandeur, de majesté et de beauté, le cueillit comme une fleur, an sein de la chrétienté. Nous Tavons déjà dit, ce ne fut plus sans doute le symbole religieux, mais ce fut toujours un magnifique emblème.
La fleur de lys passée ainsi dans les armoiries de France semble cependant riche d'un double caractère, le caractère religieux et le caractère politique; néanmoins ces deux caractères ne se confondront jamais dans la même figure symbolique. 11 sera toujours aisé de faire la part des deux emblèmes sous l'action même des effets de la dégénérescence. D'ailleurs la concurrence des deux symboles fut de courte durée. L'apparition du blason fut une révolution. La monnaie ne cesse pas d'<^tre chrétienne, car elle conservera do longs siècles encore le signe divin du salut. Mais tout monogramme et toute composition par lettres emblématiques disparaissent pour faire place aux armoiries (1). Los lettres symboliques dont nous, venons d'établir
Noos devons rectiner ici une erreur qaî i*Mt glissée à la pi^e 6, 11« ligne. Il faut lire que... le blason «idut tout d'abord toules lettres et n'admit que des figures et leurs attributs. — Il est certdn que, les armoiries succédant
75 m LA COMPOSITION
revistence et la pfrandcur. no parleront plus 1p langage chrétien, elles ne diront plus la sentonro divine, car elles ne seront plus que desiriii li^s armoiries, mais les plus noldes i).tr leur origine et les plus élevées, ne seront-elles pas les apnoines de la France et des rois très-chrétiens qui ont pris celte devise : Ex omnibm floribm iligimihi lilium? Et par allusiou à la loi fondamentale de rhendiude leur couronne, cette autre devise : Ulia non kborant neque nent.