XI. Lésions mécaniques , chocs , accidens , secousses , etc
Sans nier que ces lésions puissent donner lieu à la déviation de la colonne vertébrale , cependant nous ferons observer qu'elles agissent bien plus souvent comme causes occasionnelles que comme causes prédisposantes. Et la preuve, c'est qu'il est extrêmement rare qu'elles produisent cette difformité sur les constitutions robustes.
La plupart des causes que nous avons exposées jusqu'ici, sont du nombre de celles qu'il suffît de connaître pour en prévenir les effets.
i*^. Il est clair qu'il faut soustraire les enfans à l'action de ces causes; ainsi point de lits de plumes, ni d'habits trop étroits, etc.
a*". On les lavera chaque jour sur toutes les parties du corps, et notamment aux environs de la colonne vertébrale , avec de l'eau froide,
et on leur fera prendre un bain tiède une ou deux fois par semaine. Il n'est pas de meilleur moyen pour favoriser le développement uniforme de toutes les parties , pour prévenir les difformités et pour résoudre les glandes qui commencent à s'engorger. Mais si les enfans sont très-faibles , ou s'ils sont déjà affectés d'une déviation commençante, on. frictionnera la colonne vertébrale avec de l'eau-de-vie.
3^. De bons alimens et un air bien sain , les meilleurs de tous les toniques.
4°. Ne contraignez jamais un enfant à rester long-temps assis ni debout; qu'il marche, qu'il coure , qu'il joue , qu'il exerce tous ses membres à la fois ; c'est le moyen de maintenir l'équilibre entre tous les organes , de fortifier le corps, et, par conséquent, de prévenir les suites qui pourraient résulter de la faiblesse. Mais souvene^^-vous que jamais l'exercice n'est plus tonique que lorsqu'il est pris en plein air.
5®. Je conseille de coucher les enfans sur des matelas de crin , de balle d'avoine , de laine même , mais jamais sur la plume. Ainsi l'on évitera les inconvéniens que nous avons reprochés aux lits de plumes, et l'on aura le double avantage de fortifier le corps, et de lui donner une bonne direction pendant le sommeil.
Au reste 5 pour bien faire sentir la clifférence des matelas de crin et des lits de plumes, il n'y a qu'à les comparer. On a remarqué que lorsqu'on couche sur la plume , le lendemain oa se sent fatigué , on a de la peine à s'éveiller, il en coûte poursecouerle malaisequ'on éprouve. Au lieu que ceux qui dorment sur des matelas de crin se sentent frais, légers et bien dispos au moment du réveil.
6°, Soyez attentifs à toutes les altitudes que prennent les enfans ; qu'ils soient assis , couchés ou debout , il est important qu'ils se tiennent bien.
7**. A plus forte raison devra-t-on redoubler d'attention à la moindre apparence du mal. On examinera le corps des enfans à la suite des maladies et des croissances trop rapides.
Que si , malgré tous ces soins , malgré toutes les précautions dictées par la prudence , on n'a pu prévenir la maladie, il faut songer'a la guérir. Guidé par mon expérience, je conseille à cet effet :