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et dans les cristaux qui.appartiennent au système tessulairé, une élévation de température partagée par toute la masse produit une,égale dilatation dans tous lessens, la masse ne faisant que croître en dimension, sans changer de figure. Mais dansles cristaux qui n’appartiennent pas au systèmetessulaire, c’est-à-dire qui n’ont pas une forme symétrique par rapport à trois axes rectangulaires, la dilatation causée par un accroissement de température est loin d’être la même dans toutes les directions. Dans certains cas, ‘la dilatation ,dans un sens est accompagnée d’une contraction dans un autre:
1110.— M. Mitscherlich a trouvé dans le spath d'Islande ordinaire (carbonate de chaux) un exemple remarquable de ce dernier fait, le plus important, sans aucun doute, que l’on connaisse en pyrométrie. Lorsque ce cristal est chanffé, il.se dilate dans le sens de l’axe du rhomboïde obtus qui constitue sa.forme primitive et se contracte dans le sens perpendiculaire à cet axe ; de sorte qu'il doit y avoir une direction .intermédiaire dans laquelle la substance conservé ses dimensions, malgré le changement de température. Une conséquence nécessaire de cette inégalité d’action pyrométrique, c’est que lès angles de la forme primitive s’altèrent, le rhomboïde devenant moins obtus à mesure que la température s’élève, comme on s’en e$t assuré par des mésures directes. M. Mitscherlich à trouvé qu'une élévation de température, depuis le degré de congélation jusqu’à célui d’ébullition , produisait une différence au moins de 8! 50” dans l’angle dièdre à l’extrémité de l’axe du rhomboïde. (Bulletin des Sciences publié par La société philomatique de Paris, 1824, page 40.) ‘
tixr. — M. Mitscherlich s’est assuré du fait précédent en mesurant , à divers degrés de température, uné lame de spath d'Islande à faces parallèlés à l’axe ,.à l’aide du sphéromètre, espèce de calibre d’une extrême précision imaginé par M, Biot pour mesurer l'épaisseur d’un solide quelconque en forme de
lame au moyen:dé la révolution d’ane vis dont la pointe touche légèrement la surface et qui permet d’apprécier sur-lechamp jusqu’à un. dix-millième de pouce. L'expérience est délicate de sa nature ; mais le fait général d’une variation inégale ‘de diménsion par le changement de température peut être démontré/par une simple expérience qui n’exige presque aucun appareil.
Au-dessus d’une lampe à esprit de vin on fait fondre, dans une cuillère, une petite quantité de sulfate de potasse et de cuivre, espèce de sel anhydre que l’on compose aisément en faisant cristalliser ensemble les sulfates de potasse et de cuivré. La fusion a lieu à un degré de chaleur justement audessus de celui du fer rouge et produit un liquide d’un vert
sombre qui $e change, par le refroidissement, en un solide d’un beau vert émeraude qui conserve sa cohésion jusqu’à la température de l’eau bouillante. Alors unecommotion.se propage dans toute la masse, à partir de la surface, chaque molécule se détachant des autres avec violence, jusqu'à ce qu’en peu d’instants toute la masse soit réduite en poussière. Un pareil effet ne pourrait avoir lieu si tous les petits cristaux entrelacés dont se composentle sel solidifié éprouvaieït ; par le refroidissement , une contraction égale dans tous les sens, qui maintiendrait leur juxtaposition. Des phénomènes analogues et explicables par les mèmes principes ont été observés, par M:Achard, dans la fasion de diverses fr'ses ue , erre:
1112. — La liaison est si intime entre les caractères optiques’et cristallographiques que nul changement nepeut avoir lieu dans les uns sans que les autres ne s’altèrent en. conséquencé. Comme le rhomboïde de spath d'Islande: devient moins obtus par l’action de la chaleur, et approche davantage du cube, on pouvait s'attendre à voir/diminuer son pouvoir biréfringent par la même cause :.c’est en effet ce que M. Mitscherlich a reconnu par des mesures directes.
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Le même physicien a découvert, plus récemment, ce fait singulier, que le gypse, ou sulfate de chaux ordinaire, -qui, à des températures moyennes ; a se$ deux axes optiques dans le plan deses lamelles inclinés à 6o° l’an sur l’autre , subit une altération très grande‘par l'élévation de la température. Les axgsse rapprochent et finissent par se réunir ; mais si la chaleur est poussée plus loin, ils se séparent de nouveau, dans uu plan perpeñdiculaire à celui des lamelles, et offrent ainsi un bel exemple dela théorie des axes opliques due au célèbre Fresnel. $
1115. — Nous citons de mémoire le résultat précédent, ayant cherché en vain la source d’où nous le tenons. Mais le. cristal’/dont il s’agit change de constitulion chimique à une température si basse, par la perte deson‘eau de cristallisation; qu'il était naturel de s’atlendré à le voir.éprouver, par la chaleur, des’effets plus marqués que d’autres corps moins destructibles.
Dans cemoment , nous n’avons pas l'opportunité de vérifier le fait; mais nous remarquerons, en passant, que les teintes manifestées par une lame. de sulfate de chaux actuellement devant nous, et exposée à la lumière polarisée, s'élèvent rapidement dans l'échelle lorsque la lame est chauffée modérémént par la flamme d’üne chandelle tenue à une certaine distance au-dessous d’elle, et descendent quand la chaleur cesse; ce, qui,, jusque-là, est conforme au résultat rapporté ci-dessus. Soumis. à la même épreuve, le mica n’éprouve aucun changement sensible dans la position de ses axes ou la grandeur de ses anneaux , même quand on pousse la chaleur jusque près de l’ignition.
$S XII. — Des propriétés de la lumière considérées comme ‘caractères chimiques et minéralogiqués ; de l’emploi qu’on en peut faire pour découvrir la structure intime des corps. Lu
Relation entre les pouvoirs réfringents et la composition chimique’ des corps.— Classification des corps suivant l’ordré de leurs puissances réfractives. — Table des indices de réfraction ; remarques sur cette table, — Table des pouvoirs réfringents intrinsèques ; remarques sur cette table. — Table des pouvoirs dispersifs ; remarques sur cette table: — Expérience sur l'huile de cassia. — Usage de angle de polarisation comme caractère physique. — Action des surfaces cristallisées sur la lumière réfléchie, Table des angles entre les axes optiques de plusieurs cristaux. — Teintes opposées de la vésuvienne. — Pouvoirs polarisants considérés comme caractères physiques des milieux. — Usage de la lumière polarisée pour démêler des structures compliquées, — Cristaux de nitre, — Arragonite, —"Topaze. — Tessélite. = Sulfate de potasse. — Analcime, Kb ‘
1114. — Newton, dont les regards ont embrassé toute la nature, observa le premier la connexion qui existe entre les pouvoirs réfringénts des milieux diaphanes et leurs propriétés
chimiques. Sa conjecture bien connue sur la nature inflammable du diamant, fondée sur l'extrême réfringence dé ce minéral et. vérifiée par la découverte subséquente du carbone, fut peut-être moins remarquable par sa‘hardiesse à cètte époque où la chimie n’était qu’un pur jargon dans lequel {e sel, le soufre, la terre, l’huile et le mercure pouvaient être substifués presque. indifféremment l’un à l’autre, qu’elle ne l'eût été cinquante ans plus tard. Celle de la nature inflammable de l’un des éléments de l’eau est au moins aussi étonnante comme preuve de sagacité, et peut-être est-elle plus intéressante pär la grande influence que $a vérification a exercée sur la science chimique tout entière: Ces exemples suflisent pour montrer l'importance de l'indice de réfraction, soit qu’on le combine avec la pesanteur spécifique du milieu, soit qu’on le considère séparément comme simple caractère
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