CONGESTION CÉRÉBRALE
cours de la paralysie générale et en a décrit les lésions anatomiques :
(K Dans un premier degré, il y a un ramollissement du tissu nerveux ; on voit au microscope un grand nombre de fibres nerveuses plus ou moins altérées.
Au deuxième degré, la substance nerveuse devient plus molle, un grand nombre de fibres sont entraînées dans le travail de destruction, et les fragments de celles qui ont été les premières détruites sont réduits en fines particules.
Au troisième degré, la substance est réduite à un état entièrement liquide.
Dans la région où siège la désagrégration granuleuse, les artères sont fréquemment dilatées et on les voit entourées quelquefois par des granulations. >
Bref, la raideur prolongée dans les membres, l'opistothonos, les contractures passagères, joints à une exagération du pouvoir réflexe, sont des phénomènes qu'on peut observer dans le cours de la paralysie générale et surtout à la fin de la maladie ; ces complications pourraient bien être en rapport avec une lésion spinale prédominante à la partie antérieure de Taxe rachidien ; quoi qu'il en soit, elles paraissent toujours être d'un pronostic éminemment grave.
Resterait maintenant à chercher la pathogénie de toutes ces manifestations morbides et à rattacher chacune d'elles à telle et telle lésion cérébrale. La chose est très-difficile; tout ce que nous pouvons faire, c'est d'étudier parallèlement les lésions qu'on rencontre et de signaler les quelques rapports qu'on est parvenu à saisir entre certaines manifestations et certaines lésions encéphaliques ou spinales.
De la congestion cérébrale. — C'est à des poussées congestives atteignant tout l'encéphale ou seulement une partie de l'encéphale qu'il faut rapporter la plupart des accidents apoplectiformes et convulsifs que nous venons de décrire.
a. Congestion cérébrale générale. — Étudions d'abord les cas où la poussée congestive atteint toute la masse encéphalique.
Ces poussées congestives accidentelles ne sont autre chose que l'exagération du processus congestif qui constitue la lésion essentielle de la paralysie générale. Elles surviennent souvent
A. VOISIN. Paralj^ic. 15
sans cause appréciable, d'autres fois c'est à un excès de table, à une émotion jnorale vive qu'elles succèdent, sans qu'on puisse déterminer nettement la cause intime de ces phénomènes. Nous avons dit que les attaques apoplectiformes précédaient quelquefois le début de la paralysie générale. Elles sont presque toujours dues dans ces cas à des poussées congestives plus ou moins généralisées ; c'est ce que Calmeil a parfaitement déterminé et c'est ce qu'il a étudié dans son premier chapitre sous le nom de congestions encéphaliques à durée temporaire. C'est ce que Baillai-ger a décrit dans son mémoire sur la manie congeslive. Ces phénomènes congestifs qui appartiennent à la période initiale peuvent donner lieu k une mort plus ou moins rapide ; d'autres fois, iK se terminent par une guérison complète ; le plus souvent on voil disparaître les phénomènes graves qu'on avait notés pendant le5 attaques, mais un certain afïaiblissement de l'intelligence ou de la motilité leur succède ou bien le délire se manifeste, et la (paralysie générale est déclarée.
Quant aux attaques qui méritent le nom de complications, c'est-à-dire qui surviennent dans le cours d'une paralysie générale déclarée depuis un certain temps, elles sont aussi dues, dans la majorité des cas, à des phénomènes congestifs; c'est ce qui ressort de l'étude attentive du chapitre IV de Calmeil consacré à l'étude de la paralysie générale avec complications. Dans une première série de faits, Calmeil démontre, en effet, que les attaques comateuses ou convulsives sont dues incontestablement à la réplétion des capillaires encéphaliques. Dans sa troisième série de faits, qui porte sur l'étude des cas de paralysie générale avec complication où l'on a trouvé à l'autopsie des lésions d* l'arachnoïde cérébrale (coagulations membraneuses), Calmeil rapporte aussi les attaques à des congestions encéphaliques, et non pas à la présence des lésions de l'arachnoïde.
De même, dans sa cinquième série de faits, ainsi, par exemple, à l'observation 93, Calmeil a trouvé, k l'autopsie, deux sortes de vessies pleines de sérosité, situées dans la cavité de l'arachnoïde de l'un et l'autre hémisphère, et, malgré la présence de ces deux vastes poches membraneuses, l'auteur pense que les attaques qu'il a observées pendant la vie ne sont dues qu^à des poussée? congestives et que les deux vessies pleines de sérosité ne sont