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FRICTIONS ET MASSAGE DANS LA GOUTTE

Bains de mer.

Les bains de mer sont rarement indiqués ; en tous cas, leur utilité est très contestable au-dessus de cinquante ans. On peut les autoriser quand les sujets sont jeunes, atteints de goutte franche. Pour les personnes plus âgées, et quand la goutte est asthénique, les bains de mer et les douches sont d'une certaine valeur. Quand il y a association de scrofule et de goutte, on conseillera le séjour au bord de la mer tous les étés, pendant quelques semaines. Les eaux de Salins- Moutiers, au milieu des Alpes, sont une véritable mer thermale et sont très utiles dans ces cas.

Electricité dans la goutte.

Dans la goutte chronique on peut retirer de bons effets de l'électricité pour lutter contre la faiblesse générale, musculaire et nerveuse. L'amyotrophie, causée par les arthrites, est très heureusement influencée par des courants voltaïques appliqués tous les jours, et par des frictions sur les parties affectées. Les névrites, les névralgies, même celles consécutives au zona, cèdent parfois à ce traitement.

Des frictions et du massage dans la goutte.

Pour moi, j'adopte absolument la maxime de sir William Temple, à savoir « qu'aucun homme n'aurait la goutte s'il pouvait avoir un esclave pour le frictionner ». Comme ce diplomate était ambassadeur à la Haye, à l'époque où Boerhaave était encore jeune, il est bien possible que celui-ci se soit inspiré de cet adage pour conseiller les frictions : « Exerchatio magno continuato, equitalioms in aère puro, tum frictionibus, motihusque partiwn ssspe iteratis » (aphorisme 1275).

Les frictions régulières sont incontestablement utiles pour activer la circulation et faire disparaître les accumulations d'urates. En ce moment, les frictions jouissent d'une nouvelle vogue, sont élevées à la hauteur d'une méthode thérapeutique, et sont pratiquées par des hommes exercés. Gomme pour tous les traitements, on a fondé trop d'espoir sur elles et on en a abusé. Elles sont indiquées dans la goutte chronique, quand il y a menace de déformations, et chez les individus qui ne peuvent prendre de l'exercice. Quand toute douleur a cessé dans une articulation récemment atteinte, on peut y faire avec profit des frictions et du massage. Dans beaucoup de stations thermales,

cette pratique est très en honneur. Elle est utile surtout dans les mois d'hiver, quand la peau ne fonctionne pas. Quand elle est bien pratiquée, elle cause un peu de fatigue, mais stimule l'appétit et la digestion. La friction pratiquée sur les extrémités est très utile, chez les individus prédisposés à la goutte, surtout avant qu'elles soient affaiblies par des attaques successives. On doit laver tous les jours les pieds avec du savon et de l'eau et les frictionner ensuite. On changera deux fois par jour de chaussettes et de souliers, et, dans certains cas, chaque doigt de pied, ou tout au moins le gros orteil, sera dans un doigtier, comme un gant. Les chaussures seront larges et, en hiver, pourvues d'une semelle de liège. Dès que la chaussure sera humide, on la changera le plus tôt possible, et l'on devra en avoir un grand nombre de paires alîn de varier la pression que chacune exerce sur le pied.

Des voyages dans la goutte.

Dans les bienfaits que les malades éprouvent des traitements thermaux, il faut tenir compte de la part qui revient au voyage lui-même. L'air sec des montagnes convient généralement le mieux; mais il y a des exceptions, et certains malades se trouvent mieux au bord de la mer. Quand les voyages sur mer sont bien supportés, on peut en retirer de très bons résultats. Le côté défavorable de ces vo3'ages, c'est qu'on a de la tendance à trop manger et à ne pas prendre assez d'exercice.

Du climat favorable aux goutteux.

La Rivière offre un grand nombre d'endroits très favorables. L'Egypte est trop déprimante. L'Algérie et le Maroc sont utiles dans certains cas chroniques, surtout avec des complications rénales. Pour les malades qui n'ont pas de déformations ou qui ne sont pas trop faibles, il y a grand avantage à faire un voyage au Cap de Bonne- Espérance pendant les premiers mois de l'année, ou aux Indes en octobre. Les régions salubres du nord de l'Inde représentent, à mon avis, le meilleur climat pour y passer la saison froide. Le Mexique et le sud de la Californie ont aussi un air très stimulant.

Il ne faut cependant jamais oublier qu'aucun cUmat n'est par lui seul utile dans la goutte, si le genre de vie du malade, tant au point de vue de l'exercice que du régime, n'est pas conforme aux règles de l'hygiène. On en appréciera les effets selon l'état de la nutrition gêné-

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