I, CAUSES PRÉDISPOSANTES OU PRINCIPALES
Hérédité.
La plupart des enfans issus de parens scro* pbuleux , portent en venant au monde une disposition à cette maladie. On a même observé qu'elle ne tarde pas en général à se développer. C'est en vain qu'on a voulu révoquer ces faits en doute, le témoignage de Texpérience est irrécusable. Je connais des familles entières où le vice scropliuleux se perpétue depuis deux et trois générations , et il n'attaque pas seulement un enfant, mais cinq, six, et plus encore. Dans les pays où cette affection est très-commune, et pour ainsi dire endémique, comme en Angleterre, on est tellement convaincu de cette vérité, qu'un des points les plus importans dans lé choix d'une épouse, est qu'elle soit exempte du vice scropliuleux.
Au reste, qu'y a-t-il d'étonnant qu'une maladie constitutionnelle soit héréditaire? Ne sait'on pas que toutes les maladies de ce genre ont le funeste privilège de se transmettre avec la vie? (i)
Non-seulement les enfans dont nous par-
(1) La difficulté cle concevoir qu'une maladie qui n'est pas contagieuse puisse être héréditaire, a porté plusieurs médecins , parmi lesquels on distingue W^itlie , Faure, Chambon , etc. , à refuser ce caractère à la maladie scropliuleuse. Cette difficulté n'existe point dans la théorie que nous avons proposée : en effet, en admettant , comme nous l'avons fait, que la constitution strumeuse consiste dans une certaine disposition de l'organisme, on conçoit que les parensla transmettent k leurs descendans comme ils leur transmettent les traits de leur physionomie, leur taille, leurs gestes, le so^i de leur voix. Au surplus, la difficulté d'expliquer un fait ne prouve rien ni pour , ni contre l'existence de ce fait. Loin de nier l'hérédité des scrophules, M. Portai, fondé sur l'analogie des symptômes, des lésions cadavériques, et sur d'autres caractères, M. Portai pense que la plupart des maladies héréditaires dépendent du t^ice scrophuleux (Voyez ses Considérations sur la nature et le traitement des maladies de famille et des maladies héréditaires) ; et cette opinion vient de recevoir un nouveau degré de probabilité des travaux de M. Combes Brassard , en ce que presque toutes les maladies que ce médecin a rapportées à la diathèse scrophuleuse , sont héréditaires, quoiqu'il ne paraisse pas avoir tenu compte du pliéno-
l8 TRAITÉ
Ions sont entachés de la disposition écroue]-leuse, mais il en est qui naissent avec celle affection toute formée. Parmi ces derniers,
a. Les uns sont affectés, peu de temps après leur naissance, d'une inflammation des yeux, connue sous îe nom ai! Ophthalmie des nou" peau-nés,
h. D'autres présentent des éruptions cutanées, des ulcérations, des écoulemens puriformes des oreilles , tous symptômes scrophu« leux à cette période de la vie. Tout récemment encore il s'est offert à mon observation un cas analogue. C'est peut-être ici qu'il faut ranger le Pemphigus des nouveau-nés, observé par M. OsiANüER.
c. D'autres ont des engorgemens glanduleux.
d. Ceux-ci sont affectés du sjpina - bifida ^ maladie presque toujours de nature scrophuleuse.
e. Ceux-là présentent un endurcissement du tissu cellulaire ^ affection particulière aux nouveau -nés, observée pour la première fois
mène de l'hérédité dans cette espèce de généalogie. ( £ssai 6ur les maladies des Enfans. )
( Note du traducteur. )
DE liA MALADIE SCROPHULEUSE. I9
en France, ensuite en Angleterre et en Allemagne.
Ce qui me porte à penser que cette affection est de nature scrophui eu se , c'est, d'une part, l'analogie qu'elle présente avec la diathèse de ce nom 5 et de l'autre , parce qu'elle n'a été observée que depuis que la constitution strumeuse est devenue si commune , et particulièrement dans les pays où cette constitution est presque endémique.
Toutefois, de ce que le vice scropliuleuxest héréditaire, il ne s'ensuit pas qu'un enfant issu de parens scrophuleux ne puisse éviter de ]e devenir. L'art lutte quelquefois avec avantage contre la nature.