‹ Traité de la fugueChapitre 83 sur 157 · IC · texte numérisé non relu

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255. — Nous avons terminé ici Vélude technique du divertissement : rélève devra se familiariser avec les différentes combinaisons énumérées ci-dessus. Nous aurons, plus tard, en traitant de la composition musicale de la fugue, à lui faire connaître quelles considérations pourront le auidcr dans le choix des thèmes des divertissements, dans (lucl ordre ceux-ci devront être présentés de préférence ; comment, en un mot, il devra s'y prendre pour que le procédé disparaisse complètement à l'audition : mieux il se sera assimilé la partie technique de la fugue, plus il sera maître do sa plume, moins le métier sera apparent, et plus libre sera son imagination; pour un moindre travail, le résultat sera meilleur.

256. — Il nous reste encore à tirer des exemples cités précédemment coycusioys. quelques conclusions : on a pu remarquer combien, dans tous les passages

cités, les entrées des voix sont fréquentes : cela tient à ce que toutes les parties (et cela est de la plus grande im[)orlance) ne se font pas toujours entendre en même temps; il faut donc ménager ces entrées [)ur des silences : il en résulte (|ue les divertissements d'une fugue à ([uaire parties sont plus souvent écrits à trois qu'à quatre voix.

DU DIVERTISSEMENT * i54 .

257. — Les entrées doivent toujours se faire sur une figure empruntée au sujet, au contresujet ou aux parties libres de l'exposition : elles ne doivent jamais avoir pour cause un remplissage harmonique.

On ne fera jamais taire une partie sans motif. Si on l'abandonne, il faut que, prise isolément, elle puisse donner lieu à une harmonie de cadence, parfaite ou autre.

258. — Les progressions sur lesquelles on base un divertissement seront toujours établies logiquement, c'est-à-dire de façon à aboutir naturellement à la modulation voulue, soit que la marche module, soit que, non modulante, elle se termine par la modulation nécessaire à la rentrée du sujet dans le nouveau ton où l'on doit l'entendre.

259. — Lorsqu'un divertissement est établi sur deux ou plusieurs progressions différentes, on aura soin de réserver pour la fin celles qui donnent lieu aux imitations les plus serrées.

260. — Il est nécessaire, pour que l'intérêt musical d'une fugue soit soutenu, que toutes les parties soient traitées d'une façon mélodique, en rapport avec le style du sujet. La partie supérieure notamment devra être rigoureusement travaillée dans ce sens, et la basse, en aucun cas, ne pourra affecter le caractère d'une simple basse d'harmonie. En outre, toutes les parties, par leur ensemble, devront concourir à donner l'impression d'une ligne mélodique nette, franche et continue.

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