‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 78 sur 224 · CHAPITRE ^XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE ^XV

D£ QUELQUES HODES MONOGRAMMATIQUES, LBTTRBS, dYHBOLES

ET EMBLâHBS.

Dans le tableau des modes monogrammatiques, nous n'avons présenté que les plus simples. Nous ne devions offrir tout d'abord que ceux dont on peut saisir la décomposition ail premier coup-d'œîl. Il fût été aisé d'en multiplier le nombre sur ce tableau, mais cela devenait surabondant, puisque nous devons retrouverdans la seconde partie de ce traité, qui contient l'application de nos doctrines, de nombreux exemplaires de monogrammes, symboles et emblèmes.

Nous devons foire la même observation en ce qui concerne les lettres inscrites au deuxième tableau.

Il y a même un a fortiori^ car les lettres que Tari du monétaire ou la volonté des types a variées sont si innombrables, qu'il serait impossible de les reproduire toutes.

Soit en nature, soit sur des planches gravées, nous avons certainement examiné bien des milliers de monnaies; eussions-nous relevé chaque forme de lettres, nous n'aurions pas achevé la tâche que nous nous serions imposée, car, à chaque découverte de monnaies nouvelles, nous aurions de nouvelles formes à reproduire.

Il nous a donc paru suffisant de retracer quelques-uns des types principaux des lettres monogrammatiques et de leurs dégénérescences. Ces types conduiront à la connaissance de ceux qui n'ont point été reproduits.

De l'emblème dtt peigae champenois par l aneienm numismatique.

Nous n^avons pas ?onlii nous ménager les difficultés avec cet emblème. Nous en avons retracé, à rencontre de nos principes, un type d^émission secondaire. Si on observe les 3 et 4 <lu tableau, on doit remarquer que les initiales, verticale I, ou horizontale », pK'sentent leurs extrémités coupéesnen biseau. Or cette coupe est une dégénérescence, et si grande que nous n'en avons rencontré qn'un seul exemplaire, et encore devons-nous ajouter que cet exemplaire était fruste, en sorte qu'il ne nous est pas absolument démontré que cette co^pe en biseau ait jamais existé.

Tous les exemplaires d'émission primaire, ou tous autres que nous avons vus, présentent la verticale I ou Thorizontale ^ correctement formées et telles que nos planches des monnaies les reproduisent, et telle que Ton voit Tborizontale retracée au n« 9, 2« figure, t«r tableau. Mais enfin nous avons voulu prendre la forme qui se rapprochait le plus possible d'un peigne, afin que, bon gré, malgré, on en finit, sous Paêtion de nos principes nouveaux, avec cet emblème barbare.

Nous devions faire ici cette observation que nous n'avions pas cru d'abord devoir présenter.

Du Toreuma ei des Vases eucharistiques, 5, d et8 du V« tableau.)

Nous n'ayons poiul entendu faire un traité sur les vases eucharistiques de l'époque mérovingienne et de celles qui Tout suivie; nous avons seulement désiré constater les révélations qui nous ont été données surTart chrétien par les monnaies, nous bornant à décrire et à déterminer les vases antiques et les divers monuments dont les monnaies nous ont conservé et donné les formes, établissant ainsi, d'une far II que nous pouTons appeler authentique, l'existence de ces précieux produits d'un art qui n'est plus, mais que nos artistes animés du même souffle, du même esprit, peuvent l^ire revivre.

DBS mSGIIlPTIOllS MONETAIRES. 107

Lorsque nons avons appelé toreuma le N'ase n° 5 du tableau, nous n'avons point prétendu que tel fut le nom hiératique, liturgique de ce vase. Toreuma est un terme générique, il vient du verbe gi ei ropuày ciseler, orner de figures en creux ou en relief, et il s'applique à tout vase d'or ou d'argent travaillé, ciselé. Il n'implique donc pai lai-mémo aucune forme. Le travail dont il nous a paru orné nous l'a fait appelei- de ce nom; mais lorsque nous avons voulu le déterminer d'une manière plus précise, nous l'avons ♦ appelé : « Y Arche d'alliance. » Arca, mot qui rend bien la sigiuiication du mot hébreu aran, colTre. Cotïre précieux, en eftet, (jui renfermait les tables où étaient, inscrites les paroles de l'alUaHce, les dix principaux commandements de Dieu.

Nous avons donc appelé ce vase, arche d'alliance, parce qu'en effet, par sa foime, il rappelle celle de TArche telle qu'elle nous a été décrite par les livres saints.

El quelle forme convenait mieux, avec celle de la colombe, pour renfermer la sainte hostie, le corps et le sang dn médiateur, du reconciliateur divin, du fondateur de la non»Hi$iilUmeet Et combiea ' nous plaçons cette forme de TArche au-^essas de celle da vase c turris eucbaristica, » da vase c pixis sacra, » aorte de boite ronde oA ron déposait aussi k sainte hoslte, et qa^à canse de sa tonne on appelait lurr».

n ne fiut pas juger des vases et des autels représentés sur les monnaies mérovingiennes et du moyen-âge avec nos idées modernes. Noos Pavons déjà dit, les autels de la primitive Eglise étaient en bois portés sur plusieurs appuis qui plus tard devinrent des colonnes, et ces autels n'avaient point de tabernacles et ne supportaient pas ces hauts chandeliers de nos jours.

Tous les vases eucharistiques étaient fort bas, môme alors qu^îls étaient portés sur un pied et destinés à être exposés sur Tautei. Hais comme ils étaient admirablement appropriés à leur destination! et comme dans leur composition chaque partie et rensemble révèlent , une connaissance approfondie des livres sahits. Ainsi, que Ton observe avec attention la forme du calice & deux anses 7 éuS^iih bkau), tout y parle, tout y déclare la destination du vase sacré, la

I6S DE LA COMPOSITION

coupe supérieure du vase, le rroissani symbolique, les deux anses formées delà double initiale de Salvator, « Galix Christi Salvatoris, » et pour qu^aucun doute ne soit possible, la volonté créatrice du type a posé au-dessus la sainte hosîio

Mais ce n'est pas tout, quel • >i I ' n} port de ce calice? C'est une forme de navire d'où s'élèvent deux appuis qui soutiennent le croissant symbolique. El le navire: n '^i-il pas, comme la colombe, une figur;' de TEglise? t Ascendens autem in unam navim. . . et sedeus docebat de naviculâ turbas. * (Luc, V, 6.) Cunime Tidée de l'artiste a été heurt u-^e. comme la volonté rréRtrice a été bien inspirén drtns la composition de ce calice, comme eiie rappelle [e texte r\rinueliijue, comme eiie se lie à ce charmant tableau de lesus-Ghi isi porté sur cette nacelle, naviculâ, d'où il enseignait la foule se pressant autour de lui!

Fra DE LA PREMIÈRE PARTIE.

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