Un peu d'amélioration
Pouls 120
Température axillaire 38%4
Derrière l'oreille gauche 36'*,2
19. — Mieux, mais faiblesse extrême. La peau n'est ni sudorale, ni brûlante.
Pouls 120
Température axillaire 38"
Derrière l'oreille gauche 35%4
Lavement à l'ergotine. Potion éthérée. Sirop de Gibert. Compresses froides sur le front.
20. — Son état s'est bien amélioré ; elle nous le dit d'elle-même.
Pouls 96
Température axillaire » 37*
Derrière l'oreille gauche ^ . . . . 35%4
âl octobre. -^ L'amélioration persévère.
"id^À DIAr.NOSTIC.
Température axillaire 37*
Derrière Toreille gauche 35*,2
!22. — Le mieux continue. Plus de douleur syncipitale. Pupilles égales. Pas d'ataxie de la langue ni des lèvres.
Température axillaire 37',2
Derrière l'oreille gauche 35%4
23. — On remarque depuis quelques jours que la malade a de lapeinu trouver le nom des objets et qu'elle se trompe souvent : c'est ainsi qu'elle me dit « cuisse » en parlant de ses bras. Par moments, la parole eslânonmt, dans d'autres elle est assez rapide. Elle me manifeste beaucoup de reconnaissance et montre une conscience parfaite de son état de maladie. Elle me rappelle ses douleurs de tête c qui la faisaient traiterde foi le paiMes sœurs». Devant nous elle marche, en trébuchant cependant, et sent bien le lapis sur lequel elle pose les pieds. La sensibilité au pincement est très-nelte dans It^ membres; il n'y existe ni picotements ni fourmillements. Plus de prola|bu> de la paupière supérieure gauche.
31. — La malade va très-bien maintenant et me demande même à sortir. Elle me dit que, depuis quelquesjours, elle éprouve, environ toutes les heur»^. comme une sensation de montée de lait dans le sein gauche, avec sentiin'^' de pression forte, qui dure environ cinq minutes et qui est analogue aui ^iisations qu'elle a éprouvées pendant rallaitemeut de ses quatre enfants. Ct'i!' sensation ne monte pas au cou, ne gagne pas l'épigastre. La malade av^t ses règles lorsqu'elle est entrée il y a un mois.
6 novembre. — Hier, attaque d'environ dix minutes avec perte de codda^ sance ; chute à terre, bouche contracturée, pronation des mains.
Pouls 96
Température axillaire 38*
iO. — La douleur syncipitale est revenue depuis hier.
Nouveau vésicatoire à l'occiput, lavement avec 40 centigrammes dVr;'> tine. On supprime le sirop de Gibert.
17. — Douleurs de tête très-vives, vomissements biliaires. La parole r>i lente, défectueuse. Elle dit : méloire, encréier, cervette, pour mémoire. t':i crier, cervelle, et ne peut pas prononcer confection, constitutionneilenten
i pilule de 1 centigramme d'extrait de belladone en augmenfanlde Ic'" tigramme par jour.
24. — Mêmes douleurs et vomissements. Tremblement fin danx li ^>r' droit, suivi d'un frissonnement général. Un peu d'hébétude, de lenteur' la parole, d'abattement. La dose de belladone est de 7 centigrammes L^ pupilles se dilatent. Pas de sécheresse de la bouche.
26. — Hier, dans la matinée, accès d'agitation; dans l'après-midi a>*c pissemcnt, mutisme qui a duré toute la nuit. Ce matin nous la trouvons i^^ une sorte d'ébriété, calme, les pupilles dilatées, accusant de la sêflierf*^' buccale, de la soif, ne paraissant pas souffrir. Pouls : 72. Elle se soin. -
SYPHILIS CÉRÉBÏL\LE. ^3
avoir reçu hier la yisile d'une amie. Pour dire qu'elle a la bouche sèche, elle dît : j'ai la poigne sèche. 5 pilules d'extrait de belladone chacune de 1 centigramme.
27 novembre. — Hier soir, après avoir pris 4 centigrammes d'extrait de belladone, elle est retombée dans la somnolence. Nous Ty trouvons encore ce matin ; les pupilles sont dilatées et immobiles à la lumière arlificielie. Pouls à n.
^S. — Je supprime la belladone. La malade a de petites secousses spontanées dans le membre supérieur droit.
Elle meurt le 29 dans le coma, sans avoir eu d'attaque ni de stertor.
Autopsie. — Poids de l'encéphale, 1520 grammes.
Le crâne ne présente rien de particulier, non plus que la dure-mère.
Très-peu de sérosité arachnoîdienne. Les membranes cérébrales ont une apparence sèche, pâle et semblent fortement appliquées sur le cerveau.
Hémisphère gauche. — Les méninges adhèrent intimement à la substance corticale du lobule temporal dans toute son étendue et dans plusieurs endroits de cet hémisphère. Ce lobule présente une fluctuation notable que Ton constate dans toute sa largeur et dans une étendue autéro-postérieure de 12 ceutimètres. A la partie la plus inférieure, sa circonvolution la plus interne est comme ulcérée suivant un diamètre d'une pièce de 20 centimes, et il suffit d'écarter un peu la substance pour se trouver dans le ventricule latéral ; à cet endroit la substance grise a été arrachée par suite d'adhérences avec la dure-mère.
A la partie externe et inférieure de cet hémisphère, on remarque une tumeur assez dure, du volume d'une noisette, d'une teinte jaunâtre, à laquelle adhèrent les méninges, et qui siège en arrière de la troisième frontale, à la partie la plus inférieure de la première pariétale de Leuret, Gratiolet et Longet, ou frontale ascendante. En arrière de cette tumeur, on trouve une tuméfaction résistante, au niveau de laquelle la pie-mère est liyperhémiée, et une saillie molle qui occupe la partie la plus inférieure et externe de la deuxième pariétale de Gratiolet, ou première pariétale de la classification actuelle. A ce dernier endroit, les méninges adhèrent intimement à la substance corticale qui est d'un jaune gras dans une étendue antéro-postérieure de 2 centimètres et de 1 centimètre et demi de hanten bas. Fendue dans toute sa longueur, la deuxième pariétale offre sa substance blanche transformée dans toute son épaisseur en une sorte de bouillie blanchâtre, diffluente.
La tumeur a envahi le lobule de l'insula qui présente du ramollissement et un état de diffluence considérable. En le fendant, on arrive sur le noyau extra-ventriculaire du corps strié, ou noyau lenticulaire, qui apparaît décoloré et comme infiltré de sérosité, tandis que le noyau intra-ventriculaire, ou noyau coudé, et la capsule interne ont une couleur et une apparence normales.
Un ramollissement blanc occupe toute la couronne de Reil depuis et y compris le lobule frontal, le pariétal et une partie de l'occipital.
L'hémisphère droit et le cervelet n'offrent rien de particulier.
Les méninges interpédonculaires sont épaissies au niveau du moteur oculaire commun du côté gauche, qui est comme bridé et offre à ce niveau une légère teinte grisâtre.
La tumeur présente h la coupe une certaine résistance. Elle ne contient
pas de pus, elle crie sous le scalpel et la tranche offre an pointillé avec taches d'un gris jaunâtre et apparence lardacée. Au microscope on y découvre des noyaux très-nombreux que le carmin colore , serrés les uns contre les autres, mesurant 5 à 6 millimètres, qui résistent à l'acide acétique. On n'y trouve pas de fibres conjonctives. Beaucoup de vaisseaux goi|;és de sang.
Lorsqu'il se joint des accidents épileptiques ou épileptiformes, le diagnostic devient encore plus embarrassant.
Ces accidents épileptiques ont été étudiés par Fournier (1). Au début ils ressemblent à Tépilepsie pure et simple, sans mélange, sans association d'autres phénomènes; mais au bout de peu de temps, de quelques mois, l'épilepsie prend le caractère des épilepsies symptomatiques.
Nous ne saurions mieux faire que de transcrire les passager des leçons de Fournier relatifs à ces divei^ phénomènes.
l' En première ligne par ordre de fréquence, deux sortes de troubles de mémoire se produisant l'un ou l'autre et souvent aussi l'un et l'autre ; ou bien l'afTaiblissement progressif de la mémoire qui va s'altérant, diminuant peu à peu.
Ou bien l'affaiblissement saccadé de la mémoire qui reste subitement débile à la suite de chaque crise convulsive.
Nulle fonction n'est peut-être plus intimement liée que la mémoire à l'épilepsie syphilitique; nulle fonction n'est plus fréquemment troublée par elle, et plus gravement, plus rapidement altérée.
2* Viennent en seconde ligne les troubles intellectuels. Ceux-ci sont variés de forme. Le plus commun est une hébétude progressive ; la vivacité de l'esprit devient moindre. L'acuité de l'intelligence s'émousse par degrés, les conceptions sont moins rapides , moins nettes, le travail intellectuel plus laborieux, plus pénible, etc.
Cet état va progressant d'une façon lente, et la décadence intellectuelle aboutit graduellement à ce qu'on appelle l'hébétude; quelques étapes en plus peuvent conduire le malade à la démence.
En même temps que se produisent ces phénomènes d'ordre intellectuel, l'état moral se modifie.
On remarque simultanément un changement notable dans le caractère et un affaiblissement graduel de la volonté. D'une part, en effet, les malades se montrent moroses, sombres, concentrés.
(1 . Fournier, Union méd.f 1875.