‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 27 sur 126 · MARCHE ET FORMES · texte numérisé non relu

MARCHE ET FORMES

à la démence absolue, et les sentiments affectifs arrivent à s'éteindre complètement.

Les fonctions de la nutrition elle-même n'échappent pas à la déchéance ; si quelquefois on observe l'engraissement, comme chez les aliénés atteints de démence simple, le plus souvent on assiste à un amaigrissement progressif, même lorsque les fonctions digestives ne sont pas altérées.

Cette cachexie qui se révèle encore par la décoloration de la peau, par la fétidité des sécrétions cutanées, par l'apparition très-fréquente d'eschares survenant à la fois sur différents points, a évidemment pour cause première l'altération de l'axe cérébro-spinal ; mais l'état de viciation du liquide sanguin nous semble jouer un rôle autrement important dans tous ces phénomènes cachectiques, et particulièrement dans la production des eschares.

Les eschares apparaissent surtout chez les malades mal soignés et aux points de la peau soumis à une compression prolongée, mais on les voit aussi survenir dans d'autres conditions et sans cause appréciable. Elles arrivent plus ou moins rapidement, sont plus ou moins généralisées, surviennent par poussées successives ; le plus ordinairement elles donnent lieu, après une mortification plus ou moins profonde des tissus, à un ulcère qui met longtemps à se cicatriser ; d'autres fois, elles entraînent la mort par infection putride. Elles ne sont pas dues plus spécialement à une lésion spinale qu'à une lésion cérébrale; tous les efforts tentés pour trouver la cause déterminante dans une lésion cérébrale ont échoué jusqu'ici ; elles sont dues, comme nous le disions plus haut, à la profonde altération du sang. C'est aussi à la même cause qu'il faut rapporter les tumeurs sanguines du pavillon de l'oreille. Ces tumeurs sont dues presque toujours à un traumatisme, à de mauvais traitements ; mais c'est par suite de l'altération du sang qu'elles durent plus ou moins longtemps et qu'elles suppurent quelquefois.

De même les gangrènes de tout un membre reconnaissent pour cause des thromboses dues, sans aucun doute, à l'état du sang.

Page 1