ARTICLE PREMIER
DES TROUBLES SOMATlgUES.
Les quatre séries de symptômes que nous avons étudiées tout spécialement à cause de leur importance majeure au point de vue du diagnostic, dans la première période, perdent cette importance lorsque la paralysie générale en est arrivée h son second degré, et ceci pour trois raisons : c'est d'abord parce que ces quatre ordres de symptômes, qui étaient presque constants à la première période, ne le sont plus à la seconde; ainsi la fièvre ne se montre plus à la seconde période avec les caractères que nous lui avons assignés. C'est, en outre, parce que ces manifestations, quand elles subsistent à la deuxième période, deviennent telle* ment évidentes qu'il n'y a pas besoin d'appeler longuement sur elles l'attention de l'observateur. Ainsi, l'embarras de la parole atteint un degré tel, à la deuxième période, qu'il se fait immédiatement remarquer.
Une troisième raison qui fait que les quatre ordres de symp» lômes précités perdent de leur valeur relative, c'est que les symptômes que nous avons appelés c accessoires >, continuant à s'accentuer, finissent, à leur tour, par acquérir une importance majeure.
C'est ainsi que la paralysie uni-latérale, que le tremblement des membres peuvent atteindre un degré considérable.
Chacun des symptômes que nous avons appelés c accessoires » peut, à la deuxième période de la maladie, prédominer d'une façon notable ; chacun d'eux peut même atteindre une importance suffisante pour mériter le nom de cofnplication.
IIP SYMPTOMES DE LA DEUXIÈME PÉRIODE
C'est ce que nous verrons plus loin.
De sorte que tel symptôme , qui est prédominant chez M. À...^ peut être au deuxième plan ou même ne pas exister chez M. B...
Il en résulte qu'il est impossible de tracer un tableau de la paralysie générale, à la deuxième période, qui puisse s'appliquer à tous les cas, ou même à la majorité des cas ; aussi est-ce au lit du malade qu'il faut étudier, si Ton veut bien connaître la deuxième période.
Nous n'essayerons donc pas de tracer le tableau de la maladie, qui a été fait par presque tous les auteurs classiques ; nous nous contenterons de faire une analyse assez détaillée des diverses manifestations qu'on peut rencontrer.
1** Altérations de la sensibilité générale et spéciale. — a. Anesthésie et hyperesthésie. — D'après quelques auteurs, l'anesthésie qui existe quelquefois au début disparait graduellement à mesure que l'affection fait des progrès. Suivant M. Lasègue, il n'en est rien et l'anesthésie peut se rencontrer aussi bien à la seconde qu'à la première période.
De même Thyperesthésie s'observe à la deuxième période au moins aussi souvent qu'à la première; elle est rarement générale; elle a pour siège non-seulement la peau, mais encore les muscles et les viscères, et elle est l'origine de cei'taînes conceptions hypocondriaques. C'est à elle qu'il faut attribuer l'irritiition génitale qui porte certains malades à des pratiques d'onanisme effréné.
Elle est surtout en rapport avec l'hyperhémie des méninges spinales postérieures, qui donne lieu à des produits de nouvelle formation dont la présence irrite et comprime les racines spinales postérieures. La sensibilité électro-musculaire est intacte, tant qu'il n'y a pas de ramollissement de la moelle.
b. Doulenrs et névralgies. — Comme nous l'avons vu, elles sont fréquentes à la première période, à la période intermédiaire, et même à la période prodromique, disparaissent d'habitude, lorsque la maladie arrive à la deuxième période. Seule, une céphalalgie fronto-pariétale persiste quelquefois continue, mais peu intense; elle consiste en une sensation de pression et de plénitude due à de la congestion cérébro-méningée.
UES TROl'ULES SOMATIQUES lit
Il y a probablement à cette période, bien plus encore qu'à la première, des troubles de la conscience mn<:culaire et du sens musculaire , mais les malades en rendent difficilement compte.
c. Troubles de la vue, de Votiie. — Les sens s'émoussent ; la vue
Fk. 1. — DiMtlUmet^tTiÊetùm,pVMncaîliot,éétaTléTtcmlraleie lariline.
surtout s'affaiblit notablement; les contours, les couleurs des objets deviennent moins distincts, il existe de ladyschromatopsie, et quelquefois l'un des yeux perd plus vite que l'autre l'int^ité de ses fonctions.
Les résultats fournis par l'examen ophlbalmoscopique n'expli-
i\i SYMPTOMES DE LA UErXIËME PÉRIODE,
quent pas toujours t'amblyopie. C'est ainsi (1) que sur quarante examens que j'ai Tails avec M. le docteur Galezowski, deux fois seulement nous avons pu percevoir une atrophie partielle de la papille, entre autrcschezunenommée M... (fig. 2) (et l'autopsie
AA, Artère cenUiilc de la ritinc.
P. Papille.