CHAPITRE XVni
On passe à la dernière partie du snjet, celle des exemples ; Ion montre qu'il estittile de mêler de ternes à autre quelque chose 'd' agréable à une médecine sérieuse.
Telles sont, Lipse, les choses que j'avais à te dire pour la Justice divine contre les injustes qui l'attaquent. Je confesse qu'elles n'appartenaient pas intimement à mon sujet. Toutefois elles ne sont pas en dehors, car il n'est pas douteux que nous ne supportions ces calamités de meilleur gré et avec plus d'égalité d'âme, si nous sommes persuadés qu'elles ne sont pas injustes.
A ce moment, Langius s'arrêta un peu, puis', tout à
pit Langius, Beiie habet, inquieiis. respiravi. Superavi omiies quaestionum illos scopulos, et plenis jam velis invehi mihi posse videorin portum. Quartum ultimumque meum agmen conspicio : quod producam saiie libens. Et ut nautse, cum in tempestate Geminos vident, spem magnam et alacritatem concipiunt : sic ego, cui post Los fluctus apparuit Legio haec Gemella. Fas mihi enim prisco ritu eam ita dicere : quia biceps, et duo per eam mihi vincenda : Nec gravia haec mala esse quae nunc patimur, Nec nova. Id dum facio, in pauca haec quse superant, Lipsi, volentem attentumque te mihi da.
Nunquam magis, Langi, inquam ego. Xam me quoque juvat evasisse illa aspera : et à séria et severa illa medicina avide aspiro ad hanc lenem et popularem. Ita enim futuram eam tituhis mihi indicat.
Xec erras, inquit Langius. Xam ut medici postquam usserunt et secuerunt satis, non omittunt statim asgrum aut deponunt, sed benigna fomenta qusedam et acopa adhibent, doloribus mitigandis : sic in te ego. quem quoniam ferro et igné Sapientiae purgasse satis videor, lenibus nunc quibusdam alloquiis fovebo, et tractabo manu, quod dicitur, molliore. Descendam exillo Philo-
coup, il reprit : c'est bien; je respire. J'ai surmonté tous ces écueils de controverses, et je crois pouvoir désormais me diriger à pleines voiles vers le port. Je vois mon quatrième et dernier bataillon, et je le produirai de bon cœur. Comme le nautonier qui, dans la tempête, conçoit un grand espoir et reprend un nouveau courage quand il voit les Gémeaux , ainsi je me suis trouvé moi-même à la vue de cette Légion Jumelle quand je suis sorti de ces flots agités. Tu me permettras de donner ce nom de Jumelle à ma Légion, suivant la vieille mode, car elle est divisée en deux parties, et elle doit me servir à combattre deux ennemis. Je dis donc que ces maux que nous souffrons ne sont ni trop graves, ni nouveaux. Pendant ces dernières considérations qu'il me reste à t'exposer, prêtemoi ta bonne volonté et ton attention.
— Jamais plus volontiers, Langius, lui répondis-je. Moi aussi je suis charmé d'avoir franchi toutes ces aspérités , et j'aspire avidement à passer de cette médecine sérieuse et austère à une autre plus douce et mieux appropriée à ma faiblesse. C'est ce que vous allez faire si j'en juge par l'étiquette.
— Tu ne te trompes pas, dit Langius. Je vais faire comme les médecins : quand ils ont bien brûlé et bien taillé, ils ont soin de coucher aussitôt le malade et de lui appliquer des émoUients et des lémtifs pour diminuer ses douleurs. Moi aussi, après t'avoir suffisamment traité par le fer et par le feu de la Sagesse, je t'encouragerai par quelques causeries moins sérieuses. je te conduirai d'une main plus légère. Je descendrai
sophiîe arduo colle, et deducam te pauUisper in amcenos Philûlogiœ tuie campos. Idipsum tamen non recreando magis tibi, quam sanando. Ut Demochareiii medicum aiunt Considiae cuidam mulieri nobili, quaj omuem asperiorem medicinara abhorrebat, lac caprarum callide propinasse, sed quas lentisco pascebat : sic ego historica qiiœdam et oblectantia tibi infundam, sed occulto qiiodam Sapientiœ succo tincta. Quid refert qua via sanemus aegrum, dum persanemus?