V. Glandes ahcédées , ulcères scrophuïeux
Quoique le sujet de ce chapitre soit plutôt du ressort de la chirurgie que de la médecine , cependant je crois devoir faire observer que dès qu'on est convaincu de la nature scrophuleuse d'un ulcère, il faut combattre directement la maladie dont il n'est qu'un symptôme. Sans cela , les moyens locaux les plus puissans seraient inutiles, au lieu que les moyens généraux suffisent souvent pour guérir les ulcères sans le secours des topiques.
On ne saurait s'interdire avec trop de soin les onguens gras , et généralement tous les moj^ens débilitans, car ils sont plus nuisibles qu'utiles. En fait de topiques , je n'en connais pas qui soient préférables aux fomentations
de ciguë, de quinquina et de sublimé (niuriate suroxigéné de mercure), ou à l'eau phagédéiiique.
Je ne puis assez recommander, dans les ulcères chroniques dont nous parlons , l'ap})Iication des feuilles fraîclies ( écrasées ) de tussilage, de bardane et de choux. Un individu portait un ulcère carcinomateux à la face, d^örigine scrophuleuse; il avait déjà dévoré une portion considérable de la peau , et s'était montré rebelle à tous les moyens qu'on avait tentés jusqu'ici. On !e guérit par des applications, réitérées toutes les trois heures, de feuilles fraîches de choux blanc, et du suc de cette même plante.
Du reste , l'usage intérieur des sucs d'herbes, fraîchement exprimés , a produit des effets merveilleux dans les cas dont il est ici question. Je loe souviens entr'autres d'un enfant de six ans qui portait un ulcère scrophuleux et carcinomateux au cou; cet ulcère avait déjà détruit une parlie du voile du palais; et les moyens les mieux éprouvés , en pareil cas , avaient échoué. On fil prendre à cet enfant les sucs fraîchem.ent exprimés de tussilage, de bardane, de cresson et de chélidoine, et l'ulcère se cicatrisa.
VI. Affections scrophuleuses des os , pédar-' throcace^ carie*
Non-seulement les moyens généraux doivent former la partie essentielle du traitement , mais ils suffisent souvent pour opérer une guérison complète. Cependant , les moyens locaux peuvent la favoriser ; j'entends parler surtout de ceux qui ont une action particulière sur les os; tels sont entr'autres les bains, soit généraux, soit locaux, de Sabine, de calamus et de garance. Il faut en dire autant des fomentations de ciguë, de sublimé , ou de mercure nitre ux.