‹ Traité de la constance et consolation ès calamitez publiquesChapitre 2 sur 11 · DES ÉDITIONS DU · texte numérisé non relu

DES ÉDITIONS DU

DE Guillaume Du Vair

1594. — De la constance et consolation es calamitez publiques. Paris, Pâtisson, 1594, in-i2.

L'épître dédicatoire, adressée au jeune duc de Montpensier (Henri de Bourbon, duc de Montpensier), est datée du 1" juillet 1594. Le permis d'imprimer, est daté du 16 juillet. Cette édition a dû paraître dès juillet 1594, car une lettre de Villeroy à Du Vair, datée du l*"" août 1594 (éd. Sapey, Études hiogr. pour servir à l'hist. de l'anc. magistrature française, Paris, 1858, in-8°, p. 4.30 et 451), s'y référé diverses fois. De cette première édition, notée par Barbier, Dict. des anonymes, I, 730, il n'a pas été possible de retrouver un exemplaire ni à la Bibl. nat., ni dans une autre bibliothèque publique de Paris, ni de Lyon, où M. Georges Guigue, archiviste du Rhône, a bien voulu faire des recherches pour nous. M. Radouant, Rev. hist. litt. de la France, 1899, p. 73, lui non plus, n'a pu retrouver aucun exemplaire de cette première édition.

1595. — La constance et consolation es calamité:: publiques. Seconde édition reueûe et corrigée. A Paris, chez Abel L'Angelier, au premier pillier de la Grand Salle du Palais, M.D.XGV. Avec privilège. In-12 de 171 ff. [Bibl. nat., D. 33376].

Cette seconde édition a paru simultanément chez trois libraires : [" chez Abel L'Angelier (V. ci-dessus).

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2° De la constance et consolation es calamités publiques. Seconde édition reueiie et corrigée. A Paris, par Mamert Pâtisson, imprimeur du Roy. Chez Rob. Estienne, M.D.XGV. Auec priuilège. In-12 de 5 fî. liminaires non chiiTrés, plus 171 IL pour le texte et 1 f. pour le privilège donné simultanément à Mamert Pâtisson et à Abel L'Angelier [Bibl. Maz. 25103J.

Cf. René Radouant, ap, Rev. hist. lia. de la France, 1899, p. 73.

3^ De la constance et consolation es calamité z publiques. Lyon, Nie. Chouquet, 1595, in-32 (cité par Barbier, Dict. des ouvrages anonymes, I, 730).

« Gliouquet » paraît être une faute d'impression, pour « Ghoquenot » sans doute. Il n'existait, en 1595, aucun libraire du nom de Chouquet à Lyon.

En l'absence de lédition première, cette édition de 1595 a dû être considérée par nous comme l'édition originale. Malgré la mention « reueiie et corrigée », elle contient un assez grand nombre de fautes d'impression que l'édition suivante a fait disparaître en grande partie.

1606. — Traictes philosophiques, par le s"" D. Y, [Du Vair] Pr. Pr. au Pari, de Pr. (Paris). A Paris, chez Abel L'Angelier, av Premier Pil. de la Grand'Salle dv Palais. M.DC.VL Avec privilège dv roy.

In-S". Deux parties en un vol. 2 lï. lim., 144 et 198 p. Le Traité de la Constance occupe entièrement la seconde partie [Bibl. nat., 2 ex., R. 34716 et Rés. X. 2541 ; Bibl. Maz. 27809 A].

C'est la meilleure édition connue du traité De la constance.... Imprimée sous les yeux de l'auteur, qui séjourna à Paris en 1606 avec Peiresc. Cf. Viri illustris N.-Cl. Fabricii de Peivesc Vita per Petrum Gassendum, Paris, Séb. Cramoisy, 1641, in-4°.

Le traité De la Constance (p. 1-196), suivi des autres traités philosophiques (p. 1-144), y compris l'Exhortation à

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la vie civile (p. 133-144), se trouve, sans titre général, séparé seulement par un feuillet blanc, à la suite du traité De l'éloquence française, suivi des versions des oraisons d'Eschine et de Démosthène (p. 1-56, 57-323) et de celle de Cicéron pour Milon (p. 327-438), dans un exemplaire de la Bibliothèque de l'Institut, P SQ B : De Véloqvence française et des raisons povrqvoy elle est demevrée si basse. A Paris, chez Abel Langelier, 1610, in-S» de 2 ff. lim. et 438 p.

Exemplaire du traité De la Constance, éd. de 1606, ajouté par un liLraire, ou par un relieur, à une éd. de 1610 du traité De l'Eloquence.

1610. — Les Œvvres dv 5'" Du Vair... comprises en cinq parties : I. Les Actions oratoires. II. L'Eloquence françoise. m. Arrests sur questions notables. IV. Traictez philosophiques (parmi lesquels le traité De la Constance...). V. Traictez de piété... Genève, par B, L'Abbé, 1610. In-8'^ de 4 ff. lim. et 127.^ p. [Bibl. nat., Z 19843].

Réimpression de l'édition précédente avec quelques modifications orthographiques.

1617. — Les œuvres du s'' Du Vair... IV, Traictez philosophiques (parmi lesquels le Traité de la Constance, p. 807-907), Rouen, chez E. Vereul, in-8° de 1241 p. [Bibl. nat., Z 198451.

Chacune des cinq parties est précédée d'une page de titre. Les Arrests et les Traictez philosophiques portent l'indication « chez Jean Osmont, rue aux Juifs, au nom de lesus, et en sa boutique en la court du Palais », 1617.

Réimpression des plus incorrectes. Deux exemples, entre cent, donneront un aperçu de la défectuosité de cette réimpression. Livre III, le texte porte : « L'homme n'a point de plus grand plaisir au monde qu'à produire beaucoup de choses et n'y a rien qui le resjouisse tant que ce qui sort de lui, soient enfans, soient ouvrages, soient inventions... ». L'éditeur de 1617 imprime : « ...soient cowra^/es,

a BIBLIOGRAPHIE CRiriQUB.

soient intentions ». Plus loin le texte porte : « ... rien qui tienne de la terre, ni de cette basse et corruiotible demeure... ». L'éditeur de 1617 imprime : « incorruptible ». Le reste à l'avenant.

J.-Bern. Michault, ap. Niceron, Mémoires pour servir à Vhistoirt des hommes illustres, XLIII, 156 et Brunetière, Manuel litt. franc., 1898, citent une édition des œuvres de Du Vair qui aurait paru, en 1617, à Cologne, cbez Pierre Aubert, sous le titre Œuvres politiques, morales et meslèes.... Pas plus que M. Radouant, Rev. hist. litt. de la France, 1899, p. 86, nous n'avons pu nous en procurer un exemplaire. N'y aurait-il pas confusion avec l'édition de Genève, impr. de Pierre Aubert, 1621, sous le même format et le même titre?

1618. — Les œvvres dv s*" Dv Vair, garde des Seaux de France, comprises ea cinq parties. Le contenu en chacune partie se voit es pages suyuantes la préface. Dernière édition reueuë et corrigée. A Paris, chez Gvillavme Loyson, au Palais, en la gallerie des Prisonniers. M.DG.XVIIl, in-4''. 2 parties en un vol. de 288-914 p. [Bibl. nat. Rés., Z 1671].

Le Traité de la Constance occupe la 2^ partie, p. 494-593.

Malgré la mention du titre « édition reueùe et corrigée », cette réimpression est très défectueuse : p. 495, « elle est bien enfoncée », au lieu de << bien tost enfoncée »; p. 518, « Ou le chère à de Terence... », au lieu de « Ou le Cherea de Terence »; p. 525, «certaines propositions en nombre... » au lieu de « proportions »; p. 541, « leur croissant se fait », au lieu de « croissance », etc.

1618. — Les œuvres du s' Dv Vair.... Paris, imprimées par J.Bessin. 2 parties en 1 vol. in-4° de 288-914 p. [Bibl. nat., F 19032].

Édition identique à la précédente.

1618. — Les œvvres dv s'' Dv Vair.... Paris, Samuel Thiboust, 2 parties en 1 vol. in-4° de 288-914 p. [Bibl. nat., Z4002].

Édition identique aux deux précédentes.

1619. — Les œvvres dv 5^ Dv Vair, garde des Sceaux de France^ comprises en cinq parties, dernière édition reueuë

et corrigée. A Paris, chez Pierre Billaine, au Palais, près la Chappelle sainct iMichel. 1619. Iii-fol. 6 fï. liminaires, 880 p., 8 ff. pour la table [Bibl. de l'Arsenal, B. L. in-fol. 205831. Cette édition ne se trouve pas à la Bibliothèque nationale. Le Traité de la constance occupe les pages 570-642.

Édition pareille à celle de 16iS.

1619. — Les œvvres dv s'' Dv Vair, garde des Sceaux de France, comprises en cinq parties. Dernière édition reueûe et corrigée. A Paris, chez Pierre Chevalier, rue Saint-Jacques, à l'image sainct Pierre prez les Mathurins. 1619. In-fol. 6 ff. liminaires, 880 p. 8 ff. pour la table. [Bibl. de l'Arsenal, B. L. in-fol. 205831. Cette édition ne se trouve pas à la Bibliothèque nationale.

Édition identique à la i^récédente.

1619. — Les œuvres dv s"" Dv Vair.... IV. Traictez philosophiques (parmi lesquels le Traité de la Constance). Rouen, E. Vercul, 1619. In-8'' de 1241 p. [Bibl. nat., Z 19846].

Reproduction de l'édition rouennaise de 1617, avec cette seule variante que chacune des parties porte le nom du même libraire.

1621. — Les œvvres politiqves, morales et meslées dv s"" Dv Vair... comprises en cinq parties.... Dernière édition reueuë, corrigée et augmentée d'un indice très ample. Genève, impr. de P. Aubert, 1621. In-8\ 8 ff. lim., 1392 p. et 24 lï. de table [Bibl. nat., Z 19844].

Cette édition n'innove sur les précédentes que par cette table de 24 ff. qui en rend la pratique très aisée.

1625. — Les œvvres de messire Gvillavtne Dv Vair, evesque et comte de Lizieux et Garde des Seaux de France, reveves par l'avthevr avant sa mort et augmentées de plusieurs pièces non encore imprimées. A Paris, en la bovtiqve de 1/Angelier, chez Clavde Cuamoisy, au premier pilier de la

Grand'Sale du Palais, 1625. In-fol. de 6 fi. lim. 1189-76 p. ^Bibl. nat., Z 769 et Rés. Z 362].

Cette édition de Du Vair, imprimée après sa mort, a été considérée comme la meilleure. De nos jours, elle est celle qui est le plus souvent citée. Radouant, en son important ouvrage sur Du Vair (Paris, 19C>9, p. 438, n. 1) la considère comme « la plus complète et la plus sûre ». Dans l'avis au lecteur, les éditeurs déclarent avoir eu entre les mains les manuscrits de Du Vair. Au fait, on y trouve, imprimés pour la première fois, divers morceaux, des discours, des harangues funèbres, trois arrêts (Voy. l'énumération, par Radouant, Rev. de l'hist. litt. de la France, 1899, p. 89) ; mais, à ne considérer que le Traité de la constance, qui nous intéresse ici, on doit constater que les éditeurs -^ parmi lesquels Peiresc et Duchesne — y ont fait des modifications qui sont évidemment de leur cru, après la mort de l'auteur, pour éclaircir le texte et l'adapter au goût du jour. Si l'on cherche l'œuvre même de Du Vair, en sa pureté première, cette édition de 1625 ne doit être prise en main qu'avec la plus grande réserve.

1625. — Les œvvres de messire Gviliav?ne Dv Vair, revevês par ravthevr avant sa mort et augmentées de plusieurs pièces non encore imprimées. Paris, chez Sébastien Craraoisy, rue S. Jacques, aux Cicognes. In-fol. de 6 tï. lim. et 1189-76 p. : liibl. nat., Z 770].

Édition identique à la précédente, tirée sur la même composition.

1627. — Les œuvres du s"" Du Vair... Dernière édition, reueue et corrigée. Rouen, David Geufi'roy, 1627, 4 ff. lim., 1165 p., in-12. Réimpression des éditions rouennaises citées ci-dessus.

1636. — Les œuvres du s^ Du Vair..., comprises en cinq parties : I. Les Actions oratoires. II. Arrests sur questions notables. III. L'Éloquence française. IV. Traitiez philosophiques (parmi lesquels le Traité de la constance). V. Traitiez de piété et sainctes méditations. Dernière édition, reueue et corrigée. Rouen, L. Du Mesnil, 1636. In-8° de 1165p.

BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE. Al

1636. — Les œuvres du s'' Du Vair comprises en cinq parties... Rouen, veuveM. de Préaulx. In-8<^, 4fï. lim., 1165 p.

Édition identique à la précédente.

1641. — Les œvvres de messire Gvillavme Dv Vair evesqve et comte de Lisievx, Garde des Seavx de France, dernière édition reveve, corrigée et avgmentée. A Paris, chez Sébastien Cramoisy, imprimeur ordinaire du Roy, rue Sainct- Jacques, aux Gigognes, 1641. In-fol. 8 IL lim., 1175 p. [Bibl. nat., Z 771j.

Cette édition a été publiée, vingt ans après la mort de Du Vair, par son neveu Jacques Ribier, au nom duquel est le privilège, daté du 28 juillet 1639. Le nouvel éditeur a pris pour base, non les éditions originales de 1595 et de 1606, mais l'édition remaniée de 1625, comme on s'en apercevra en consultant les notes omises au bas des pages qui suivent (notamment p. 58, 132, 134, 150, 157, 232, 233). Ribier a cru devoir remanier le texte de son oncle de manière à l'adapter au goût « épuré » du milieu du xvii^ siècle. Aussi bien reprochait-on à Du Vair son affectation à « fabriquer des mots et les tirer du latin ». N'était-ce pas déjà une sorte de néologisme? « Sponsion, cogitation, contuynélie, des sanctimoniales, contaminer, macilent, orbite, dilucidité, conteninement, un sol amène, etc. », ces termes, et d'autres qui se trouvent sous la plume de Du Vair, étaient -ils « du bel usage » ? De son vivant déjà, on jugeait qu'il se servait de locutions trop anciennes et d'expressions « négligées », « éloignées des belles tournures que lui fournissait son éloquence ordinaire » (Niceron, Mém.. pr. l'hist. des hommes illustres..., xliii, 15.3-54). C'est à quoi Jacques Ribier crut devoir remédier. Les expressions trop pittoresques ou bien d'un usage vieilli ont disparu de l'édition de 1641, ainsi que les légères traces qui pouvaient subsister de l'esprit un peu « libertin » de Guillaume Du Vair. A ce point de vue, cette édition de 1641 est d'un assez vif intérêt, et nous en avons relevé les variantes dans le cours des notes qui suivent.

Cette édition de 1641 mérite encore notre attention à un autre point de vue. Depuis son apparition jusqu'à la fin du xviii* siècle, elle a été considérée comme l'édition « classique » du grand écrivain, et, à ce titre, presque exclusivement lue et citée.

Comme il a été dit ci-dessus, nous avons pris pour base de cette réimpression l'édition de 1606. Nous ne l'avons cependant pas toujours suivie au point de vue de la graphie des mots et des règles grammaticales. On sait que le xvi" siècle prenait avec l'orthographe et la grammaire les plus grandes libertés.

Dans la même édition, le même mot est écrit de manières diverses, tantôt : '< celuy », tantôt « celui » ; tantôt : « je dy », tantôt «je dis ... », etc. Le participe passé s'accorde avec le complément qui précède, ou ne s'accorde pas. Le plus souvent il ne s'accorde pas. Quand le participe présent a pour sujet un pluriel, il se termine le plus souvent par un s ; « Si est-ce que le témoignage de tels personnages si concordans en cela... ». Mais, d'autres fois apparaît la règle actuelle. Notre désir était, tout en respectant la graphie du temps, de donner un texte aussi aisément lisible que possible; aussi avonsnous pris le parti d'uniformiser les règles en prenant, dans les diverses éditions du temps, la forme la plus moderne (^); en sorte que nous n'avons innové sur aucun point, tout en donnant à notre texte l'aspect le plus satisfaisant possible pour un œil accoutumé aux impressions d'aujourd'hui.

(1) En exceptant toutefois Je participe présent au pluriel. Nous avons gardé la règle ancienne sous laquelle Du Vair a écrit. Nous l'avons gardée à cause de la clarlé : voy. l'exemple ci-dessus.

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