ET DB LA CROIX POTKNCÉË
Sur de nombreuses monnaies, on trouve en marqne centrale, le ihau ou Tav, et suivant Tappellation des anciens auteurs, le Tardes Hébreux.
Cette lettre, chez cette nation, était un signe d^absolution et de salut, c liltera salutifera, signum absolutionis narratur bistoriis
» ccclcsiasiicis littcrain hebraicam T, saluUs fuisse olim siguum » etiam paganis ipsis habitum. ^
\\m\ parle Alciat. Mais cet auteur n'a point rcmont»^ à la source première, aux passages des livres saints qui nous présentent le lhau romnie un signe de salut. Ce signe fut mis au front des élus du Seigneur, lorsque le châtiment allait passer sur nne ville coupable. Yoiei ce que dit le Seigneur au ministre de ses clultiments : Transi pt'v nmliam dvitaîem, in medio Jérusalem, el signa super fi unies i ironm gementitm et dokntium super cunclii abonmalioniifm guœ finnt in medio ejus
Omnm autem super rinem vùleriUs than, ne oreidatis. « Passez au * travers delà ville, nu milieu de Jérusalem. <'f marque/, un Thau 0 sur le front des liuiiiines qui gt-missent et qui suiu dans la douleur
» de voir toutes les aboiuiualions qui se fout an mdieu d'elle
» Mais ne tuez aucun de ceux sur le front desquels vous verrez ie » thau écrit. » (Ezéch., IX, A et 6.)
Cette lettre emblématique résulte du double élément qui forme la croix, de la verticale et de l'horizontale de ce signe de salut.
La verticale, au lieu de couper par son centre rhon/uiUale a angle droit, s'abaisse perpendiculairement sur le centre de cette horizontale.
Le plus souvent, on trouve au-dessous de ce signe la lettre S {roir le n° 6 du 6" tableau). Cette lettre affirme le sens du signe d'absolution.
La seconde flgare da n« li présente une croix formée de quatre tbau, c'est-à-dire du signe hébraiqne répété quatre fois. Elle forme donc un sigoe de salut élevé, pour ainsi dire, à sa quatrième puissance. C'est la croix potencée; ce serait là un qualificatif fort juste, si par ce mot poiencée on entendait exprimer la puissance de la croix, erux poOns,
Les armoiries, qui ont succédé aux monogrammes, se sont surtout emparé du signe sacré de la croix, dont elles ont varié à IMnlini les modalités.
Elles se sont donc approprié le T des Hébreux, elles en ont formé la croix que représente notre seconde flgare du n« 11 et elles Tout
nommé croix polencée, peut-être à causederinstrumentdc sapplice que rappelle le than ; cependant on doit attacher un tout autre sens à la croix potencée. Elle a pour mission de donner une idée do puissance: ainsi sous l'ère même du blason, les potences dans les armoiries sont un signe de puissance, et, selon le langage de nos anciens auteurs, elles signifient qu'elles étaient les soutiens, le$ suslentacles du ]»i incc et du pays.
Si on remuiite aux s nirt es premières de la composition du lhav des Hébreux, à ses élénienls originaires, on voit que la symboli(iueT des Hébreux était formée de l'initiale du nom trois fois saint de lehova deux fois répété; la verticale descendant du centre de 1 horizontale.
Chez les chrétiens, c'est encore la mAme initiale, et c'est aussi l'initiale du nom de iesus deux fois répétée qui forme cette symbolique.
Sous rùre du moyen-âge, le thau est un signe d'absolution et de salut, mais en mémo temps un signe de grande puissance. Les signes de salut présentent toujours une double idée corrélative; par cela même qu"ils absolvent, ils sont puissants. La croix est une puissance, et lorsiiu elle est potiMicée, c'est-à-dire formée de quatre lhau {voir le // du 4° tableau), elle exprime la plus haute idé'e de puissance, elle en est la plus haute expression. Elle a cette signification que nous avons indiquée, cruxpotens, cruxpotentissima. C/est dans ce sens que l'on doit entendre l'expression de polencée, au moycn-àge, appliquée aux signes sacrés. Le qualificatif de polencée n'exprime pas seulement la forme de la croix, mais encore l'idée de puissance que la volonté créatrice da type a voulu y ajouter.