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TRAITEMENT DE LA CACHEXIE GOUTTEUSE

Dans les cas chroniques, le changement de lieu et de climat est souvent utile. L'air de la mer est particulièrement nuisible.

Il faut bien prendre garde, quand on traite un eczéma invétéré, chez des goutteux, parce que ces malades sont sujets à des complications viscérales. Si cela arrivait, pendant le traitement, il faudrait ne plus s'occuper de l'eczéma et diriger ses efforts pour rappeler la goutte sur un organe non important.

Urticaire. — L'urticaire réclame un traitement alcalin. Les sels de ?oude et ceux de magnésie, avec le colchique, comptent parmi les meilleurs remèdes. La tendance persistante à cette affection est parfois jugulée par un vomilif.

Localement les lotions avec de l'extrait de saturne laudanisé apportent quelque soulagement. On observera certaines idiosyncrasies relatives à l'alimentation comme pouvant provoquer directement l'apparition de l'urticaire. L'eczéma peut coexister avec l'urticaire, ce qui constitue une association très désagréable.

Herpès. — Les différentes variétés d'herpès varient en importance et en signification, selon leur siège.

Le zona est la forme la plus intense qu'on rencontre dans la goutte. La douleur peut être très vive, surtout après la dessiccation des vésicules. Les pommades à l'acide borique ou à l'oxyde de zinc étendues sur de la ouate et maintenues par un bandage fortement serré, apportent tout d'abord un soulagement marqué. Les névralgies consécutives seront combattues par la quinine à haute dose et l'arsenic.

Le changement d'air et l'exercice sont très utiles.

Chez les vieillards, les douleurs peuvent persister très intenses pendant des mois, malgré tous les traitements.

YIL — Traitement de la cachexie goutteuse et de la goutte chez les personnes âgées.

Lorsque la cachexie goutteuse est établie chez un sujet, celui-ci doit être considéré comme un malade confirmé. Ces individus ont parfois un aspect très misérable, surtout s'ils ont des déformations très accentuées. La vie leur est à charge et chaque jour apporte avec lui un nouveau sujet d'ennui ou d'incommodité. La conduite à tenir dans chaque cas varie naturellement selon le cas lui-même. Ce qui domine la scène, ce sont les dégénérescences de tissu plus ou moins développées; aussi, les symptômes peuvent-ils être très multiples et très complexes. Il existe souvent une cirrhose rénale très avancée,

associée à des lésions cardio-vasculaires, d'où un affaiblissennent progressif de l'action du cœur et de l'insuffisance rénale. Il peut exister des déchéances de tissu graves avec peu ou pas de tophus; dans certains cas, ces derniers prédominent. La bronchite est fréquente et il peut y avoir en même temps de l'eczéma, habituellement sec. Quand celui-ci prend un caractère aigu, les autres symptômes peuvent s'atténuer, et, quand il s'apaise, on peut voir éclore d'autres manifestations dans les poumons ou les reins. Il peut survenir des signes d'irritation vésicale, des hémorragies ou de la goutte prostatique.

L'état mental varie, aussi il peut y avoir une grande dépression ou une grande irritabilité, les malades se plaignent continuellement ou sont mécontents de tout.

Lorsqu'il y a des déformations, entraînant de véritables difformités^ le malade doit rester chez lui et avoir ses appartements au même étage. Si ses forces le lui permettent, il passera l'hiver dans un endroit chaud et abrité, tel que la Riviera ou l'Algérie. Cependant bien peu de malades peuvent être transportés aussi loin.

Le régime variera selon les indications spéciales à chaque cas et sera réglé surtout d'après l'état des fonctions digestives et l'activité fonctionnelle du rein. Le lait, le poisson, les féculents sont ce qui convient le mieux ; cependant on pourra permettre la viande tous les deux ou trois jours. Le vin ne doit pas être proscrit d'une façon absolue, car il faut s'occuper du malade d'abord et de sa maladie ensuite. On pourra lui permettre 60 à 120 grammes de vin de porta vieux et un peu de cognac. On surveillera autant que possible la nutrition générale. Un exercice modéré tous les jours, soit à pied, soit en voiture, au soleil, est très favorable. Si cela est impossible, on fera une ou deux fois par jour des frictions générales, mais sans que cela soit une cause de fatigue. Quand les mains et les doigts sont raides, on pourra rouler de temps à autre entre les doigts un petit morceau de cire molle pour en provoquer la flexibilité, ainsi que le recommandait Aurelianus. Une occupation très utile serait de faire du filet.

Dans la cachexie goutteuse, on ne doit avoir recours à aucun bain ni à aucune eau minérale, ce n'est plus le moment.

Les vêtements devront être peu ajustés, chauds, en laine pour toutes les parties du corps.

On évitera surtout de s'exposer au froid et aux vents froids. Pendant l'hiver, la chambre à coucher devra être chauffée toute la nuit

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et maintenue autant que possible à la température de 18° à 20°. Au moment de se mettre au lit, un pédiluve chaud est très utile.

La régularité du ventre est très importante et doit être assurée par les laxatifs les plus simples, quand cela est nécessaire. On évitera les purgations fortes.

Quelquefois des médicaments toniques seront utiles; on pourra prescrire du fer sous forme de sirop d'iodure de fer ou de citrate ammoniacal avec de la noix vomique. On pourra donner après les principaux repas un verre d'eau d'Orezza ou de Spa. On combattra la flatulence à l'aide de l'huile essentielle de cajeput et de la teinture composée de lavande '. Chez les vieillards qui n'ont pas de complication rénale mais qui souffrent beaucoup, on peut avoir recours au bromure de potassium ou aux opiacés, pour la nuit. La paraldéhyde à la dose de 30 à 40 gouttes est quelquefois utile.

Le benzoate de lithine, associé à la noix vomique, rendra des services surtout dans les troubles vésicaux. On y joindra un purgatif doux, le matin, tous les dix à quinze jours.

L'esprit devra toujours être porté vers des idées gaies, autant que possible. Les lectures et l'entourage du malade devront y contribuer afin de chasser l'ennui et d'atténuer les petites misères de la vie.

Le traitement de la goutte chez les vieillards devra être dirigé d'après des principes très différents de ceux que l'on doit suivre lorsqu'il s'agit de sujets jeunes. Tous les moyens violents et énergiques seront repousses. Quand surviennent des symptômes articulaires plus ou moins aigus, il sera préférable de ne pas trop s'y attacher; car, dans ces cas, le colchique rend peu de services. Le repos au lit, les topiques chauds, les alcalins seront de beaucoup préférables. Le bromure de potassium est un médicament très indiqué.

Les manifestations de goutte rétrocédée pourront être traitées par des pédiluves chauds et des purgations modérées. Les stimulants sont utiles et nécessaires. On prescrira l'opium s'il n'y a pas de contre-

j. TEINTURE COMPOSÉE DE LAVANDE (Pli. Bn't.)

Essence de lavande 5 grammes

— — romarin 1 —

Cannelle 10 —

Muscade 10 —

Santal rouge 10 —

Alcool à 85° 9 il —

Macérez les espèces pendant huit jours. Passez, exprimez, ajoutez sur le mare q. s. d'alcool à 85" pour compléter les 944 de teinture. Ajoutez les essences. Dose : 10 à 30 grammes en potion.

indication. Le grand point à observer c'est d'éviter nhnia dUigeniia medici et d'avoir de la patience. S'il survient des complications spéciales, on les traitera avec douceur.

YlII. — Traitement médicinal prophylactique de la goutte.

Les moyens auxquels on peut avoir recours, pour éviter le retour des attaques aiguës ou des autres phases de la goutte, peuvent être classés en deux catégories : i'^ le traitement prolongé pendant longtemps entre les attaques; 2° le traitement destiné à prévenir une attaque qui menace.

Dans le premier cas, on s'attachera surtout à régler le régime et le genre de vie du malade, comme nous l'avons dit plus haut. Toutes les conditions qui peuvent déprimer la force nerveuse devront être évitées avec soin et l'on maintiendra le tonus nerveux à son maximum d'énergie. Lorsqu'il y a une tendance dominante à l'uricémie, la ligne de traitement la plus rationnelle consiste à prescrire un régime sévère. Comme moyens pharmaceutiques, les alcalins sont des agents de premier ordre ; mais comme on ne peut en prendre en permanence, la meilleure façon de maintenir l'alcalinité du sang c'est de faire usage d'eau minérale pendant dix à quinze jours par mois. Parmi celles-ci la plus active est l'eau de Vichy à la dose d'une demi-bouteille par jour, entre les repas. On emploiera dans le même but les eaux qui contiennent de la potasse et de la lithine, telles que Oiesshubel, Kronenquelle, Vittel, Bath.

Si l'on veut une médication plus directe, dans les cas de dyspepsie par exemple qui précède souvent les attaques, il n'y a pas de meilleur traitement que la poudre de rhubarbe composée prise dans de l'eau de menthe, à laquelle on ajoute quarantes gouttes d'esprit aromatique d'ammoniaque '. On pourra prendre une heure avant le dîner quinze grammes de teinture de rhubarbe avec soixante-quinze centigrammes de bicarbonate de potasse, dans trente grammes d'eau chloroformée.

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